Le Jura Agricole et Rural
Opportunité réglementaire
Journée régionale porcine
Jura agricole et rural
Publié le:  21 décembre 2007
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Anne Hémonic, docteur vétérinaire, a fait le point sur le guide des bonnes pratiques en élevage porcin . Actuellement en phase de test, il permettra aux éleveurs de répondre efficacement à leurs obligations en matière de sécurité alimentaire.

Pour cette édition 2007 de la journée régionale porcine, qui se tenait à Saône le 28 novembre dernier, l’interprofession régionale avait choisi comme thème central le guide des bonnes pratiques d’élevage. C’est Anne Hémonic, docteur vétérinaire, qui a présenté le contexte et les intérêts du projet. « Le paquet hygiène a pour objectif d’assurer la sécurité alimentaire. Il s’agit de simplifier un ensemble de textes réglementaires pour en assurer la cohérence et de définir les responsabilités à chaque maillon, pour maîtriser les dangers dès la production. S’il y a obligation de résultat, il y a liberté de moyen. Mais une forte incitation à passer par des guides des bonnes pratiques. » La filière porcine française a opté pour cette solution : « L’idée c’est que ce guide serve à la fois d’outil à l’éleveur, et de base de contrôle pour l’administration. Tous les champs d’application d’une exploitation agricole sont pris en compte. L’alimentation, l’élevage, la gestion des effluents… Et les dangers de toute nature également : biologiques (salmonelles par exemple), physiques (aiguilles cassées) et chimiques (résidus de médicaments…) »

Intérêts pour l’éleveur et pour l’administration

Côté éleveurs, les avantages d’un tel guide apparaissent à plusieurs niveaux. D’abord, une trame pour mettre son élevage en conformité avec le paquet hygiène. « Le guide est rédigé par des professionnels de l’élevage porcin : le choix du vocabulaire est précis, technique, donne des éléments concrets. Il se veut pédagogique. » Un atout certain quand on connaît l’obscurité, voire l’hermétisme, de certains textes réglementaires. Autre avantage, ce guide, pour peu qu’ils s’y conforment, exonère les éleveurs d’une justification individuelle de leurs choix. Les pratiques décrites dans le guide auront fait la démonstration scientifique de leur efficacité, et auront reçu l’aval de l’AFSSA. « Les points de contrôle seront clairement identifiés. « Il n’y aura donc pas de surprise au moment d’un contrôle de l’administration, poursuit Anne Hémonic. Enfin, c’est une aide à l’auto-évaluation. » Pour l’administration, l’existence d’un guide unique de référence, approuvé par l’AFSSA, est également un point positif. « C’est aussi le gage d’une grille de contrôle commune sur tout le territoire national. »

« Les thèmes abordés par le guide balisent toutes les activités d’élevage. Le logement, la gestion des cadavres, l’alimentation et l’eau de boisson, l’hygiène du matériel et des bâtiments, les déchets, la traçabilité, etc. » Exemple concret, à la demande de Joël Pourchet. « Prenons l’exemple de la gestion des nuisibles, et en particulier des rongeurs. Le guide préconise soit de conserver l’avis de passage de l’entreprise de dératisation, soit les factures de raticides. Dans l’idéal l’emplacement des appâts doit être indiqué sur les plans de masse du bâtiment ainsi que leur fréquence de renouvellement. »

Actuellement, le guide est en phase de test, dans quarante élevages. Mi-décembre, une synthèse nationale permettra d’apporter des modifications. Ensuite, cette dernière mouture sera transmise à l’AFSSA pour validation, puis à la DGAL. « Cela devrait être terminé fin 2008 », assure la vétérinaire.

Deux versions

De fait, le guide existera en deux versions : une courte, destinée à l’administration, et une longue, accompagnée de fiche pratiques et de recommandations facultatives. Cette distinction a pour but de bien séparer ce qui est strictement réglementaire, et donc soumis à contrôles, des possibilités techniques présentées dans un guide professionnel complet (systèmes de lavage de l’air par exemple). « Il faut voir ce guide comme une opportunité réglementaire : l’essentiel de son contenu, ce sont des pratiques qui sont à la fois réglementaires et efficaces sur le plan zootechnique. C’est aussi une protection en cas de crise. »

Une grande campagne de communication auprès des éleveurs aura lieu au moment de la diffusion du guide : réunions régionales et distribution de plaquettes d’explication sont prévues. Enfin, une version internet du guide, permettant des mises à jour en fonction des évolutions techniques et réglementaires, est aussi envisagée. Pierre Boireau, responsable de la diversification à la Chambre d’agriculture du Doubs, attire l’attention des éleveurs qui pratiquent une activité de transformation à la ferme : « Il est aussi important de signaler que les bonnes pratiques concernent aussi la partie transformation : il faut réactualiser l’agrément des laboratoires de transformation avant le 1er juillet 2008. Nous sommes à la disposition des éleveurs pour les aider dans les démarches. »


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