Le Jura Agricole et Rural
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Construire une stratégie offensive
Jura agricole et rural
Publié le:  20 septembre 2007
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«Le troupeau jurassien est en bonne santé mais notre vigilance doit rester active», souligne Michel Cètre

À l'heure où l'agriculture aborde une série de rendez-vous nationaux, européens et internationaux, la chambre d'agriculture a fait sien le débat national. La conjoncture économique, la situation sanitaire et climatique, la chrysomèle et la fièvre catarrhale ovine, ont constitué l'autre volet de cette session.

Assises de l’agriculture, Grenelle de l’environnement, bilan de santé de la Pac, reprise des négociations à l’OMC...« Autant de rendez-vous et d’échéances qui auront un impact structurant sur l’agriculture et sur les futures politiques agricoles », déclare Dominique Chalumeaux. Les chambres d’agriculture entendent s’inscrire dans la réflexion menée au niveau national et la session du 14 septembre a été l’occasion de présenter des propositions pour « une agriculture durable qui assure la sécurité alimentaire ». Sept pistes de travail ont été retenues par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (lire ci-dessous). Des propositions qui peuvent être, selon le président Chalumeaux, « une excellente base de départ pour un nouveau projet agricole départemental ». Ce sera d’ailleurs une des premières missions de la commission économique de la chambre d’agriculture.

Au niveau national, les conclusions des Assises de l’agriculture, mises en chantier par Michel Barnier, doivent constituer la feuille de route de la France vis-à-vis de la réforme de la Pac et permettre de débattre sur ce que l’opinion publique attend de l’agriculture. Quant aux propositions émises par le Grenelle de l’environnement, elles seront discutées dans 17 villes de différentes régions, dont Besançon le 8 octobre, puis au niveau national fin octobre. Une vingtaine de mesures concernant la défense de l’environnement devraient en sortir. Il s’agira d’exprimer ce que la Franche-Comté attend de ce Grenelle de l’environnement, pour son agriculture, en étant conscient que d’autres mouvements d’opinion ne manqueront pas de s’exprimer à cette tribune. « Le rôle de l’agriculture comme prestataire de services environnementaux devrait s’amplifier. L’importance de l’herbe et celle de la forêt dans la préservation du carbone organique doivent être retenues », rappelle le président de la chambre d’agriculture.

Des prix volatils

L’augmentation du prix des produits agricoles a un impact positif sur le moral des agriculteurs et malgré de mauvais rendements, leur revenu devrait augmenter d’abord chez les céréaliers mais aussi à terme chez les producteurs laitiers. « Par contrecoup, la situation des productions animales doit retenir toute notre attention, sachant qu’une augmentation brutale des matières premières (alimentation) ne peut être répercutée dans le prix de ventes », alerte Dominique Chalumeaux. Le marché des animaux maigres connaît de ce fait des difficultés d’écoulement. « Depuis l’abandon des différents instruments de régulation communautaires, nous entrons dans une ère de volatilité des prix », analyse le responsable départemental. Et ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain. En céréales, Didier Jouvenceaux rappelle que l’augmentation actuelle des prix nous ramène au niveau de 1983 et que de nombreux contrats n’ont pas anticipé cette envolée des cours. Même mise en garde du côté des laitiers : « Les variations du cours du lait sont dues à un déséquilibre de 2% entre l’offre et la demande. Les cours peuvent rapidement s’inverser », précise Alain Mathieu, président de la FDCL pour qui d’autres mécanismes de régulation des prix se mettront immanquablement en place dans une logique de politique alimentaire.« En vue de la suppression des quotas, nous devons travailler sur un mécanisme acceptable entre production et niveau de prix souhaité ».

Après les aléas climatiques, les problèmes sanitaires

Autre fait marquant en cette fin d’année 2007 : les problèmes sanitaires. La présence d’une chrysomèle du maïs détectée le 10 août dans le département de Saône-et-Loire, puis récemment l’extension de la zone de surveillance de la fièvre catarrhale ovine, ont des conséquences pour les producteurs du Jura. On peut légitimement s’interroger sur l’impact du réchauffement climatique dans le développement de ces ravageurs et maladies. Au passage, Dominique Chalumeaux s’étonne du peu d’attention portée au dossier du réchauffement « qui aura des effets néfastes pour l’agriculture et dans lequel la gestion de l’eau prendra une importance accrue ». La matinée ne pouvait se passer d’un point sur la FCO fait en présence de Martine Fallon, directrice de la DDSV et des responsables du GDS.

