Le Jura Agricole et Rural
Franche-Comté Élevage : vigilant face à l’avenir
Productions bovine, porcine et équine
Haute saône agricole
Publié le:  13 juin 2005
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Le nouveau centre d’allotement de Vellefaux va donner une dimension économique plus grande à Franche-Comté Elevage

Vigilance et pragmatisme animent les responsables de Franche-Comté Élevage comme ont pu le constater les adhérents de cette coopérative lors de l’assemblée générale.

L’assemblée générale de la coopérative franc-Comtoise Franche-Comté Élevage s’est tenue jeudi dernier, en Haute-Saône, à Vellefaux, là où se trouve le tout nouveau centre d’allotement de la coopérative. D’ailleurs, cette assemblée s’est conclue par l’inauguration de ce bâtiment flambant neuf et pour cette raison s’est déroulée au pas de charge.Néanmoins, les adhérents ont eu le temps nécessaire pour prendre connaissance des comptes et des bilans d’activité de leur coopérative présentés par G. Marchal. Globalement les volumes 2004 sont en baisse de près de 3 000 têtes pour l’activité bovine et veaux mais les cours sont à la hausse. La collecte de vaches de réforme reste importante avec 15 256 vaches cette année. La démarche engagée avec Carrefour baptisée “Montbéliarde qualité” existe toujours mais fonctionne plus difficilement. «Le consommateur a vu le risque ESB écarté, il réalise ses achats non plus en fonction de l’origine mais du prix. Un comportement qui aiguise la concurrence au sein de la distribution».L’activité taurillon reste stable, mais la production est moins spécialisée, elle est devenue complémentaire à la production laitière essentiellement.

Pour ce qui est du marché des veaux sevrés, il est resté ferme et affiche même une légère hausse. Ce marché trouve ses débouchés dans les régions de l’Ouest tout comme les veaux de 8 jours. Quant à la production équine, elle est marginale, a concerné 538 animaux, essentiellement exportés sur l’Italie «la distribution préfère proposer aux consommateurs une viande plus rouge, venue d’ailleurs», précise le directeur de la coopérative. Et quand l’inquiétude s’éloigne, le consommateur qui s’était tourné vers la viande de cheval la délaisse au profit de la viande bovine.

Pour ce qui est des porcs, «une production qui souffre et qui a du mal de sortir de la crise» leur nombre est en hausse pour atteindre 179 024 animaux abattus dont 44% proviennent du Doubs, 12% de Haute-Saône, 8% du Jura, le reste est issu des régions périphériques. Reste que le coût de revient au kilo est de 1,37 euro pour un porc franc-comtois. Ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale qui se situe à 1,30 euro/kg et donc pénalise les producteurs.

Quant aux porcs de montagne, il manque des maternités implantées en montagne pour développer cette production inscrite dans une démarche qualité. Franche-Comté Élevage est le principal fournisseur des salaisonniers régio-

naux. L’activité “porc” représente un tiers des 22 millions d’euros de chiffre d’affaires du groupe FCE qui emploie 120 personnes.

Activité régionale

Travaillant avec 8 abattoirs nationaux, ayant des participations dans différentes structures, les responsables de Franche-Comté Élevage sont très attentifs à l’évolution économique des marchés dans lesquels ils œuvrent. Ainsi, face aux difficultés du groupe Arcadie, les responsables restent prudents et toutes les mesures comptables ont été prises pour

limiter les risques. Néanmoins, pour Christophe Jacquin, président, l’ensemble de la filière des producteurs et pas seulement les groupements de producteurs, va devoir se mettre autour d’une table rapidement pour travailler sur le devenir de la production régionale et sur la pérennisation de l’abattoir de Besançon conçu pour traiter 20 000 tonnes par an et qui actuellement est en sous réalisation. «L’activité de Besançon est partagée entre l’entreprise Belot et Arcadie. Arcadie n’est que chevillard mais pas un industriel de la viande et c’est la raison pour laquelle il connaît des difficultés. Sans cet utilisateur le site est condamné. Notre rôle de producteurs est de faire des choix,peut-être avons-nous un virage à prendre en nous réappropriant les outils ?» La réflexion est lancée, le débat doit prendre forme. En attendant, le groupement deproducteurs continue à investir pour maintenir ses marges, commercialiser au mieux les animaux. Le nouveau site d’allotement de Vellefaux va lui conférer une dimension plus grande et sera le vecteur d’une agriculture et d’une filière qui avance, s’adapte, génère une économie.

C. Darosey

Nouveau centre d’allotement à Vellefaux

Le centre d’allotement de Franche-Comté Élevage est officiellement en activité.

Il se remarque, le nouveau centre d’allotement de Franche-Comté Élevage, qui surplombe la RN 57 à Vellefaux ! Depuis jeudi, date de l’inauguration, les automobilistes savent (enfin) à qui appartient ce beau bâtiment. En effet, c’est là que FCE fera transiter, à terme, près de 15 000 animaux avant de les conduire à l’abattoir. «Ce bâtiment se devait d’être agréable pour les animaux qui y arrivent et qui ont perdu leurs repères, et fonctionnel pour le personnel qui les manipule», soulignait Christophe Jacquin président de FCE face aux élus des collectivités locales et aux adhérents venus nombreux. Rappelons que FCE possédait un site, à Villers-le-Sec,

devenu obsolète : il ne répondait plus aux normes et était mal situé.

Pierre Mougin «président de FCE 1re formule» c’est-à-dire avant le rapprochement volontaire de la structure haut-saônoise avec La Chevillotte, a été l’une des chevilles ouvrières de cette réalisation puisqu’il est «le régional de l’étape» comme l’a souligné le président Jacquin. Ce nouveau bâtiment, tout en bois, utilisant une matière première locale, installé sur 3 000 m2 et intégré dans le paysage, est l’aboutissement d’un gros travail. Le président du Conseil général a d’ailleurs rappelé les difficultés surmontées pour trouver le site, et obtenir le certificat d’urbanisme. Cette belle réalisation d’une valeur de 850 000 euros a réuni différents financeurs : Ofival, le Conseil général de Haute-Saône et le Conseil régional.

Yves Krattinger, président du Conseil général de Haute-Saône, a eu un propos élogieux face à cette réalisation précisant «qu’à travers ce bâtiment, installé au bord de la 2x2 voies, FCE donne une belle image de l’agriculture. Il relaie le travail que nous conduisons avec la Chambre d’agriculture et plaide pour l’intégration paysagère des bâtiments d’élevage».

Michel Renevier, président de la Chambre d’agriculture 70, n’a pas caché son optimisme en voyant un groupement de producteurs investir et qui donc a des perspectives d’avenir. Il a salué la décentralisation de cet outil et l’approche pragmatique qui a été adoptée par les dirigeants de FCE au travers de cette construction.Michel Raison a également complimenté les responsables de FCE pour cette réalisation à la stature régionale.

Enfin, dans son propos, Pierre Mougin, a rappelé que la coopération depuis 50 ans, a eu un rôle important dans le développement et l’évolution agricole. «J’en appelle aux responsables départementaux, régionaux et nationaux pour qu’ils n’oublient pas les valeurs de la coopération», a-t-il conclu.

CD


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