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René Renou, président du comité des vins de l’Inao |
Le président du comité national des vins de l'Institut national des appellations d’origine (Inao), René Renou, a présenté le 29 avril son projet de réforme en profondeur du système des appellations.
Pour René Renou, le constat est clair : aujourd'hui sur
le marché coexistent deux logiques de vin d'AOC. Il y a celle qui dégage une forte valeur ajoutée, occupant un marché de
niche et l'autre produisant d'importants volumes mais qui peut se vendre jusqu'à un euro la bouteille. Autrement dit, selon une formule désormais consacrée par le président de l'Inao : «l'AOC au consommateur ne tient pas ses promesses».
Et pour cause, sur le terrain, les conditions de production définies pourtant par décret ne sont pas ou plus appliquées. Pour en finir, René Renou propose de réviser tous les décrets des appellations. À chaque syndicat de défense de l'AOC de se réunir et de définir les engagements qu'il souhaite prendre et respecter. L'obligation étant de faire ce qui aura été écrit. Un sérieux tour de vis serait d'ailleurs donné aux contrôles avec même la création d'un corps de contrôleurs indépendants.
Deux niveaux d'engagements seraient proposés aux syndicats aboutissant soit à la création d'une AOCE (Appellation d'origine contrôlée d'excellence) avec un niveau de contraintes maximales soit au maintien en AOC. Dans le premier cas, 75% des vignerons de l'appellation devraient se prononcer en faveur de cette AOCE. Si au sein de l'AOC «normale», un vigneron souhaite aller plus loin dans la contrainte et atteindre le niveau de l'AOCE, il pourra revendiquer d'être reconnu en tant que STE (Site et terroir d'exception) et valoriser au mieux ses vins. À souligner également que cette reconnaissance en AOCE ou en STE serait limitée dans le temps. Voilà pour les propositions.
Reste maintenant qu'elles doivent être débattues. Des groupes de travail vont se mettre en place pour plancher entre autres sur les conditions d'agrément. René Renou aimerait bien que cette réforme aboutisse avant la fin de l'année. Mais d'ores et déjà, des voix se sont exprimées pour la critiquer, voire même s'y opposer. Au sein de la famille des AOC mais aussi au sein des producteurs de vins de pays qui se demandent si les conditions de production des AOC «simples» seront assouplies, si la possibilité leur sera offerte d'indiquer la mention du cépage, et quelle sera alors la place réservée aux vins de pays.
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