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Découverte du matériel de désherbage mécanique |
Pour innover, le CRDA a tenu son assemblée générale dans le bus qui a conduit ses adhérents ce jeudi 1er mars, au centre Inra Bretennières en Côte-d'Or. Au programme de la journée : un exposé sur les OGM et la découverte des essais menés sur les 150 hectares du domaine. Au retour dans le bus, débat sur la visite.
Les médias alimentent le débat sur les OGM. « Le Jura Agricole
et Rural » comme les autres : 50 400 internautes en moyenne se connectent chaque mois sur le site du journal pour lire plus de 8 630 pages par jour. ESB, biocarburant, crise aviaire, OGM sont les mots clés de leurs recherches. Les OGM, Jacques Gasquez les connaît bien et il se méfie un peu des raccourcis emprûntés par les médias. Chercheur en biologie et gestion des adventices à l’Inra, il a travaillé de 1995 à 2002 sur la comparaison entre cultures transgéniques et cultures normales ainsi que sur les flux de gel, c’est-à-dire le risque de passage de gènes modifiés vers d’autres cultures et vers les mauvaises herbes. Expert à l’AGPB pour ces questions, il ne rechigne pas à rencontrer de petits groupes d’agriculteurs pour leur expliquer la réalité des OGM.
Une trentaine d’agriculteurs du CRDA Bresse Val-d’Amour et des élèves de la Maison familiale du Jura ont ainsi pu se rendre sur le site Inra Bretennières près de Dijon, qui fut l’un des trois sites français d’expérimentations sur les OGM avant la suspension en 1995 de l’ensemble des recherches.
Le scientifique donne quelques repères : 100 millions d’hectares d’OGM sont cultivés dans le monde dont les deux tiers en Amérique ; plus de 80% sont des OGM résistant aux herbicides, essentiellement au Roundup. Depuis dix ans, les farmers américains utilisent les OGM surtout dans des systèmes en TCS et semis direct avec traitement de l’interculture au Roundup. Au final, pas d’augmentation significative des rendements mais plutôt un gain de temps avec une petite réduction du coût des herbicides et du travail du sol. « À cause du système américain, les OGM sont considérés comme l’avancement ultime d’une culture intensive », remarque Jacques Gasquez qui n’aime pas la confusion de genre entre les réalités scientifiques et les idéologies. Les anti OGM refusent de voir breveter le vivant ou que les agriculteurs soient dépendants des vendeurs de semences. « Ce ne sont pas des problèmes spécifiques aux OGM, ils existent déjà pour d’autres cultures » indique le chercheur. Finalement pourquoi faire des recherches sur les OGM en agriculture si ce n’est pas pour diminuer les coûts de production ? « Depuis deux siècles, nous sélectionnons des plantes. Les OGM sont l’aboutissement d’une technique qui permet d’aller encore plus vite que la sélection classique », répond le scientifique.Là où il fallait 20 ans pour sélectionner une résistance, la technique OGM permet d’aller chercher cette résistance sur une autre plante ou chez une bactérie. « Nous sommes dans la coévolution et nous travaillons avec du vivant qui bouge sans arrêt. Si on installe une résistance à la rouille, le parasite la contourne et trouve la parade. C’est une lutte sans fin, comme pour les antibiotiques. »
Les résistances aux herbicides
Les risques de croisement entre des cultures OGM et d’autres cultures ont été étudiés en plein champ sur les parcelles de la ferme Inra jusqu’en 2002. Même si elles n’acceuillent plus d’OGM, ces parcelles restent en observation. « Nous n’avons rien trouvé dans les colzas par les repousses ni dans les espèces sauvages. Nous n’avons jamais réussi dans la nature à faire de croisements avec la moutarde des champs. » Le flux de gène de résistance à l’herbicide est toujours possible mais le croisement avec des mauvaises herbes n’est pas très fréquent. « Que craint-on ? Nous avons plus de risque de voir sortir une résistance herbicide de la mauvaise herbe qu’un flux de gène vers l’adventice. Et quand bien même, cette résistance serait à traiter comme les autres. De nombreuses mauvaises herbes sont devenues résistantes faute d’avoir suivi les recommandations des scientifiques de ne pas toujours utiliser les mêmes herbicides », constate Jacques Gasquez. Une résistance est acquise à vie donc la seule solution est l’arrêt du produit. Le passage de flux de la betterave vers la betterave adventice constituerait le cas le plus génant. Enfin, le scientifique s’interroge sur les arguments agronomiques et environnementaux avancés contre les OGM : « puisqu’on a autorisé leur importation pour l’alimentation, il n’existe plus vraiment d’arguments pour empêcher d’autoriser leur culture. »
Des rotations sur six ans
L’Inra Bretennières, c’est 130 personnes qui travaillent dans le laboratoire de phytopharmacie et à la création de variétés de féveroles. L’ensemble de ces activités sera ramené en 2008 sur le site Inra de Dijon. Les bâtiments rachetés par le Grand Dijon devraient se transformer en un agropôle qui acceuillera la chambre d’agriculture, Dijon Céréales et d’autres structures. Mais l’Inra Bretennières, c’est aussi une ferme de 150 hectares et une vingtaine de personnes qui s’occupent des expérimentations mises en place sur 10 000 microparcelles de 5 à 30 m2. Pascal Farcy a été embauché par l’Inra pour suivre les expérimentations en plein champ, notamment sur les rotations longues, de deux fois six ans, destinées à perturber le cycle des mauvaises herbes. « Depuis l’été 2000, on nous demande d’évaluer la faisabilité de systèmes « respectueux de l’environnement ». Mais revenir au binage des betteraves, c’est un peu de l’utopie. On peut y arriver sur 2 hectares à deuxpersonnes mais pas sur 50 hectares. » Pascal Farcy suit cinq systèmes de cultures différents associant agriculture raisonnée, protection intégrée, désherbage mécanique avec ou sans labours. Avant cela, il était agriculteur et il en garde les reflexes, plus à l’aise sur le terrain que dans une salle de conférence. Le tour des parcelles et la présentation du matériel de désherbage mécanique ont interessé les agriculteurs du CRDA qui sont repartis avec une idée un peu plus précise du travail réalisé par les chercheurs dans des conditions pas toujours aussi confortables qu’ils l’auraient imaginé.
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