Le Jura Agricole et Rural
Création d'un fonds d'investissement
Assemblée générale FNPLait
Jura agricole et rural
Publié le:  14 avril 2006
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La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a tenu son assemblée générale à Dijon, les 4 et 5 avril derniers. Pour tenter de soutenir le beurre et de préserver l'équilibre des différents marchés de produits laitiers, elle a décidé de créer un fonds d'investissement interprofessionnel stratégique. L'organisation économique est donc de rigueur pour répondre à la concurrence internationale.

Les producteurs de lait ont annoncé, lors de leur assemblée générale à Dijon, le 5 avril, qu'un fonds d'investissement interprofessionnel allait être créé à l'exemple d'Unigrains dans le secteur des céréales, pour « consolider la filière laitière française sur le moyen et long terme », selon le président de la FNPL, Henri Brichart, et notamment pour appuyer les investissements dans la transformation de lait en beurre, qui sont moins rentables. L'écoulement de la matière grasse doit en effet être facilité. Et ce depuis que la matière grasse n'est plus soutenue à l'export par l'Union européenne alors que l'excédent de beurre affiche 300 000 tonnes, qui vont faire pression sur les prix des produits de grande consommation (PGC), plus rentables, tel le fromage. La consommation par tête de ce dernier devrait d'ailleurs continuer à croître légèrement, selon les estimations d'Erhardt Richarts, du ZMP, l'organisme allemand d'études et de statistiques des secteurs agricole et agroalimentaire.

La FNPL défend ainsi une organisation économique du secteur pour assurer sa modernisation et sa plus grande force dans la compétition internationale, faisant siennes « ces notions difficiles à manier que sont la flexibilité et la compétitivité », a bien précisé la FNPL. Mais cette organisation économique demande la mobilisation de tous, et donc celle nécessaire des transformateurs, d'où la mise en garde par le président Henri Brichart : « Si certains ont dans l'idée de briser ce pacte de confiance et de stabilité (l'accord sur le prix du lait conclu le 26 janvier 2006, ndlr), nous initierons une mobilisation sans précédent et les producteurs sauront vous rappeler vos engagements ». Un avertissement auquel le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a souscrit. L'organisation économique d'une filière n'est pas chose à prendre à la légère...

Concentration du secteur ?

Néanmoins, pour Robert Brzusczak, président jusqu'en 2005 de EDA (European dairy association), une plate-forme d'industriels laitiers européens, l'UE ne peut pas écouler à l'export ces « 300 000, voire 350 000 tonnes de beurre », alors que les producteurs refusent que la Commission européenne diminue une nouvelle fois le prix d'intervention. Aussi, comme « on va vers un système guidé par l'offre et la demande, et non plus dirigé administrativement, (...) l'industrie laitière devra s'adapter par la concentration du secteur », constate-t-il, et notamment par l'évolution de la relation entre industrie et production, c'est-à-dire « un système plus flexible que le quota ». Des quotas qui freinent les exportations, selon ses observations.

Défense des quotas

Mais Henri Brichart, lui, demeure on ne peut plus clair sur les quotas, « poutre maîtresse de la filière laitière française et qu'il faut maintenir le plus longtemps possible ». Ils le seront du reste jusqu'en 2015. Et de réclamer de surcroît que l'ensemble du secteur soit « reconnu comme sensible » pour échapper à toute réduction drastique des droits de douane de l'UE, au menu des négociations OMC.

Une requête que le ministère français de l'Agriculture appuie en partie, pour le beurre. Par la voix de son directeur de cabinet, Michel Cadot, le ministre, Dominique Bussereau, absent à Dijon, a fait savoir qu'il exigerait auprès de l'UE, pour la matière grasse, « qu'elle soit placée en produit sensible », lors des semaines à venir de négociations à l'OMC. En outre, la FNPL rejette tout schéma de massification de la production, via des méga-entreprises de production et de transformation. « Je renverrai même la balle du côté des transformateurs », a souligné le secrétaire général adjoint de la FNPL, Thierry Roquefeuil.

« En voulant aller sur une globalisation de l'offre, sur un marché mondial, n'allons-nous pas sur des produits plats, uniformes, qui ne sont peut-être pas ce que veulent les consommateurs aujourd'hui ». Les producteurs défendent donc un schéma d'entreprises innovantes contre la massification du secteur.


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