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« J'ai voulu que l'agriculture du département évolue, que les projets avancent. Peu importe qui les porte ». |
« Je suis restée moi-même au cours de mes mandats et j'ai essayé de préserver ma vie de famille ». Chantal Saget termine son mandat de présidente de la Chambre d'agriculture dans quatre mois.
Votre premier contact avec les organismes agricoles date des années quatre-vingt. Quel en est votre souvenir ?
« A 35 ans, mon temps se partageait entre les gamins, la traite et les papiers de l'exploitation. Après mon cinquième enfant, j'ai eu besoin de rencontrer du monde, de faire autre chose. J'ai littéralement plongé dans l'engagement professionnel. D'abord en participant aux stages 200 heures actives agricoles puis aux groupes de développement, proches du terrain, concrets et techniques. A la même époque, j'entrais à la commission agricultrices de la FDSEA et fut élue vice-présidente de la FDSEA du Jura. J'ai enchaîné sur la formation comme présidente de l'ADFPA puis de Vivea, avec des responsabilités aux niveaux régional et national en tant que représentante de l'APCA ».
Vous avez été élue présidente de la chambre d'agriculture en 2001. Femme, comment avez-vous vécu l'exercice de votre mandat ?
« On dit que le monde agricole est « macho » mais je ne l'ai jamais ressenti… J'ai bien entendu une ou deux fois, à bout d'arguments, « retourne à tes casseroles », mais faut-il y prêter attention ? Je suis fille d'agriculteur. Depuis quarante ans, je trais des vaches ! Et encore aujourd'hui, je travaille à 50 % sur l'exploitation. Si mes collègues m'ont choisie ou s'ils ont choisi d'autres femmes pour les représenter, c'est parce que nous portons beaucoup d'intérêt à notre travail, aux performances de nos élevages ».
Vous avez toujours pris du recul avec la notion de “pouvoir”. Est-ce une caractéristique typiquement féminine ?
« Je suis plus dans l'écoute que dans l'intervention. J'ai voulu que l'agriculture du département évolue, que les projets avancent. Peu importe qui les porte. Je regarde le monde de la politique avec sérieux et courtoisie mais avec beaucoup de recul. Je n'aime pas le mélange des genres. Quand j'arrive chez moi, je pose mon sac, je ne suis plus présidente de la chambre d'agriculture. Il était essentiel pour tenir dans la durée de préserver ma vie de famille et de ne pas tout centraliser. Au sein du bureau de la compagnie nous partageons le même projet agricole départemental et cela a facilité mon travail. J'accorde aussi beaucoup d'importance au relationnel, au contact d'«homme à homme » et je connais tous les salariés ».
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?





