Le 6 avril dernier, l’Inao s’est prononcé en faveur de la zone AOC gruyère. Une filière qui touche essentiellement la zone herbagère du département. Une AOC défendue par les producteurs qu’il appartient désormais de faire vivre.... avec les transformateurs.
Bon, il n’est pas encore possible de commercialiser du gruyère avec appellation AOC dès maintenant mais dans quelques mois, si ! En effet, le 6 avril dernier, la commission de l’Inao s’est de nouveau réunie et a voté le zonage de l’AOC gruyère. Une étape qui avait été discutée en décembre et qui avait ébranlé le dossier mis sur le travail depuis 2000. Mais le 6 avril suite à un
débat de 1h30, les 37 membres se sont exprimés sur le zonage proposé. 20 étaient pour, 10 contre et 7 se sont abstenus ou ont voté blanc. Finalement, les 60 communes du département du Doubs, actuellement présentes dans la zone d’appellation du comté, auront aussi la possibilité de produire du gruyère.
C’est cette superposition de zones qui avait freiné l’avancée du dossier en décembre dernier. Après cette étape fondamentale de la zone géographique de production, l’Inao va engager une procédure de recensement des utilisateurs du mot « gruyère ».
Il leur sera accordé un délai pour qu’ils nomment leurs produits différemment. Ensuite viendra l’heure de la rédaction du décret qui fera également l’objet d’un vote au CNPL. Ce décret devra être visé par différents ministères pour être ensuite appliqué et permettre la production du gruyère avec AOC. Ce décret précisera le cahier des charges de la production, qui est déjà bien avancé pour ne pas dire affiné, et il précisera le cahier des charges de la fabrication.
C’est à ce niveau que les discussions risquent d’être plus longues notamment sur des détails tels que la température des caves ou bien encore la qualité des
planches sur lesquelles vont reposer les fromages.
Reste que les producteurs vont suivre de près la rédaction de ce décret et notamment Jean-François Rollet qui a consacré beaucoup de temps à la constitution du dossier qui a été présenté le 6 avril dernier devant la commission de l’Inao.
« Cette AOC sera pour les producteurs de lait de foin un réel débouché si la mise en marché, la communication, le marketing sont réfléchis, travaillés par l’ensemble des transformateurs. En effet, avoir une AOC c’est bien, la faire vivre c’est mieux ». Alors que les conclusions du congrès de la FNPL montrent que les producteurs doivent s’investir ou investir dans les filières pour suivre leurs produits, les défendre et rester maître de la valeur ajoutée, ce projet d’AOC gruyère donne aux producteurs de lait de foin et de montbéliarde de s’impliquer dans la mise en place d’un fromage spécifique qui répond à un
cahier des charges et qui doit trouver sa place sur le marché.
Superposition partielle de zone
Au mois de mars 2005, la FDSEA du Jura, comme d’autres organisations professionnelles, avait adressé un courrier au président de la commission d’enquête de l’Inao ; courrier dans lequel elle précisait ses positions en matière de zonage de l’AOC gruyère. Concernant l’aire de collecte laitière, le principe de non-superposition avec la zone AOC comté avait été très fermement défendu. En cas de refus, il avait été proposé que l’intégralité de la zone comté soit englobée dans la zone gruyère. Manifestement, le message n’est pas passé puisque l’Inao a rejeté cette réclamation de la FDSEA, en maintenant une superposition partielle de zones pour des communes du haut-Doubs. À l’heure où la gestion des volumes de comté fait l’objet d’un projet ambitieux porté par la filière, la position des experts de la commission d’enquête pourrait bien compliquer encore l’équation ; les gruyères produits et vendus dans le haut-Doubs n’étant que des « comté » déclassés.
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