Le Jura Agricole et Rural
Pérenniser l'irrigation
Irrigation Côte-d'Or
Jura agricole et rural
Publié le:  19 janvier 2007
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Avec plusieurs bassins versants, des conditions pédo-climatiques complexes et diversifiées et des risques de sécheresse importants, l’irrigation a connu quelques années difficiles en Côte-d’Or. La chambre d’agriculture et le Syndicat des irrigants ont développé un programme commun de gestion de l’eau, concerté et réaliste.

Si la problématique de l’irrigation en Côte-d’Or ne concerne qu’une petite partie du département, ses incidences économiques et la complexité de sa gestion sur le terrain, justifient la mobilisation de deux techniciens de la chambre d’agriculture.

La Chambre d’agriculture de Côte-d’Or a ouvert le dossier de l’irrigation en 1997, mais la sécheresse de 2003 lui a donné un sérieux coup d’accélérateur, accentué par l’évolution rapide de la réglementation et la mise en place de mesures de restriction d’eau qui ont eu des effets directs sur les pratiques des irrigants. Jusque-là, constatent Laure Olheyer et Jérôme Gervais, techniciens à la chambre d’agriculture, la moitié des irrigants irriguait en fonction de certaines habitudes, « sans raisonner », ni motiver leurs pratiques.

Les restrictions, la réglementation et les arrêtés préfectoraux en cascade, ont eu pour premier effet de « casser » certaines habitudes et d’obliger les irrigants à réfléchir sur leurs pratiques et à affiner leur gestion de l’eau en fonction de leurs besoins réels et de l’état de la ressource.

Un système hydrologique complexe

La ressource justement est au centre des débats. La Côte-d’Or, située en tête de plusieurs bassins versants, connaît un système hydrologique complexe. La grande diversité des situations en fonction des bassins versants, des zones pédoclimatiques, des nappes et des cours d’eau… rend toute tentative d’évaluation de la ressource globale très aléatoire.

La diversification des cultures grâce à l’irrigation a aussi entraîné le développement de filières bien structurées (sucre, légumes de plein champ, pomme de terre, etc.) qui doivent être approvisionnées en qualité et en quantité constantes.

Depuis des années, la chambre d’agriculture, le syndicat des irrigants et ses adhérents réfléchissent et travaillent ensemble sur les conditions d’une meilleure gestion de la ressource et sur la mise en place de moyens permettant d’optimiser l’irrigation. Les nombreuses réunions organisées avec les irrigants à l’initiative de la compagnie et des responsables professionnels, constate Laure Olheyer, « ont favorisé la prise de conscience et ouvert des pistes de travail sur le terrain ».

Les irrigants et la chambre d’agriculture sont aujourd’hui engagés dans la construction d’un projet départemental de gestion de l’eau. Un projet dont la construction va déboucher sur des actions concrètes, visant à l’amélioration de la gestion de l’eau et à l’optimisation des pratiques actuelles.

Après la mise en place récente, à l’initiative de l’autorité préfectorale et de la DDAF, d’un quota d’eau annuel réparti sur l’ensemble des exploitations, la nécessité d’aboutir à une meilleure définition des besoins de chacun et à une évaluation plus précise de la disponibilité réelle de la ressource, s’impose encore plus. Plusieurs représentants des irrigants sont ainsi désignés dans chaque bassin, pour observer l’état de la ressource et faire remonter les problématiques spécifiques. Avec un objectif : adapter au maximum les prélèvements à l’état de la ressource locale.


Comment mieux irriguer

Pour adapter l’irrigation aux stricts besoins, les techniciens de la chambre d’agriculture disposent de différents outils : les avertissements techniques, par zones et par cultures, les bilans hydriques individuels, les sondes tensiométriques dans les parcelles, pour mesurer la saturation du sol en eau et la mesure de la capacité du sol à retenir l’eau (estimation des réserves en eau utiles). C’est un outil d’évaluation encore peu utilisé par les irrigants, qui permet cependant d’adapter et de calculer la dose exacte d’eau à apporter.

Une meilleure gestion de la ressource suppose aussi d’utiliser des matériels plus performants, mieux adaptés à la géométrie et à la taille des parcelles. Pour des surfaces assez petites et morcelées, on conseillera la rampe sur enrouleur (20 % d’économie d’eau) plutôt que le canon à eau, plus économique à l’achat, mais sensible au vent et source de gaspillage en raison des forts recoupements.

Les compteurs d’eau (installés lors de la campagne 2003 - 2004) sensibilisent les irrigants à leur consommation d’eau et en améliorent la gestion.

L’optimisation des pratiques d’irrigation passe aussi par une meilleure configuration du foncier : l’assolement en commun et les échanges de foncier représentent des pistes de travail intéressantes.


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