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La gestion du parasitisme
Elevage bovin lait biologique
Jura agricole et rural
Publié le:  02 mai 2005
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Des conseils pour développer l’immunité des veaux et gérer la première mise à l’herbe.

En élevage biologique, toutes les techniques susceptibles de limiter le recours aux traitements vétérinaires allopathiques sont étudiées et développées. Ainsi, le développement de l’immunité des veaux et la maîtrise de l’infestation permettent de se prémunir de nombreux problèmes parasitaires. Ces conseils sont ceux préconisés par Gilles Grosmond, vétérinaire spécialisé en élevage biologique, revus par un collectif régional.

Qu’est-ce que l’immunité ?

L’immunité est une propriété physiologique de l’organisme qui lui permet de résister à un agent infectieux, parasitaire ou toxique. Cette immunité peut être naturelle ou acquise. Ainsi, on distingue deux types d’immunité :

- L’immunité locale : son action est brève (dix jours) et ne se prolonge que s’il y a présence de parasites (ils entretiennent son action, d’où la notion de co-infestation). Elle se traduit par l’action d’immunoglobuline de type A (IgAs) et nécessite un apport alimentaire de bonne qualité notamment en protéines et en vitamines A.

- L’immunité humorale (voie sanguine) : son action est longue (plusieurs mois), elle peut donc assurer le relais des périodes pendant lesquelles le parasite n’est pas présent (donc sans immunité locale par manque de co-infestation). Cette immunité est assurée par des IgM secrétés par les globules blancs. Elle nécessite des apports alimentaires suffisants en protéines et en oligo-éléments notamment en zinc et en chlorure de magnésium.

La stimulation de l’immunité du nouveau-né va donc lui donner la possibilité de gérer en partie le parasitisme. On ne vise donc pas un déparasitage total mais une infestation limitée (présence de parasites en petit nombre, sans effets néfastes) permettant l’installation d’une bonne immunité.

Quelles sont les stratégies de stimulation des défenses immunitaires du veau nouveau-né ?

Pour développer l’immunité du troupeau, il convient de s’organiser de manière à pouvoir répéter les gestes suivants à chaque naissance.

- Soins au nombril : dès que possible il faut essorer (vider) le nombril en le pressant entre le pouce et l’index. Il va ainsi sécher rapidement. Eventuellement il est possible de le traiter avec un produit (autorisé en bio) à effet tannant.

- Donner le colostrum le plus tôt possible (un à deux litres en tout trois fois dans la première journée avec du lait de la première traite).

- S’assurer de la nature de la flore qui s’implante dans le tube digestif du nouveau-né. Il s’agit, dans les deux premières heures de vie, d’assurer un ensemencement du tube digestif avec des lactobacilles afin d’empêcher la fixation de colibacilles ou de virus. Pratiquement, si le veau est né sur de la paille pro-pre et brillante (la paille terne ou piquée de points noirs contient entre autre des micotoxines) ou sur l’herbe : il va s’ensemencer avec les lactobacilles naturellement présents dans ces milieux. En cas de doute, il est nécessaire de lui administrer des ferments lactiques par voie orale dans les 2 heures suivant sa naissance. Administrer au choix : un verre de petit lait, deux cuillers à soupe de fromage blanc, un yaourt.

- Le deuxième jour de vie, donner 20 cm3 d’huile de foie de morue (en une seule prise). C’est une source de vitamine A et d’acides gras insaturés.

- Proposer en libre service une bassine de bentonite (type d’argile verte). Chaque veau doit pouvoir en lécher à volonté pendant 50 jours.

Tous ces gestes vont permettre au veau d’augmenter son immunité donc sa résistance aux agressions.

Attention à la qualité du lait distribué aux veaux : il est fortement recommandé de ne jamais donner de lait contenant des antibiotiques et de ne pas distribuer de lait de vaches à cellules.

Quelles sont les stratégies de mise à l’herbe des génisses de premières années ?

L’objectif de cette première mise à l’herbe est de gérer l’infestation par les strongles digestifs en permettant aux génisses de renouvellement de développer une bonne immunité. Les génisses de première année de pâture sont particulièrement sensibles aux infestations par les strongles alors que les génisses de deuxième année ainsi que les vaches acquièrent une immunité qui les rend résistantes. D’autre part, les génisses de première année excrètent beaucoup d’œufs dans la pâture, à l’inverse des génisses de deuxième année et des adultes.

Les larves résiduelles des pâtures (c’est-à-dire les larves ayant passé l’hiver) sont peu nombreuses mais très prolifiques. Une pâture ne sera considérée comme “saine” qu’à partir de juin, à condition de ne pas avoir été pâturée depuis l’automne.

Deux stratégies différentes sont proposées :

- Mettre les génisses au pré vers le 15 avril (à moduler selon la pousse de l’herbe) pendant une semaine après pâture des VL. Les génisses vont s’ensemencer. Les rentrer ensuite pendant au moins un mois, délai nécessaire aux larves pour finir leur cycle. Les œufs seront alors pondus à l’intérieur. C’est très efficace. Puis faire une cure de chlorure de magnésium à la rentrée (pendant une semaine)

- Sortir les génisses plus tard (du 15 mai au 15 juin). Les 15 premiers jours sur des prairies douteuses puis les 15 jours suivants sur des prairies “indemnes” (c’est-à-dire des prairies temporaires semées et jamais encore pâturées ou des prairies de fauche qui n’ont pas été re-pâturées depuis l’automne).

Ces pratiques sont à gérer en fonction du nombre de génisses, des parcelles, de la météo... On peut les compléter en mettant à disposition des génisses des bassines à lécher anti-parasitaires (à base d’huiles essentielles et de plantes).

Dans tous les cas, prévoir à la mise à l’herbe un râtelier à foin ou une auge avec de l’ensilage ou des concentrés (à rationner selon la réglementation de l’agriculture biologique). Ces compléments assurent une transition alimentaire et limitent la quantité d’herbe, donc de larves, ingérée.

Veiller à éviter le surpâturage. En effet, le surpâturage entraîne l’ingestion d’herbe contaminée autour des bouses.




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