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Le ministre appelle les responsables viticoles à préparer la mesure avant les vendanges |
Pour éviter un effondrement des cours, au début de la prochaine campagne viticole qui s'annonce abondante, professionnels et Pouvoirs publics se sont mis d'accord sur la mise en place d'un seuil de référence de prix.
Le ministre de l'Agriculture a rencontré une nouvelle fois les responsables de la viticulture, la FNSEA et les JA, le 21 juillet à Paris. L'occasion de faire le point sur les mesures annoncées en janvier et en avril et d'anticiper sur la nouvelle récolte viticole qui s'annonce d'ores et déjà abondante. L'idée d'un seuil de référence de prix pour éviter l'effondrement des cours fait son chemin. Proposée par les responsables viticoles, elle a été reprise par Dominique Bussereau. « Le prix minimum ne peut exister dans notre législation, ni dans la législation européenne, donc il s'agirait de mettre au point un seuil de référence sur lequel les viticulteurs et les négociants pourraient se mettre d'accord » a indiqué le ministre. « On a prévu de se retrouver au mois de septembre pour mettre au point cette mécanique » a ajouté le ministre qui appelle les responsables viticoles « à préparer la mesure avant les vendanges ».
Quant à distillation de 1,5 million d'hl de vins AOC autorisée par Bruxelles, le ministre a exhorté les professionnels à y souscrire. On sait que l'ouverture de la mesure a été prorogée de quinze jours jusqu'au 31 juillet pour permettre à la France d'honorer ses engagements. Dominique Bussereau a assuré avoir reçu « des engagements précis de la profession pour se rapprocher le plus possible de cet objectif ». Mais il a mis en garde aussi les vignerons et les négociants sur le fait « qu'il n'était pas question de demander une augmentation des rendements, si les opérateurs n'allaient pas à la distillation ». Et pour éviter la création de nouveaux excédents à plus long terme, il a indiqué que « les autorisations de plantation seraient strictement limitées en 2005 ».
Rendez-vous en septembre
Nommé il y a quelques jours, Monsieur exportation vin, Louis Lauga devrait remettre son rapport le 15 septembre. Tout le monde s'accorde, le ministre comme les responsables viticoles, à considérer que l'exportation est l'une des clefs à la résorption de la crise. « Nous restons le pays de référence en matière viticole » a plaidé Dominique Bussereau. Denis Verdier, le président de la Confédération des coopératives vinicoles estime que l'exportation est « le seul moyen de donner à la viticulture sa véritable place ».
Le ministre de l'Agriculture a indiqué également que les mesures de soutien décidées au mois de janvier et complétées au mois d'avril étaient désormais en place. Mais la FNSEA, les JA, comme l'Association nationale de la production viticole considèrent que « l'Etat ne prend pas la juste mesure de la crise et ne respecte pas ses engagements ». Et que « ces enveloppes sont largement insuffisantes pour éviter la disparition d'une partie de nos exploitations».
Les professionnels étaient venus rue de Varenne avec un Livre blanc portant sur vingt mesures d'urgence qui pour l'instant reste sur la table. Dans un communiqué, les professionnels se disent « déçus ». Même s'ils « ont pris acte des quelques signaux qui ont été émis par le ministre concernant le renforcement de la compétitivité de la filière et l'allègement des charges sociales, ils attendent désormais que ces propositions se traduisent rapidement par des actes concrets». La filière attend surtout « un réel effort en matière de mesures à court terme pour faire face aux situations désespérées et permettre un réel assainissement du marché dans des conditions acceptables par les producteurs »
Les autres mesures proposées
Pour résorber le déséquilibre entre l'offre et la demande, le ministre de l'Agriculture propose d'encourager la production de « non vins », les moûts et les jus de raisin notamment. A ce titre une augmentation des rendements sur les vins de table de 100 hl à 130 hl sera accordée pour la prochaine campagne. En outre, dans le cadre de la révision du décret « vins de pays », la production de hors vins actuellement fixée à 10 hl pourra être dépassée. Enfin la production de moûts concentrés qui sont en grande majorité importés actuellement sera encouragée. L'Institut national des appellations d'origine est chargé de faire des propositions en ce sens.
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