Le Jura Agricole et Rural
Maïs : désherber en 2008
Jura agricole et rural
Publié le:  24 janvier 2008
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Le maïs redoute la concurrence des adventices. L’impact sur le rendement d’un mauvais désherbage est élevé. La lutte contre les mauvaises herbes est donc un investissement nécessaire et obligatoire pour bénéficier des performances de l’espèce.  

L’effort est d’autant plus important à faire que l’on est en culture sèche : la compétition est alors encore plus néfaste pour le maïs. Connaître les adventices de ses parcelles, choisir les herbicides efficaces contre ses adventices et les mettre en œuvre en fonction du contexte sol – climat de son exploitation, tel est le raisonnement à tenir pour trouver le meilleur rapport efficacité/coût.

Les adventices

Les herbes à détruire déterminent les herbicides à utiliser. Les modalités d’application des herbicides définissent la stratégie à utiliser. On distingue plusieurs catégories de mauvaises herbes :
• Les graminées : ce sont les adventices les plus difficiles à combattre. D’une façon générale, elles se contrôlent mieux en traitement prélevée qu’en traitement de post levée. Les graminées les plus fréquentes sont le panic pied de coq, les sétaires, la digitaire sanguine. En sol riche en matière organique, on trouve, en plus, le panic capillaire. Deux espèces ont tendance à se développer ces dernières années : la sétaire d’Italie et le panic faux millet. En milieu humide, on trouvera du pâturin.
• Les dicotylédones classiques : l’amarante, le chénopode blanc, la morelle noire et la renouée persicaire. Elles sont toujours présentes et relativement faciles à maîtriser.
• Les dicotylédones difficiles : l’ambroisie et la mercuriale sont les plus fréquentes, la renouée liseron est de plus en plus présente. Dans cette catégorie, on trouve aussi : la renouée des oiseaux, le datura, la lampourde et un grand nombre d’autres adventices moins fréquentes mais qui, localement, peuvent poser problème. Elles ne sont pas faciles à contrôler. Les dicotylédones difficiles nécessitent une intervention de post levée après une application de prélevée ou bien deux interventions de post levée.
• Les vivaces. Elles doivent faire l’objet d’une intervention spécifique en post levée. Les herbicides habituels, aux doses efficaces sur les annuelles, n’ont qu’une faible action sur les vivaces.

La stratégie découle de la mise en œuvre des différents herbicides

Les cas concrets (tableau 2 dans notre édition papier)

Exemple n°1 : flore de graminées et de dicotylédones classiques. Cette
situation est de plus en plus rare. Lorsque l’on est confronté à cette flore, on peut mettre en œuvre :
- soit un antigraminée de prélevée associé à un antidicotylédone de prélevée. C’est la stratégie de « prélevée renforcée ».
- soit un antigraminée de prélevée suivi d’un antidicotylédone de post levée. C’est la stratégie « pré + post ».
Exemple n°2 : flore complexe de graminées, de dicotylédones classiques et de dicotylédones difficiles. Deux stratégies sont possibles :
- on applique un antigraminée de prélevée puis un ou plusieurs antidicotylédones associés de post levée. C’est la stratégie « pré + post ». Cette solution est performante.
- Ou bien, on positionne deux interventions en post levée associant un antigraminée de post levée et un antidicotylédone de post levée. Cette solution performante sur les dicotylédones est un peu moins efficace sur graminées que la précédente.
Pour aller plus dans le détail des applications, la dose de l’antigraminée est choisie en fonction de son type de sol (voir tableau n°3 dans notre édition papier). La dose de l’antidicotylédone, et notamment des tricétones Mikado ou Callisto, est déterminée par le stade des adventices. Plus elles sont développées, plus la dose doit être élevée. L’Eclat, Basamaïs et les produits à base de bromoxynil sont plutôt associés à une tricétone qu’utilisés seuls.

Camix/Calibra, un produit à spectre large

Camix/Calibra s’utilise seul en pré levée du maïs. Il a une bonne efficacité contre les graminées et les dicotylédones classiques. Il a une certaine activité contre les dicotylédones difficiles mais alors il faudra lui ajouter 0, 3 l de Lagon /Acajou pour contrôler les ambroisies, ou 1,5 l de Prowl pour le contrôle de la renouée des oiseaux. Attention, Camix /Calibra a une ZNT de 20 m !

Le cas particulier du Prowl

Aujourd’hui, Prowl sera essentiellement réservé aux situations où la pression de la renouée des oiseaux est importante. Il est alors associé à 1,5 l avec les antigraminées.

L’association tricétone + sulfonyluréee + Eclat ou Emblem

En post levée, l’association tricétone + sulfonyluréee + Eclat ou Emblem permet de contrôler un grand nombre de dicotylédones nouvelles et de graminées. C’est la solution des situations où la flore est complexe. C’est la formule tripartite qui sera utilisée dans la stratégie « tout en post levée » en un ou deux passages. La dose de chacun des herbicides de l’association dépend du stade des adventices :
- pour des graminées de deux à trois feuilles et des dicotylédones de quatre feuilles en moyenne, on utilisera par exemple 0,5 l de Mikado ou Callisto, 0, 5 l de Milagro et 0,10 kg d’Eclat ou 0,75 kg d’Emblem
- pour des graminées de trois à quatre feuilles et des dicotylédones de six feuilles en moyenne, on utilisera par exemple 0,75 l de Mikado ou Callisto, 0, 75 l de Milagro et 0,15 kg d’Eclat ou 1 kg d’Emblem.
Attention, Emblem a une ZNT de 20 m.

La réactivation

Lorsqu’un herbicide de pré levée est appliqué sur un sol sec, il n’a pas d’efficacité et les adventices peuvent très bien lever et se développer. Mais le retour des pluies, une bonne dizaine de mm dans les 15 jours qui suivent le traitement, remet en solution les substances actives qui alors peuvent détruire les adventices levées si elles ne sont pas trop développées : c’est la réactivation.
En 2007, cette réactivation a été spectaculaire. La réactivation est possible pour deux familles de substances actives : les acétamides et l’isoxaflutole. Les acétamides constituent les substances actives des « antigraminées » : s-métolachlore pour Dual Gold S.-Aliseo S., D-mtap pour Isard-Spectrum, acétochlore pour Trophée-Harness MT. L’isoxaflutole est la substance active de Merlin-Emerode et entre dans la composition de Lagon-Acajou-Boreal.
Une autre famille de substances actives, les tricétones (Mikado et Callisto) peut faire l’objet d’un phénomène proche de celui de la réactivation. Là, il s’agit d’un effet de persistance de l’activité antigerminative et racinaire de ces substances actives lorsque l’humidité du sol est continue à la faveur d’épisodes pluvieux répétées. Cette persistance ne peut se manifester que si la dose de tricétones est suffisamment élevée correspondant à au moins 0,75 l /ha de dose de produit commercial.
En 2007 cette réactivation et cette persistance ont été particulièrement bien observées pour des applications de Camix/Calibra associé à Lagon/Acajou appliqué sur sol sec où l’association d’un acétamide, de l’IFT et d’une tricétone ont bien réagi au contexte des pluies de fin avril début maI. Mais le même phénomène a été visible sur des associations Trophée/Harness MT+ Lagon/Acajou ou Isard/Spectrum + Lagon/Acajou.

L’évolution réglementaire

2008 est la dernière année d’utilisation possible de l’alachlore substance active présente dans de nombreux herbicides maïs et du diméthénamide présent dans Frontière/Syntaxe et dans Wing/Beloga. Au-delà de cette date aucune utilisation ne sera possible.


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