Cette démarche initiée par les viticulteurs a pour but de mieux comprendre les mécanismes de transfert des particules phytosanitaires vers les eaux superficielles et de connaître les zones à risques, puis de proposer des plans d’actions adaptés aux spécificités des secteurs. Ce travail a été réalisé par la Chambre d’Agriculture du Jura, avec l’appui du CTV, du GRAPE, de la FREDON, du SRPV, de la DRAF, de C3T*.
Une enquête reposant sur une méthodologie
Ce travail est conduit selon la méthode CORPEN et vise à réaliser :
- une hiérarchisation des parcelles vis-à-vis du risque d’érosion,
- l’occupation du sol,
- une enquête sur les pratiques phytosanitaires sur les parcelles et au siège de l’exploitation,
- une enquête sur les pratiques phytosanitaires sur zone non agricole,
- des mesures de la qualité de l’eau.
Des études réalisées par bassin versant hydrologique
Au nombre de 6 : Cuisance, Glanon, Haute Seille, Basse Seille, Orain et Sonnette. Les trois premiers ont fait l’objet de diagnostics de la pollution par les phytosanitaires, les trois autres sont en cours d’études. Leurs diagnostics seront prononcés en 2005 pour la Basse Seille, 2006 pour l’Orain/Brenne, 2007 pour la Sonnette.
* CTV : Comité Technique Viticole. GRAPE : Groupe Régional d’Agronomie Pédologie et Environnement. FREDON : Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles. SRPV : Service Régional de la Protection des Végétaux. DRAF : Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt. C3T : Coopérative des Trois Terroirs.
Deux exemples de diagnostics :
1. Les pratiques de désherbage
Bassin versant Glanon : le chiffre 81% de désherbage sous le rang correspond à des pratiques d’enherbement et de désherbage mécanique ou technique associées, sur tous les rangs, par les viticulteurs de ce secteur aux prises avec un terrain accidenté. Ceux-ci sont très sensibilisés à la limitation de l’érosion de leurs terres et aux transferts de produits phytosanitaires dans les eaux superficielles qui en découlent.
Bassin versant Cuisance : à l’inverse, les terrains de ces secteurs sont beaucoup moins accidentés et le risque d’érosion est faible. De plus, il existe un nombre important d’exploitations de plus grande taille. De ce fait, les pratiques d’enherbement et de désherbage mécanique sont moindres (27%), laissant la place à celles du désherbage total (32%) ou au désherbage 1 rang/2 (41%).
Bassin versant Haute Seille : l’inclinaison extrême des coteaux (Château-Chalon, Ménétru-le-Vignoble, Nevy-sur-Seille) et le grand nombre d’exploitations travaillant sur de petites parcelles incitent les viticulteurs au désherbage total (41%). Cependant, ils sont de plus en plus nombreux (47%) à mettre en pratique l’enherbement et le désherbage mécanique sur la totalité des rangs. 12% pratiquent le désherbage 1 rang/2.
2. L’eau et les produits phytosanitaires
Les analyses d’eau réalisées sur les principaux cours d’eau des bassins versants par la FREDON dans le cadre du diagnostic ont permis de mettre en évidence le lien direct entre l’utilisation des produits phytosanitaires utilisés en viticulture et les molécules retrouvées dans les cours d’eau des 3 bassins versants.
Deux mécanismes sont à l’origine du passage des matières actives dans les eaux superficielles :
1. La pollution diffuse :
Elle provient des traitements phytosanitaires pratiqués par pulvérisation à différentes périodes de pousse de cépages et lors du désherbage chimique. 4 mécanismes de transfert de ces substances interviennent :
- la volatilisation dans l’air pour une très faible partie,
- l’absorption par les plantes (herbicides),
- l’infiltration et le passage dans la nappe souterraine,
- l’écoulement et le ruissellement vers les eaux superficielles.
La plus grande partie des substances est transférée par ces deux derniers mécanismes.
1. La pollution ponctuelle :
Elle se produit lors d’accidents : nettoyage et rinçage des matériels (pulvérisateurs, bidons…), de fuites vers les eaux superficielles.
Le matériel lourd accroît l’érosion
L’utilisation de matériel lourd tels que l’enjambeur et la machine à vendanger accroît les risques d’érosion par tassement du sol et création de rigoles d’évacuation d’eau. En revanche, l’herbe et le mulching forment une bande de roulement qui prévient et empêche ce tassement par ces outils. Ce constat est fait sur le bassin versant de la Haute Seille dont les désherbages chimiques sont effectués à seulement 20% par des engins lourds et les traitements de couverture à 50%. La vendange manuelle est généralisée sur l’ensemble de ce secteur. Ces engins lourds sont en revanche largement plus utilisés sur les bassins versants de Glanon et de la Cuisance.
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