Le Jura Agricole et Rural
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Essaimage naturel, essaimage artificiel
Coopérative apicole du Jura
Publié le:  05 avril 2004
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Les abeilles se dispersent et se réunissent sous forme d’essaims, parfois dans les arbres

Il existe deux types d’essaimage en apiculture : l’essaimage naturel et l’essaimage artificiel. Explications.

Fin avril, dans les régions de plaine et courant mai dans les zones montagneuses, une partie des colonies a tendance à s’essaimer. Les abeilles, en effervescence, quittent la ruche et se rassemblent sous forme d’essaims sur un support à proximité des ruches. L’apiculteur, soucieux de récupérer ce type d’essaim, veillera à contrôler l’évolution de son rucher une à deux fois par jour.

Côté matériel, il devra disposer d’une ruche ou d’une ruchette garnie de cire gaufrée et d’un vieux cadre rempli de miel. Il placera cette ruche à proximité, voire sous l’essaim qu’il souhaite récupérer. Puis, il ôtera un cadre de la ruche afin de laisser suffisamment de place pour pouvoir y verser les abeilles. Il restera alors à récupérer l’essaim dans un récipient (souvent un seau), soit en brossant le support, soit en tapant un coup sec si la branche est flexible.

Les abeilles doivent rapidement être vidées dans la ruche et recouvertes du couvre-cadre.

À nouveau, récoltez les abeilles du support et videz-les à l’entrée de la ruche : elles y rentreront d’elles-mêmes retrouver leurs sœurs. Progressivement, l’essaim s’apaisera et reprendra son activité normale. Le soir venu, vous pourrez mettre à la place une nouvelle colonie. Attention, en cas de disette, il est très important de nourrir votre essaim à partir de sirop liquide.

L’essaimage artificiel

L’essaimage artificiel se pratiquera dès les premières floraisons du colza en plaine, dès la mi-mai en montagne. Vous aurez besoin, pour le pratiquer, d’un matériel un peu différent de celui utilisé pour l’essaimage naturel. À savoir : une ruche vide (plancher corps + couvre-cadre), une ruchette cinq ou six cadres garnie de cire gaufrée et une partition pour cloisonner l’espace de celle-ci. Prévoir également une cellule royale ou une reine encagée qui, suivant le choix, sera placée le lendemain ou le surlendemain de la formation.

La technique n’est pas très compliquée. Il suffira de choisir une ruche forte en population, de la déplacer sur le côté de son support et d’installer à sa place la ruche vide. On retire déjà un cadre de la ruche déplacée afin de faciliter le

retrait des cadres suivants. Plus tard, on prendra encore deux cadres de jeunes couvains sans abeilles, qui seront placés dans la ruche vide. On couvrira celle-ci d’une grille à reine, puis d’une hausse vide. On continuera à secouer l’ensemble des cadres sur la grille à reine, avant de les ranger à côté, dans l’ordre du retrait. Choisir parmi ces cadres, deux cadres de couvain, un jeune et un operculé ainsi qu’un cadre de miel. Ces trois éléments seront placés dans la ruchette. En observant les paquets d’abeilles tombés sur la grille, on remarquera qu’elles sont attirées par le jeune couvain du cadre du bas. Elles y descendront progressivement, aidées par quelques bouffées de fumée. Surveillez bien la grille à reine et les parois de la hausse. La reine de la ruche devra être trouvée et engagée dans un bigoudi, puis placée bien au chaud, dans une poche du pantalon.

L’apiculteur pourra alors travailler en toute quiétude sur cette ruche orpheline. Au fond de la ruche, vous puiserez à l’aide d’un pot de miel d’un kilo, des abeilles que vous verserez rapidement dans la ruchette (constituée précédemment à partir des trois cadres + une partition).

Ajouter rapidement le couvre cadre, avant l’envol des abeilles en veillant à fermer l’entrée. Si le volume d’abeilles vous semble important, fermer le tout en cerclant la ruchette, puis éloignez-la à plus de trois kilomètres (ou conservez-la un jour en cave avant de la replacer ou vous le souhaiterez). Un ou deux jours après cette manipulation, placez entre deux cadres sur le haut de l’ellipse, la cellule royale. Vous ajouterez au choix, un protège cellule en plastique ou la cagette de la reine reçue le matin même (dans ce cas, se mettre d’accord avec l’éleveur sur les dates de livraison).

La cagette sera pincée entre deux cadres, le grillage à l’air libre pour que la reine puisse respirer, le bouchon de candi enlevé, orienté vers le bas. Les abeilles sentant la présence d’une mère, viendront la libérer en mangeant le candi.

N’oubliez pas de nourrir l’essaim ainsi constitué ainsi que votre souche restée à son emplacement, et dont la reine piégée dans le bigoudi lui sera restituée une fois les cadres mis en place et la ruche soigneusement refermée.

Environ un mois après, les deux colonies regorgeront d’énergie. L’essaim disposera d’une jeune reine qui pondra au gré de la floraison et de la météo. Il faudra parfois introduire un ou deux cadres à la fois si le besoin se fait sentir. Cette opération est renouvelable avec plusieurs colonies.

E.G., d’après les notes d’Alain Bonvalot

L’essaimage, qu’est-ce que c’est ?

L’essaimage est un processus de division de la colonie en deux populations. La reine en place quitte la ruche accompagnée par une grande partie des ouvrières de tous âges, pour former un essaim qui se met rapidement en grappe. L’essaim laisse dans la ruche initiale le nid avec le couvain naissant, environ un tiers des ouvrières et des cellules royales prêtes à éclore. Une jeune reine remplacera l’ancienne et la colonie reformée commencera son développement. L’essaimage est préparé par les abeilles deux à quatre semaines à l’avance. Il est lié à la présence d’une population très importante et au fait que la phéromone royale n’est plus correctement distribuée parmi les ouvrières.

E.G. Source : Le Traité Rustica de l’Apiculture – Rustica Éditions




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