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Des producteurs de maïs ont eux aussi, pour des raisons diverses, une expérience de désherbage sans atrazine |
2004 est la première année où l’atrazine ne fait plus partie de la panoplie des herbicides disponibles pour maîtriser les adventices dans la culture du maïs.
L’atrazine contrôlait environ une cinquantaine d’adventices, surtout dicotylédones et, bien sûr, trouver des solutions de remplacement n’est pas évident. Depuis plusieurs années, le désherbage sans atrazine a été testé dans le réseau d’essais « après atrazine » développé par Arvalis en collaboration avec les organismes de développement et les organismes économiques.
Connaître la flore
Le point de départ du raisonnement du désherbage dans « l’après atrazine » est la connaissance de la flore. Chaque milieu, chaque situation va voir se développer une flore particulière compte tenu de la nature du sol, du climat et de l’historique des parcelles et de leur mode de culture. La connaissance des adventices va déterminer les stratégies de traitement à mettre en oeuvre. L’analyse de la flore présente dans les témoins non désherbés des essais du réseau « après atrazine » mis en place en Auvergne, Bourgogne Franche-Comté et Rhône-Alpes montre que la flore « nouvelle » n’est finalement pas encore dominante. Les espèces classiques sont les plus fréquentes : le chénopode blanc pratiquement présent dans tous les sites, l’amarante, la renouée persicaire et le panic pied de coq présents dans une situation sur deux, la sétaire dans une situation sur trois et la morelle noire et la digitaire sanguine dans une situation sur quatre. Les adventices nouvelles ou « émergentes » contrôlées jusqu’à présent par l’atrazine ne viennent qu’après.
Et seulement quelques espèces ont une densité suffisante pour provoquer une nuisibilité sur la culture. Ce sont l’ambroisie à feuilles d’armoise, la renouée des oiseaux, la mercuriale annuelle et la renouée liseron. Ces espèces sont présentes dans une situation sur quatre ou cinq.
Mais beaucoup d’autres espèces peuvent être identifiées. Ce sont soit des dicotylédones soit des graminées. Elles sont inféodées à certains milieux. Le tableau ci-après indique les flores « émergentes » par milieu. Elles sont présentes en faible quantité sans provoquer de nuisibilité à la culture sauf cas particulier. Les graminées sont souvent plus agressives. Ces espèces très diverses comme le bleuet, le pourpier, le réséda ou l’héliotrope par exemple ne vont pas orienter le choix des stratégies et des produits dans l’après atrazine. Elles seront traités au cas par cas.
Comment se positionner en 2005
Le producteur de maïs va être confronté à trois types de situation en 2005 : En 2004, le désherbage mis en œuvre sans atrazine a été satisfaisant : il n’y a alors aucune raison de changer de stratégie et de produits. En 2004, le désherbage sans atrazine n’a pas été satisfaisant. Il a laissé « passer » des adventices classiques et/ou émergentes : il faut faire évoluer la stratégie et /ou les herbicides. Tout s’est bien passé en 2004 sans atrazine. Mais le même programme mis en œuvre en 2005 laisse passer certaines adventices : il faudra intervenir, en post levée, au cas par cas, en fonction de la nuisibilité des adventices présentes en choisissant les herbicides et les doses adaptés.
Le choix des stratégies
- La stratégie du tout en « prélevée ».
Cette stratégie est performante dans les situations de graminées et dicotylédones annuelles classiques lorsque la pluviométrie est d’au mois 10 à 15 mm dans les dix jours qui suivent l’application. Cette stratégie fait appel à l’association antigraminées + Lagon (ou Acajou). Elle peut être choisie dès lors que l’on se situe en présence d’une flore classique de graminées et de dicotylédones annuelles. La dose de Lagon/Acajou sera de 0,6 à 0,8 l par ha. Cette solution n’est pas adaptée aux sols sableux et aux limons battants compte tenu du risque de phytotoxicité lié aux doses de Lagon/Acajou. Dans ces situations, il ne faut pas dépasser 0,4 l/ha. La dose de l’antigraminées est fonction du taux de matière organique du sol.
Les autres possibilités :
Trois autres solutions peuvent aussi être mises en œuvre :
• Une pré levée « légère » avec une faible dose d’antigraminées et de Lagon/Acajou. Cette solution n’est efficace que si la pression des graminées et des dicotylédones est vraiment très faible. Sa mise en œuvre dans un autre contexte va obligatoirement se traduire par une intervention en post levée et un renchérissement du coût du désherbage.
• Une dose « normale » d’antigraminées associée à une faible dose de Lagon/Acajou. On assure alors l’efficacité sur les graminées. La faible dose d’IFT + Aclonifen complète l’action de l’antigraminée sur les dicotylédones classiques, notamment sur chénopode.
• L’association herbicide complet (Indiana, Arizona ou Wing/BelogaS) et Lagon/Acajou 0,2 à 0,4 l permet d’espérer une efficacité sur les renouées mais cette solution est encore plus dépendante des conditions climatiques que les précédentes, demandant une bonne humidité au moment de l’application ou dans les jours qui suivent. Elle est d’autre part d’un coup élevé d’entrée de jeu.
- La stratégie « pré levée puis Post levée » C’est une stratégie très adaptée aux situations de flore classique et nouvelle, graminées et dicotylédones annuelles. C’est la stratégie qui permet le plus de souplesse, le plus de latitude. Sa mis en œuvre est plus technique si l’on veut maîtriser le coût, car elle demande une bonne connaissance des adventices à un stade jeune et des produits. Cette stratégie permet d’espérer le meilleur compromis efficacité, sélectivité et coût.
On intervient avec un antigraminée en prélevée. La deuxième intervention a lieu en post levée et vise à maîtriser les dicotylédones passées à travers la première application.
La dose de l’antigraminée dépend du niveau de matière organique du sol. Plusieurs critères permettent de choisir entre les différents antigraminées présents sur le marché. Les critères à prendre en compte peuvent différer d’un contexte à l’autre. Le ou les herbicides de post levée, produit simple ou association d’herbicides, sont choisis suivant la flore à contrôler. La dose est liée au stade des adventices à détruire, elle sera d’autant plus élevée que le stade est avancé. Les adventices émergentes doivent être traitées à quatre feuilles.
– La stratégie « tout en post levée ».
Cette stratégie où l’on intervient après la levée des adventices est à réserver aux situations à faible pression de graminées. Car les graminées sont difficiles à contrôler en post levée surtout si elles sont développées alors que les dicotylédones classiques ou émergentes sont plus faciles à maîtriser.
En général, on met en œuvre deux familles de matières actives dans la stratégie « tout en post » : les tricétones et les sulfonylurées. Ces deux familles d’herbicides ont des spectres assez larges mais les tricétones, Mikado ou Callisto sont plutôt antidicotylédones alors que les sulfonylurées, Milago/Pampa, Equip/Cubix sont plutôt antigraminées.
Deux applications sont à envisager, ces deux familles d’herbicides n’ont pas de persistance, même les tricétones aux doses proposées. Trois possibilités de mélanges sont autorisés : Mikado + Milagro/Pampa, Mikado+ Equip/Cubix, Callisto + Milagro/Pampa.
Les doses dépendent du stade des adventices :
- faibles doses pour des graminées à deux - trois feuilles et des dicots « nouvelles » à quatre feuilles,
- doses plus élevées, pour des graminées à trois feuilles – une talle et des dicots « nouvelles » à six feuilles.
Jean Molines - Arvalis - Institut du végétal
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