Passer de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique est une aventure engageante qui se raisonne, s’apprécie et ne se décide en finalité que si l’agriculteur en a bien pris la mesure à la fois en termes de technique, de filière, et de finances. Viennent ensuite les formalités…
Agriculteurs bio comme techniciens donnent unanimement cette recommandation. La conversion à l’agriculture biologique relève avant tout d’une réflexion en profondeur prenant en compte tous les paramètres techniques, économiques mais également, en premier chef, la motivation du décideur. Avant d’évoquer les aspects concrets de conversion des terres ou des ateliers, l’agriculteur doit se poser des questions de fond sur le pourquoi d’une telle décision et en évaluer tous les impacts, une remise en cause profonde de ses pratiques et des filières de commercialisation en même temps qu’un cheminement de l’esprit indispensable.
De la réflexion à l’action
La première démarche à effectuer consiste à contacter les organismes de contrôle et leur demander d’établir un devis. Ensuite, il faut informer sa filière (outils économiques, metteurs en marché…) de son engagement. Le choix d’un organisme de contrôle avec lequel un contrat sera signé est une phase indispensable car les date et signature dudit contrat déterminent la date de début de conversion des terres. La phase suivante consiste à demander et remplir une notification de producteur bio auprès de l’agence Bio à Paris. Cette notification obligatoire, qui sera à renouveler tous les ans, doit être établie au nom du bénéficiaire du contrat d’aide à la conversion bio. Enfin, une demande écrite d’aide à la conversion est à déposer auprès de la DDAF. Elle doit être réalisée pour le 15 mai suivant le début de la conversion bio accompagnée des pièces suivantes : le formulaire de demande d’engagement dans les MAE, le registre parcellaire graphique (associé à la déclaration de surfaces), le formulaire « liste des éléments engagés » et enfin le formulaire « perspectives de débouchés ».
C.B.
La certification en agriculture biologique
Une aide au coût de la certification
Les exploitations certifiées en agriculture biologique ou celles en cours de conversion vers l’agriculture biologique font l’objet annuellement d’un contrôle par un organisme certificateur agréé. Une licence annuelle est alors délivrée par l’OC (organisme de contrôle), attestant l’engagement de l’opérateur à respecter les règles de production biologique. Les certificats (« Agriculture Biologique » ou « Produit en conversion vers l’agriculture biologique ») valident chacun des produits issus de la ferme bio et donnent accès au logo AB.
Le coût de la certification variable
Cette prestation est à la charge des agriculteurs. Le coût de la certification varie en fonction de la taille de l’exploitation, du nombre d’ateliers et de productions converties en Bio et de l’organisme de certification choisi. Souvent considérée comme injuste par les agriculteurs concernés, la certification représente un coût supplémentaire à la charge de celui qui n’utilise pas d’intrants chimiques. C’est la raison pour laquelle, les groupements d’agriculteurs bio regroupés au sein de Corabio (Ardab, Adabio, Agribioardèche et Agribiodrôme) ont œuvré pour qu’au moins une partie de cette dépense soit à la charge de la collectivité. C’est ainsi que les élus de la région Rhône-Alpes ont voté à l’unanimité la prise en charge à 50 % des frais (HT) de certification 2007 et 2008 dans la limite de 450 euros d’aide par exploitation agricole. Afin de bénéficier de cette aide pour 2007, les agriculteurs sont invités à contacter Corabio.
Aide à la conversion
Cet acquis devrait contribuer à encourager les installations et les conversions vers l’AB, alors même que nous devons faire face à un déficit du marché dans toutes les filières bio et que l’urgence environnementale n’est plus à démontrer. La reprise des aides à la conversion désormais financée par les mesures agro-envrionnementales devrait également jouer un rôle incitatif.
Corabio - Tél. 04 75 61 19 35
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- La paille a-t-elle un prix ?
- Personnaliser le collectif
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Une récolte 2008 abondante
- La Vache qui rit se met en scène
- Plantations : Les distances à respe...
- Un dimanche à la ferme
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




