Le Jura Agricole et Rural
Du confort, sans oublier la rigueur
Robots de traite
Jura agricole et rural
Publié le:  05 novembre 2007
Page 12 

De g. à dr. Bernard Boucaud, contrôleur laitier auprès d’Alliance conseil 74 et Gérald Challe, du Gaec de La Flèche-d’Or à Massingy, exploitation qui a investi en 2006 dans un robot de traite Lely Astronaut A3

Apparus à la fin des années quatre-vingt-dix, les robots de traite ont initialement conquis les pays du nord de l’Europe avant de faire aussi leur apparition dans les étables françaises, d’abord dans l’ouest, le nord et le nord-est. D’une centaine il y a quinze ans, l’effectif total du parc français est passé à environ 700 robots actuellement et le marché est en plein boom.

Outre Lely, marque hollandaise, et DeLaval, marque suédoise, qui s’inscrivent comme les deux grands leaders du robot de traite, d’autres constructeurs européens tels Fullwood, WestfaliaSurge (qui vient de racheter le contrat de licence du robot Titan développé par RMS) ou encore Sac Christensen jouent également des coudes dans le contexte de concurrence aiguisée régnant sur ce marché à l’échelle française comme européenne.

« Un robot de traite en lieu et place d’une salle de traite classique, cela faisait deux ans que nous en discutions, explique ainsi Gérald Challe, agriculteur associé à Jean-Pierre Guillot au sein du Gaec La Flèche d’or à Massingy, dans l’Albanais haut-savoyard. La salle de traite de l’exploitation, en épi 2 x 4, datait de 1983. Il devenait nécessaire de la changer mais son agrandissement, vu son emplacement, s’avérait impossible. La question du temps passé pour la traite bi-quotidienne s’est également posée : pour moi, cela représentait un total de cinq heures par jour. Une astreinte qui est très lourde, il faut bien le reconnaître… ».

Un investissement de 150 000 euros

Intéressé par la technologie, l’éleveur a par ailleurs trouvé réponse à ses questions grâce à une réunion avec un technicien de la marque Lely et à des visites d’exploitations organisées sur le thème des robots de traite dans le cadre du syndicat départemental de la race holstein dont il est le président.

« En avril 2006, notre décision était arrêtée et l’installation a eu lieu en septembre. Depuis une année donc, la traite du troupeau des 55 vaches laitières est assurée par un robot Lely Astronaut A 3. Le quota de l’exploitation est de 420 000 litres de lait et la production moyenne annuelle par vache est de 9 000 litres. L’investissement de 150 000 euros correspond à l’achat du robot, sachant qu’aucune modification du bâtiment n’a été nécessaire puisque l’automate occupe l’ex salle de traite », précise l’éleveur. L’adaptation du troupeau a été assez facile, à peine trois semaines. Nos vaches avaient déjà l’habitude du Dac avec un aliment qu’elles connaissent et je pense que cela a joué ».

Avec une fréquence quotidienne moyenne de 2,5 traites par vache et de 2,3 en été (les vaches passant en cette période cinq heures au pâturage), aucune baisse de productivité n’a été enregistrée avec le robot. « D’ailleurs l’objectif n’est pas de produire plus, mais quantitativement de rester dans cet équilibre de dix litres de lait par traite », souligne l’agriculteur. Le temps passé chaque jour à l’entretien de la machine reste très acceptable. Le nettoyage du filtre à lait, des manchons, des prises d’air, du laser ne prennent qu’un quart d’heure. Chaque mois, le lavage du robot au nettoyeur haute pression s’est inscrit dans les habitudes volontaires de l’exploitation.

Rigueur sur tous les postes amont

Contrôleur laitier auprès d’Alliance conseil 74, Bernard Boucaud dispense de judicieux conseils aux éleveurs qui ont installé un robot de traite. « En général, une période de détérioration sur l’aspect butyrique est rencontrée durant les six premiers mois, c’est pourquoi il est très important d’avoir de bons résultats à la rentrée du robot, explique-t-il. Et, d’une manière générale, il faut être très rigoureux en amont sur la propreté des animaux, pour le nettoyage des logettes. Il faut penser aussi à procéder à la tonte au niveau des mamelles pour limiter le plus possible les risques de contamination. La rigueur est de mise tout autant sur la qualité d’ensemble des fourrages et ensilages ».

A l’heure actuelle, neuf exploitations de Haute-Savoie enregistrées au contrôle laitier sont équipées d’un robot de traite, de marque Lely pour la plupart (pour raison de proximité géographique la commercialisation pour les Savoie étant assurée par Lely Suisse), ou DeLaval. Ces exploitations sont situées dans le bassin genevois (zone franche) et dans l’avant-pays savoyard, où le cahier des charges de l’IGP tomme-de-savoie autorise ce matériel.

« Les résultats au contrôle laitier sont traités par le logiciel Original robot qui permet un croisement du fichier informatique récupéré à la ferme et du fichier laboratoire. Le plus coûteux est en revanche la location ou l’achat des échantillonneurs, précise Bernard Boucaud. C’est pourquoi au niveau régional, les contrôles laitiers se sont organisés pour leur mise à disposition réciproque en fonction des besoins dans les départements. Par ailleurs, il est prévu que les contrôleurs suivent une formation proposée par l’Institut de l’élevage sur les marques de robots. En fonction de celle que nous aurons suivie, nous pourrons intervenir à la demande de nos collègues de départements voisins ».


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