Le Jura Agricole et Rural
De l’organisation au jury
Christian Gérard
Apasec
Publié le:  19 juillet 2004
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Cela fait près de vingt ans que Christian Gérard, agriculteur dans le Jura, est impliqué dans les concours de labour.

Christian Gérard, exploitant agricole à Chevigny dans le nord du Jura, n’a jamais participé à un concours de labour en tant que concurrent parce qu’il faisait alors partie de l’équipe organisatrice au sein du CDJA. A partir de 1985, il s’est effectivement investi dans l’organisation des finales départementales. « Nous avons également accueilli une finale régionale et une nationale », se souvient-il. D’ailleurs, c’est à la suite de cet événement qu’il a été sollicité, en 1993, pour devenir membre du jury.

« En principe, on essaie de suivre chaque année les trois échelons des concours : cantonal, départemental et régional. Dans les cantons, on retrouve toujours une ambiance conviviale et cela compte souvent davantage que le concours lui-même. C’est l’occasion pour les jeunes de passer un bon moment ensemble ». Aux yeux de Christian Gérard, le concours départemental ressemble plutôt à « une vitrine de l’agriculture que les organisateurs veulent montrer au public extérieur au monde agricole. Au niveau régional, les jeunes agriculteurs les plus motivés par le labour sont généralement ceux installés sur des petites exploitations qui ne sont pas à dominante céréalière dans notre région de Franche-Comté », observe-t-il. Lui qui se dit avant tout passionné de machinisme, a assisté à quelques finales nationales qu’il a perçues un peu comme « des compétitions de formule 1 où les laboureurs utilisent du matériel particulièrement sophistiqué ».

C.B.

Les dix points de la notation

Participer à un concours de labours, c’est effectuer un travail imposé par le règlement et jugé sur des critères techniques précis qui laissent finalement peu de place à la subjectivité.

• Le tracé d’ouverture : premier sillon du concurrent, effectué en un aller simple pour le plat et un aller et retour pour la planche, il doit être droit (4 pts), attaqué par le soc sur toute sa longueur (4 pts), et propre (2 pts).

• L’ados : bandes de terres refermant le tracé d’ouverture sur lesquelles s’adosse le reste du labour, elles doivent être droites et uniformes (4 pts). L’absence d’herbe ou de chaume sur l’ados est également un critère important (6 pts).

• La raie de labour : sa profondeur doit être régulière (5 pts), et elle doit présenter un aspect propre, net et bien dégagé (5 pts).

• Les bandes de terres : elles doivent être de structure uniforme, continue, sans crevasses ni irrégularités dans les mottes (2 pts), être rectilignes (5 pts) et correspondre au type de labour demandé par le jury (3 pts).

• L’apparence générale : les bandes de terre doivent être de même largeur et de même hauteur, sans jumelage (5 pts).

• L’enfouissement du chaume ou de l’herbe : aucun chaume, ni aucune herbe ne doit être visible sur l’ensemble du labour (10 pts).

• Jonctions des courts-tours et de la fourrière (pour le labour à plat uniquement) : les épis de courts-tours doivent être entièrement labourés (4 pts). La jonction courts-tours fourrière doit être droite, régulière et propre (3 pts) et les sillons de fourrière réguliers, rectilignes et propres (3 pts).

• La dérayure finale : dernier sillon du labour, la dérayure finale est jugée sur son apparence : droite (5 pts) et propre (5 pts), autant que sur ses qualités techniques : faible profondeur (5 pts) et jonction sur toute la longueur avec le tracé d’ouverture (5 pts).

• Les terrages et déterrages : ils doivent être réguliers et lignés, et toute la parcelle doit être labourée sur la base du piquetage de départ (10 pts).

A ces neuf critères de jugement, s’ajoutent la profondeur du labour, qui doit correspondre à plus ou moins un centimètre de la profondeur fixée par le président du jury, et le temps qui sont décomptés sous forme de pénalités. Le non-respect du règlement, comme une modification volontaire du labour, une aide non autorisée, ou une fourrière dont le nombre de sillons ne correspond pas avec le travail demandé, entraînent également des pénalités. Ces pénalités sont comptées une seule fois pour tout le jury sur la base d’une note sur 300 points.

A.S


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