Le Jura Agricole et Rural
«Le séchoir est devenu indispensable»
En Bresse
Jura agricole et rural
Publié le:  26 octobre 2006
Page 8 

À l’entrée, 23 tonnes de maïs à 30% d’humidité. A la sortie, 18 tonnes de maïs sec

Le Gaec de la Ronce à Mouthier-en-Bresse utilise un séchoir à maïs mobile depuis une douzaine d’années. D’abord un séchoir de 10 tonnes acheté en Cuma et depuis trois ans un Euromat de 23 tonnes en propriété. « Nos surfaces en maïs ont évolué plus vite que celles des autres adhérents et nous avons pu acheter un séchoir d’occasion » explique Franck Lullier.

Avec un séchoir installé à demeure au pignon du hangar, Franck Lullier et son frère Hervé ont gagné une certaine « facilité de travail ». Ils peuvent sécher 5 500 quintaux de maïs (60 hectares à 90 quintaux de moyenne) en une dizaine de jours pour un coût de séchage identique à celui de la coopérative ou du barème d’entraide, sans manutention. « Si nous continuons à cultiver du maïs, c’est parce que nous avons le séchage et la possibilité de stocker la quasi-totalité de la récolte pour la vendre au meilleur moment », reconnaît Franck Lullier. Le coût de séchage a augmenté de 25 à 30% en 3 ans, conséquence directe de la hausse du prix de l’énergie. Il est aujourd’hui d’environ 1,90 à 2 euros par quintal. 250 et 350 litres de fuel sont brûlés à chaque tour de séchage, soit près de 7 800 litres pour l’ensemble de la récolte.

Le chargement de la cellule se fait avec un auget par le bas, une vis élève le grain en permanence et le laisse retomber devant un ventilateur qui pulse de l’air chaud à 130°C pendant qu’une large

hélice brasse le fond du cône.

Moins automatisé qu’un séchoir fixe, ce séchoir mobile demande plus de surveillance mais il est adapté au bâtiment actuel qui ne possède pas de fosse de réception pour la récolte ni de place suffisante à proximité des cellules de stockage.

« Le maïs, dans nos terres, est un revenu sûr »

Le Gaec fait appel à l’entreprise pour récolter ses maïs et n’a jamais eu de problème pour faire coïncider débit de récolte et séchage même si ce dernier ne se fait pas au rythme où les agriculteurs le souhaiteraient. Le ventilateur n’est jamais mis en route avant 8 heures du matin faute d’un ampérage suffisant sur la ligne à ces heures de fortes consommations (le séchoir monte à 200 ampères pendant quelques secondes).

Les récoltes ont débuté la semaine dernière : 22 hectares de maïs mis à terre par les sangliers ont dû être rentrés rapidement à 28% d’humidité en moyenne sauf 7 hectares à 35%. Malgré une forte pression de dégâts de gibier dans toutes les cultures, y compris les semis de blé, les deux frères ne sont pas prêts d’abandonner le maïs. Franck observe d’un bon œil la remontée des cours. « Il s’est semé moins de maïs et la demande est importante. On entend parler d’un prix de 160 euros la tonne et peut-être plus… On est en droit de l’espérer ! ». Une embellie quelque peu tempérée par la baisse des rendements.


L’exploitation

Le Gaec réalise 180 hectares de culture principalement en blé et maïs, un peu de soja, colza et tournesol.

Un tiers des surfaces est sur le département du Jura, deux tiers en Saône-et-Loire.

L’exploitation dispose de 103 droits à produire en vaches allaitantes. Le maïs est vendu à des marchands d’aliment du bétail.


De l'air chaud

Si les températures de séchage peuvent paraître très élevées (80°, 100°, 120°, 140° C et au-delà), ce sont celles de l’air chaud, mais pas celles du grain qui ne demeure jamais assez longtemps dans le séchoir pour les atteindre. Pour l’alimentation du bétail il semble en fait que la température ait un effet négligeable sur la valeur nutritionnelle des produits. Sur du maïs, on ne constate pas d’influence notable d’un séchage à 150° C par rapport à 90° C. Les conditions de pré-stockage avant séchage semblent avoir plus d’incidences que la température de séchage sur les performances zootechniques. (Source Isara)


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