Présent cet automne sur la Foire de Longwy, Jean-Marie Patenat, éleveur de charolais à Rahon, s’est récemment lancé
dans la vente directe en caissettes. La demande a rapidement dépassé l’offre. Explications.
Installé en 1998 sur une petite exploitation familiale, Jean-Marie Patenat a demandé, en 2002, la cessation laitière pour se spécialiser dans la production de viande bovine. Réaliser la vente directe de ses génisses grasses et de quelques veaux de lait : tel est le projet de l’éleveur. Pour compléter son revenu, il a conservé une activité d’exploitation forestière pratiquée depuis son installation.
Le troupeau se compose de 23 vaches charolaises, de 2 à 3 montbéliardes pour nourrir les veaux de lait et de toutes les génisses élevées pour le renouvellement ou engraissées. Les animaux sont nourris à partir d’herbe en été et de foin et
regain en hiver. L’exploitation est conduite en agriculture biologique depuis trois ans.
Répondre à la clientèle
Quelques encarts publicitaires dans les petites annonces du département, du bouche à oreille ont suffi pour mettre en place la clientèle et écouler trop rapidement les 6 premières génisses
prévues. M. Patenat a donc tablé sur 19 génisses pour l’année 2003/2004 de façon à pouvoir satisfaire une centaine de clients et disposer à coup sûr d’une génisse par mois pour la vente directe.
Abattues à l’abattoir de Cham-pagnole, les génisses de 350 kg de carcasse sont ensuite découpées à l’atelier de découpe de Poligny. M. Patenat réalise le conditionnement en caissette de 10 kg puis la livraison dans la même journée.
«Par rapport à un prix de vente à un marchand à un prix de
2,90 € par kg de carcasse, je gagne 610 € de plus par génisse sans aucun frais mis à part la livraison et un peu de relance téléphonique», explique Jean-Marie. «J’ai fixé le prix de vente moyen à 7,5 € par kg de viande. L’abattage et la découpe me coûtent environ 1 € au kg de viande sachant qu’une génisse de 350 kg de carcasse fournit 250 kg de viande commercialisable».
Chaque caissette présente un assortiment des différents morceaux : bifteck, bavette, entrecôte, faux-filet, rosbif, bœuf à braiser, bourguignon, pot au feu...
À la demande de ses clients, M. Patenat a démarré en juin
dernier la production de veaux de lait, avec l’objectif d’en produire un par mois. Activité peu rentable selon l’éleveur : «les veaux sont bien vendus aux bouchers, on n’a pas grand-chose à gagner à les vendre en direct».
Anne-Marie Meudre Chambre d’agriculture du Jura
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