Le Jura Agricole et Rural
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Une opération salutaire
Le broyage et l'enfouissement des résidus de récolte
Jura agricole et rural
Publié le:  20 septembre 2004
Page 12 

Le débat sur la conditionnalité et la monoculture nous donne l’occasion de mettre l’accent sur une pratique agronomique profitable : la bonne utilisation

des résidus de culture.

Le broyage et l’incorporation des résidus en surface seront considérés comme équivalents à une couverture hivernale, au même titre que les cultures intermédiaires, dans le cadre des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

La mise en cause de la monoculture, de maïs notamment, du point de vue du maintien de la fertilité des sols est injustifiée. En effet, plusieurs essais de longue durée menés par Arvalis–Institut du végétal et l’INRA, dans différentes régions et contextes pédoclimatiques ne montrent aucune dégradation du taux de matière organique des sols sous des monocultures de maïs graïn ou de céréales. Au contraire, et même dans les sols squelettiques (terres à cailloux de la vallée du Rhône, petites terres des zones jurassiques, sables…), les valeurs progressent régulièrement quand les pailles sont restituées.

En outre, les agriculteurs qui contrôlent régulièrement leurs sols par des analyses de terre apportent la preuve que même sous des monocultures de plusieurs décennies, les restitutions des résidus de culture (environ 10 tonnes de matière sèche pour une récolte de 100 quintaux/hectare) permettent de maintenir, voire de faire remonter, le taux de matière organique. Il n’est donc pas nécessaire de recourir à des cultures intermédiaires systématiques dans ces situations.

Une meilleure gestion des résidus de culture

La proposition d’Arvalis – Institut du végétal est de favoriser le recyclage des résidus de culture dans de bonnes conditions. En effet, il est prouvé qu’un broyage efficace sitôt la récolte suivi d’une légère incorporation de ces résidus dans la couche superficielle du sol soustrait ces précieuses restitutions à la minéralisation immédiate et favorise leur humification.Un bon geste agronomique, dont l’interêt est compris de tous, fera plus pour la fertilité des sols qu’une mesure inadaptée ou irréalisable.

En outre, nous avons déjà présenté les multiples bénéfices de la gestion raisonnée des résidus de culture que nous rappelons ici :

• Piéger les nitrates aussi efficacement que les cultures intermédiaires pièges à nitrate : l’incorporation superficielle des résidus de récoltes dans les premiers centimètres du sol est aussi intéressante pour piéger le nitrate à l’automne (20 à 30 kg N) qu’une culture intermédiaire semée au-delà du 15 octobre dans le nord ou du 31 octobre dans le sud de la France.

• Diminuer la pression parasitaire : le broyage est plus que jamais à l’ordre du jour afin de réduire l’importance des populations des ravageurs susceptibles d’hiverner. Un passage de disques associé au broyage des cannes de maïs améliore la destruction des chenilles de pyrales ou de sésamies qui se trouvent dans les tiges. Exposées au froid hivernal, aux prédateurs et parasites, les populations de larves sont naturellement détruites. Un broyage seul a une efficacité de 50 à 70%. Elle dépasse 70% après un passage de cover crop. Attention toutefois à la faisabilité en sols lourds.

• Protéger la qualité sanitaire : les résidus de culture peuvent porter des champignons du genre fusarium et dans certaines zones des maladies foliaires. Leur décomposition avant la mise en place de la culture

suivante réduit la pression sanitaire, en monoculture comme pour les rotations maïs–blé. Toutefois, les préconisations les plus fortes

pour maîtriser la qualité sanitaire du maïs du champ à l’organisme

collecteur reposent notamment sur un choix variétal adapté à une zone géographique.




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