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Michel Seguin, éleveur allaitant à Mercey-le-Grand dans le Doubs |
Les éleveurs comtois engagés dans la Charte témoignent : de plus en plus demandée (voire exigée) par l’aval, la Charte des bonnes pratiques est aussi un outil pour faire évoluer l’exploitation.
Dans le bus qui conduisait les éleveurs haut-saônois à Paris, Emmanuel Aebisher, président de la FDPL, rappelait quelques points clés de la Charte : “ La Charte a été mise en place suite aux crises de l’ESB de 98 et 2001, avec pour but de communiquer sur nos pratiques, en particulier tous les aspects traçabilité, aussi bien pour les aliments que pour les médicaments. Il est important de rappeler, si vous êtes interrogés par des journalistes ou des consommateurs, qu’aujourd’hui la traçabilité de nos produits est assurée jusqu’à l’assiette !”.
Cette journée à Paris a été l’occasion pour les éleveurs d’échanger entre-eux. Mais pas seulement : “Nous avons eu quelques contacts avec des gens qui passaient par là et voulaient savoir ce qui se passait...”, raconte Samuel Bertrand, éleveur de vaches allaitantes à Baujeu en Haute-Saône, sur 170 ha. Pour lui, l’entrée dans la Charte a été motivée au départ par l’évolution des attentes de l’aval. “Notre marchand de bétail nous a parlé de la Charte et nous a dit que ça facilitait l’écoulement de la marchandise. Nous avons 80 à 85 vaches charolaises pour une production de broutards de 9 mois destinés à l’exportation vers l’Italie. Nous produisons également des génisses de viande de trois ans. Ces deux production nécessitent les démarches BVP et Hérédia”. Il s’agit de deux certifications de conformité produit.
Sur le plan concret, les bons d’aliments sont désormais rigoureusement archivés, afin d’être en règle avec la Charte. De même, la gestion du carnet sanitaire a été améliorée. Concernant la journée, Samuel regrette un peu qu’une rencontre plus directe avec le public n’ai pas été organisée à cette occasion. “L’idée de prendre une photo de la France était bonne, mais peut-être qu’il aurait fallu attirer davantage le public et communiquer. L’objectif à terme c’est d’informer le maximum de consommateurs de nos démarches”.
Evoluer dans nos pratiques
Pour Michel Seguin, éleveur à Mercey-le-Grand dans le Doubs en Gaec à quatre sur 360 ha (dont 240 en herbe), “On espère tous que cette journée va toucher l’opinion publique et que ça mettra en valeur tout ce qui est fait dans nos élevages, notre manière de travailler”.
Parmi les premiers signataires de la Charte dans le département du Doubs, il reconnaît plusieurs mérites à cette démarche. “Ca nous oblige à voir ce qui ne va pas et à évoluer vers une meilleure qualité de travail. Dans notre exploitation, ça a été principalement de prendre l’habitude de remplir les carnets sanitaires, de noter toutes les interventions. Pour l’alimentation, on était déjà bons : on notait déjà beaucoup de choses avant”.
Paroles d’éleveurs
• Pour se démarquer : Pour Claude Petitguyot éleveur de 35 vaches allaitantes charolaises à Mont-sous-Vaudrey, « cela fait un an que je réfléchis à me démarquer sans passer par un label de qualité ». L’adhésion à la charte des bonnes pratiques d’élevage n’a pas alourdi son travail puisqu’il respectait déjà la plupart des engagements. L’éleveur commercialise aussi une dizaine de génisses par an en vente directe : « la charte peut être un atout supplémentaire vis-à-vis du client ». Il garde un très bon souvenir de cette journée passée à Paris : « c’était aussi une façon de remercier les éleveurs qui se sont engagés ».
• Un suivi sanitaire interessant : Laurent Patenat de Rahon élève une vingtaine de charolaises et 40 vaches laitières à Rahon. Il a adhéré à la Charte des bonnes pratiques d’élevage en 2002. « J’étais déjà engagé dans Montbéliarde qualité, la transition a été facile ». La fromagerie Jouffroy du groupe Ermitage à laquelle livre Laurent Patenat, a incité l’ensemble de ses éleveurs à entrer dans la Charte. « C’est intéressant aussi pour l’éleveur, surtout le suivi sanitaire, l’enregistrement des traitements,etc. On peut se remettre en question dans le suivi de son troupeau ». Par contre il est difficile de mesurer l’impact de cette charte sur le grand public : « il faudrait travailler là-dessus ».
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