Le Jura Agricole et Rural
Un automne, au chalet de Liantsoa…
AFDI Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  21 mai 2007
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Construction d'un lavoir collectif à Alarobia sous les yeux de Gérard Vallet

En novembre 2006, une délégation d’AFDI Jura a participé à l’inauguration de la coopérative malgache de Liantsoa. Mais bien du travail reste à faire en matière de fonctionnement et de gestion de cet outil destiné à améliorer le quotidien des agriculteurs malgaches…

Composée de Gérard Vallet, président de l’AFDI Jura, de Jean-Marie et Patricia Sermier et de Jacques Girod, une délégation d’AFDI Jura est partie pour Madagascar à l’automne dernier.

Plusieurs missions au programme : faire connaître les actions en cours mais également rencontrer Serge, le nouvel animateur du CDAM, participer à la rédaction d’un projet professionnel de développement pour 2007-2010 et faire connaître au député et vice-président du Conseil général, les diverses actions réalisées ou en cours qui sont possibles grâce à l’accompagnement financier annuel de l’assemblée départementale.

Ce partenariat financier s’inscrit dans une stratégie d’aide au développement que l’AFDI Jura a souhaité depuis plusieurs années en complément de l’appui à la formation et à l’organisation professionnelle des agricultrices et agriculteurs malgaches de la région de Mandjakandriana. Une région située à une soixantaine de kilomètres de la capitale, où AFDI Jura est présente depuis 12 ans. La mission a tenu plusieurs réunions de travail avec les responsables agricoles locaux, a réalisé des visites d’exploitations, a rencontré des responsables d’AFDI nationale ainsi que des responsables politiques et administratifs. Des rencontres utiles aux Jurassiens pour garder le contact et s’intégrer aux politiques nationales malgaches de développement…

Rigueur et gestion

Le moment fort de la mission a été l’inauguration du chalet de vente « Liantsoa » à Ambatoloana. Une construction qui a fait l’admiration de tous. À côté de ce chalet, deux containers maritimes ont été récupérés et soigneusement positionnés pour stocker et sécuriser les denrées non périssables. « Sur ce dossier, il reste à préciser et formaliser l’organisation et le fonctionnement de la coopérative (statuts, règlement intérieur), explique Gérard Vallet. Il faut définir les conditions d’adhésion, d’approvisionnement par les adhérents pour mieux adapter la régularité et la qualité des produits proposés à la vente et en obtenir une valorisation optimale… Il sera utile de suivre attentivement les premiers pas de cette coopérative qui devra aussi tenir une comptabilité et une gestion rigoureuse… »

« Cette recommandation n’est pas superflue, ajoute le président. Nous avons eu confirmation lors des réunions de travail que nos amis malgaches sont souvent approximatifs et évasifs sur des questions comme les prix, les coûts, les charges, les rendements, les résultats… Pourtant, avec Serge, l’animateur, ils seront mieux armés pour préparer l’avenir… »

Le scandale des prix

La situation de la grande majorité des agriculteurs malgaches est toujours aussi précaire. On peut même parler de situation de survie tant il est difficile de trouver quelques éléments que l’on pourrait qualifier « de confort » : eau potable, électricité, toilettes… Dépourvus de revenus suffisants et réguliers, les agriculteurs ont souvent des difficultés pour apporter leur part d’autofinancement dans les projets et l’accès au crédit est dissuasif, voire impossible…

Au-delà des plans et programmes divers de développement, il est difficile de détecter et de quantifier les volontés politiques et surtout les moyens financiers de l’état malgache. Conséquence, les projets sont suspendus aux participations des partenaires extérieurs : ONG, banque mondiale, coopérations étrangères…

Sur le sujet des prix agricoles, Gérard Vallet s’insurge : « Comme dans de nombreux pays d’Afrique, la population agricole représente 75% des 16 millions d’habitants de l’île. Les productions agricoles sont parmi les seules ressources à l’exportation. Or, je trouve scandaleux les écarts de prix entre ceux payés aux agriculteurs malgaches et ceux pratiqués sur les marchés européens. Café, ananas, bananes, bois spéciaux… de 30 à 50 fois plus chers ! Il n’est donc pas surprenant que ces pays continuent à s’appauvrir alors que les pays du nord s’enrichissent toujours davantage ! Quelle hypocrisie de s’apitoyer sur le sous-développement des pays du sud !

Ces conditions du commerce international ne sont jamais évoquées lors de réunions avec des délégations nationales. C’est comme si les organisations syndicales françaises ne parlaient jamais des prix du blé, du lait, de la viande… et du revenu des agriculteurs. Si j’évoque à nouveau cette question, c’est pour la crédibilité et l’efficacité de nos engagements dans et pour le développement international. Notre credo devrait être la mondialisation du commerce équitable ».


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