Prudente face à l’évolution de la production et de la consommation de produits laitiers, la FDCL du Jura mise sur les AOC, la régulation de leurs marchés et leur ancrage sur leurs territoires avec des acteurs économiques nombreux et dynamiques.
À l’instauration des quotas laitiers, en 1983, l’objectif était de trouver un équilibre offre-demande-prix, rappelle Alain Mathieu, le président de la fédération des coopératives laitières du Jura. La stabilité qui a marqué toutes ces années donne aujourd’hui un bilan plutôt positif. Mais, dans la perspective de suppression de ces mêmes quotas, la maîtrise et la régulation du marché restent à l’ordre du jour. » Elles sont même « inévitables », selon lui. La question n’est plus de s’opposer à la suppression des quotas mais de s’y préparer. Car les quotas empêcheraient l’Union européenne de répondre à l’accroissement de la consommation de produits laitiers (de 1,5 à 2% par an) et ce au bénéfice d’autres acteurs qui auraient accès à ce développement.
Cette perspective amène d’autres questions : les exploitations laitières françaises de transformation sont-elles structurées pour répondre à ces nouveaux marchés ? La Franche-Comté et plus particulièrement le Jura, riches de leurs AOC et de leur système coopératif, ne sont pas pour autant déconnectés de ces considérations continentales. Via les prix du beurre, de la poudre de lait et du lactosérum, elles subissent aussi les fluctuations de cours.
Prudence et adaptation
Le président souligne la particularité du système AOC et le souci de ses responsables de toujours adapter l’offre à la demande. « Après l’année que nous venons de vivre, nous voulons nous montrer prudents. Le redémarrage très rapide de la production laitière dans certaines régions provoque déjà quelques inquiétudes. La preuve avec la baisse du prix du lait « spot » qui est aujourd’hui à 220 euros/tonne. Les AOC veulent donc rester des filières dynamiques qui ouvrent la porte aux producteurs, mais pas plus vite que les marchés se développent ! » En déterminant le niveau de production par rapport aux espérances du marché, c’est donc un challenge permanent qui est relevé par les responsables de filières : « Ce n’est pas un choix d’opportunité, mais un choix de production sur le long terme, poursuit-il. Un choix qui, dans dix ans, devra donner satisfaction à ceux qui s’y sont engagés. Ce n’est pas facile car nous ne maîtrisons pas l’évolution de la consommation : comment le consommateur va-t-il réagir à des hausses de prix ? Je suis confiant car nous disposons de formidables fromages AOC et d’une intarissable volonté de recherche de l’excellence en matière de qualité et le consommateur ne s’y trompe pas ! »
Investir
Le projet de création d’un fonds d’investissement, lancé il y a quelques semaines par les FDCL du Doubs et du Jura, a pour objectif de mobiliser des moyens financiers importants. Pour ne pas subir des délocalisations, les producteurs veulent s’investir « pour garder les outils de production sur place ».
Une démarche pour ancrer la production sur un territoire, pour conserver tous les atouts d’un développement local facteur d’équilibre territorial.
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Dans quelques mois, la politique agricole commune va subir de profondes modifications, et en particulier un rééquilibrage des soutiens. Pensez-vous que l'agriculture du Jura va en sortir :





