Le Jura Agricole et Rural
La propreté, indicateur des conditions d’hygiène
Elevage
Jura agricole et rural
Publié le:  05 août 2005
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Les jeunes bovins élevés en stabulation représentent la catégorie d’animaux la plus concernée par le problème de la propreté

La propreté des animaux reflète en grande partie la qualité de leurs conditions de vie ainsi que l’hygiène globale de l’élevage. Sans oublier une dimension plaisir pour l’éleveur et la prévention de problèmes de santé ou de qualité des produits.

Selon Caroline Hédouin, de l’Institut de l’Elevage, “Avoir des animaux propres, c’est d’abord un plaisir et une fierté pour l’éleveur. C’est en effet plus facile et agréable de montrer son troupeau à un collègue, voisin ou technicien quand il ne patauge pas dans la boue ! C’est important car la propreté des animaux est un moyen visuel pour des gens de l’extérieur d’apprécier les conditions de vie des animaux. C’est pour ces raisons que la propreté des animaux est un des thèmes de la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage, dans laquelle les éleveurs s’engagent, afin de montrer qu’ils travaillent dans le respect des bonnes pratiques”.

Dans un contexte de forte demande des citoyens en matière de bien-être animal l’hygiène et les conditions de vie des animaux sont en première ligne. “Des bovins propres induisent chez tout observateur le sentiment que les conditions d’élevage sont favorables au bien-être des animaux élevés et que l’éleveur est un bon éleveur”. Outre cette dimension “vitrine”, la propreté des animaux va aussi se répercuter directement et indirectement sur les performances économiques de l’élevage. “Le niveau de propreté est un indicateur des conditions d’hygiène et d’entretien du troupeau, qui ont des conséquences sur la santé des animaux et la qualité des produits”.

Performances économiques

Dans les exploitations laitières par exemple, la propreté des vaches constitue un des leviers pour limiter les risques de contamination du lait lors de la traite. Les mammites dites d’environnement ont des conséquences directes à la fois sur la santé des animaux et sur la qualité bactériologique du lait ainsi que la numération cellulaire. Donc au final sur la paye de lait. “D’une manière plus générale, le danger de contamination bactériologique du lait est plus élevé avec des animaux sales”, précise Caroline Hédouin. “Veiller à la propreté de ses animaux est aussi un moyen de gagner du temps au moment de la traite”. De la même manière, la peau des bovins sales peut contaminer directement la viande lors de la dépouille en abattoir (voir ci-dessous). Les cuirs peuvent aussi être abîmés, et donc moins bien valorisés.

La majorité des éleveurs sont sensibles à la propreté de leurs animaux, que ce soit pendant la période de stabulation permanente ou en plein air en hiver où les conditions ne sont pas favorables. “Le pâturage estival favorisant quant à lui en général la propreté des bovins, il ne pose pas particulièrement de problème. En plein air hivernal en revanche, il faut veiller à ce que la présence d’abris ne conduise pas à des regroupements sur un terrain peu portant très salissant pour les animaux”. Il faut aussi entretenir les lieux de passage et de repos des animaux de façon à ce qu’ils restent le plus propre possible.

Paillage régulier

Michel Seguin est exploitant à Mercey-le-Grand, où il élève un troupeau de 240 vaches allaitantes. “Nous vendons un tiers des broutards et engraissons les autres”, explique-t-il. “En matière de propreté, on ne maîtrise pas toujours tout : parfois la transition alimentaire pose problème. Un lot que nous avons depuis fin avril commence seulement à être propre. Ils étaient auparavant élevés au foin, sans ensilage ni aliment. En cas de rupture de stock d’ensilage aussi, c’est délicat, quand il faut passer à l’herbe, les animaux ont du mal même avec une transition de deux semaines. Mais dans 95% des cas ça se passe bien”. Son bâtiment d’engraissement est divisé en cases en pente. Le couloir d’alimentation est raclé une fois par jour. “En hiver, nous paillons deux fois par jour, sinon une fois par jour en été. J’ai l’impression qu’un paillage régulier est plus efficace”.

En vivant en permanence avec ses animaux, il est parfois délicat de se rendre compte au quotidien de la dégradation ou de l’évolution de la propreté. Il peut être pratique de se donner des points de repère pour apprécier et être ainsi plus réactif : mettre davantage de paille, vider la stabulation, remblayer les accès au parc... on peut ainsi mieux repérer les lieux et les périodes à risques.

Alexandre Coronel




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