Se référant à l’exposé détaillé de Michel Cètre, président de l’EDE, portant sur la situation sanitaire de l’élevage dans le Jura, le préfet Christian Rouyer « confirme le bon état sanitaire du cheptel jurassien, bien suivi ». Le préfet clôturera cette session en invitant la chambre d’agriculture à présenter le fruit de ses réflexions lors de la prochaine CDOA qui se tiendra le 24 septembre. « Dans un contexte économique et institutionnel en pleine évolution, vous avez l’ambition de construire une stratégie offensive pour l’avenir de votre profession au niveau européen mais aussi localement », salue enfin le préfet du Jura.


Les sept travaux des chambres

« Face à une Europe visiblement en panne de vision et de perspectives, les chambres d’agriculture proposent sept pistes de travail pour une vision cohérente et à long terme pour l’agriculture et les politiques publiques qui la soutiennent », explique Patrick Elvezi, directeur de la chambre, qui détaille les grands axes de la réflexion :

1- Toutes les formes d’agriculture ont leur raison d’être mais elles doivent être compétitives, s’appuyer sur des produits de qualité, sécurisés, ancrés sur un territoire et prendre en compte l’écologie.

2- Contractualiser les débouchés (volume, prix et durée) et repenser le rôle des différents opérateurs. Développer des outils de gestion des risques tout en gardant un minimum de verrou de stabilisation au niveau communautaire.

3- Comment fixer les productions dans les bassins soumis à forte concurrence ? Maintenir une politique de l’herbe.

4- Comment redonner l’initiative aux agriculteurs ? Sortir d’une logi-

que de contrôles en développant la certification.

5- Quel sera le profil de l’entreprise agricole demain ? Définir son statut juridique, fiscal et social.

6- Adapter le soutien de l’agriculture aux nouveaux objectifs qui lui seront donnés (sécurité alimentaire, gestion du territoire, qualité des produits...)

7- Inscrire la souveraineté et l’indépendance alimentaire des États dans les négociations internationales. L’alimentation n’est pas une marchandise comme les autres.


Enbref

• Urbanisme et maîtrise du foncier

« Il faudra nourrir la population mais aussi la loger. Pour cela, nous aurons besoin de 500 000 logements supplémentaires. Le débat entre urbanisme et maîtrise foncière risque de se tendre », reconnaît

Sylvie Vermeillet, présidente de l’Association des maires du Jura qui se dit « demandeuse d’une plus forte concertation avec l’agriculture ». Pour François Lavrut, responsable de l’aménagement à la chambre d'agriculture, il est nécessaire de s’organiser au niveau des collectivités et d’associer la profession agricole dans tous les documents d’urbanisme « pour, ensemble, bien consommer le foncier et ne pas le gaspiller ». L’entretien d’une réserve à foncier pourrait légitimer des soutiens à l’agriculture, au même titre que la sécurité alimentaire et la qualité des produits.

• Scolytes et ambroisie

Chrysomèle, scolytes et ambroisie, trois nuisibles que le préfet du Jura compte bien épingler à son tableau de chasse. Les motivations sont économiques pour les deux premiers : « Il faut éradiquer ce fléau de la chrysomèle tant qu’il est encore circonscrit » et « ne pas baisser la garde d’ici la fin de l’année concernant les scolytes ». Le préfet enverra un courrier dans ce sens à l’ensemble des partenaires de la filière bois. Enfin il appelle à une mobilisation renforcée dès l’année prochaine contre l’ambroisie. « Nous avons encore sous-estimé la gravité du problème ».

• Bois énergie et ressource forestière

Le conseil général du Jura s’intéresse à l’organisation de la filière bois énergie dans le département. René Millet, représentant le président Gérard Bailly, précise le travail à mettre en place : mieux structurer la filière pour coordonner ses actions et lui assurer une pérennité, connaître les potentiels de production, implanter les chaufferies près des ressources et améliorer les accès forestiers.




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