Le Jura Agricole et Rural
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Le calcul des coûts de production ? Pour quoi faire ?
Outil d'aide à la décision
Jura agricole et rural
Publié le:  28 juillet 2006
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Décider d’un assolement relève de critères à la fois agronomiques et économiques. Pour aider les agriculteurs dans leur choix, la Chambre d’agriculture a mis au point une méthode de calcul du prix de revient des cultures.

Le 28 juin, les techniciens de la Chambre d’agriculture invitaient les agriculteurs à échanger sur le thème des coûts de production en se rendant sur les quatre exploitations qui ont testé la méthode et calculés leurs coûts de production. La réflexion n’est pas menée de manière isolée mais s’appuie sur le réseau national des Chambres d’agriculture. L’étude menée en Franche-Comté est financée par le Conseil régional.

Le calcul de la marge brute par hectare reste encore le critère le plus utilisé pour comparer des cultures entre elles. Mais la diminution des prix payés à la production, l’augmentation du coût des intrants tendent à niveler les marges brutes vers le bas.

"L’objectif est de proposer un outil qui permette de prendre en compte l’ensemble des coûts de production et non seulement les intrants" explique brièvement Françoise Thibert avant d’entrer dans le détail.

Cette méthode procède par étape.

Un premier niveau d’analyse permet de définir un coût de production avant rémunération des facteurs de production, et un second niveau d’analyse permet de déduire une rémunération des facteurs de productions.

- En premier lieu, définition du coût opérationnel : intrants,

- puis coût affecté : toutes les charges fixes qui peuvent être affectées à une culture particulière, dont la mécanisation,

- puis coût de production en ventilant toutes les charges non encore affectées selon une clé de répartition à l’hectare ou au chiffre d’affaire.

On arrive enfin à un prix de revient au quintal (prime compensatoire prise en compte). Ce prix de revient au quintal peut être considéré avant ou après rémunération des facteurs de production (travail, capital et foncier).

On arrive ainsi à définir un rendement seuil par culture, rendement indicatif en dessous duquel les facteurs de production ne sont plus rémunérés à leur juste valeur (1.5 smic pour le travail notamment).

Ainsi les rendements seuils calculés sur une exploitation de grandes cultures au nord de Dole et permettant de dégager 1,5 Smic sont en 2005 de 80,4 quintaux en orge d’hiver, 43 q en colza, 28,3 q en tournesol, 44 q en colza énergétique et 52,5 q en blé de force.

En maïs, le rendement seuil calculé sur une autre exploitation est de 100 quintaux secs et en blé de 64.2 q.

Des résultats à faire varier selon le niveau de prélèvement privé et à resituer dans le contexte de l’exploitation et les particularités de l’année. La charge affectée au quintal qui varie le plus d’une exploitation à l’autre est celle des amortissements matériel. L’agriculteur précise aussi que la fumure de fond a été apportée en tête de rotation sur le colza et qu’il a connu quelques problèmes de désherbage. Devant les chiffres avancés, la remarque tombe : « on ne va plus savoir quoi cultiver ». Si certaines exploitations du Finage pratiquent une rotation avec du blé sur deux ans, ce schéma n’est pas envisageable partout.

Les rendements seuils

Au premier abord, la méthode surprend. Les agriculteurs présents avouent avoir du mal à raisonner sans les primes PAC. Les DPU pourraient être considérées comme une valeur patrimoniale, mais dans les esprits, elles interviennent encore fortement dans les résultats des cultures. « Les termes utilisés et la méthode ne nous sont pas encore familiers mais les calculs sont simples et utilisent des chiffres que nous avons déjà, soit par la comptabilité, soit par un enregistrement sur les parcelles » remarquent les agriculteurs.

« Ce calcul est un outil de travail, précise Patrick Chopard. Il permet de savoir à partir de quel rendement on couvre l’ensemble des charges et par conséquent de répondre à la question que beaucoup se posent : que faut-il encore produire et comment ? »

A partir des remarques faites par une trentaine d’agriculteurs présents, la Chambre d’agriculture devrait proposer d’étendre l’étude à d’autres exploitations notamment en élevage. A terme, des formations et des entretiens individuels pourraient se mettre en place pour rendre ce nouvel outil facilement utilisable dans les exploitations.


L’étude a été menée par Denis Legrand et Frédéric Desmaret, avec l’appui de Françoise Thibert, Patrick Chopard et Florian Bailly-Maître de la Chambre d’agriculture auprès de quatre exploitants : Philippe Ecarnot (Montmirey-le-Château), Didier Fontaine (Saint-Aubin), Stéphane Gaudillier (Longwy-sur-le-Doubs) et Dominique Tyrode (Villette-les-Dole).




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