Le Jura Agricole et Rural
«Conserver notre potentiel de production»
Bernard Lacour (Saône-et-Loire)
Jura agricole et rural
Publié le:  19 mars 2008
Page 11 

Bernard Lacour : « Nous devons conserver en Saône-et-Loire le potentiel de production, tout le potentiel de production, au risque de voir demain l’aval chercher ailleurs des garanties d’approvisionnement »

Secrétaire général de la FDSEA de Saône-et-Loire, Bernard Lacour précise la position départementale en faveur d’un recouplage des aides de la Pac.

En Saône-et-Loire, la profession est attachée à privilégier l’installation et le maintien d’une agriculture à taille humaine. Dans ce cadre, la perspective du découplage total s’avérerait désastreuse pour les régions intermédiaires comme la Saône-et-Loire et cela quelles que soient les productions.

Pour Bernard Lacour, « L’installation est avant tout un acte économique de production de biens ou de services. Pour notre agriculture, la perte de parts de marché signifie à terme son déclin ». Et le découplage est synonyme de pertes de marché potentielles… Un exemple ? « Si nous perdons en Saône-et-Loire 10 000 vaches allaitantes, le département s’affaiblit. En effet, si demain il y a 10 000 veaux en moins, cela aggrave nos problèmes car cela incitera alors l’Italie à aller chercher ailleurs la marchandise. C’est d’ailleurs ma principale crainte concernant le blocage actuel des exportations de broutards vers le marché italien : le risque est de voir ces derniers se détourner vers d’autres sources d’approvisionnement, ce serait alors la porte ouverte aux importations sud-américaines notamment… »

Un débat de société
Autre exemple, « si l’on perd de la production laitière en Saône-et-Loire, le marché des produits laitiers deviendra un peu plus dépendant encore des grandes régions européennes de production laitières, comme le grand ouest français. Ce qui engagerait une spirale baissière sans fin ». D’où la nécessité d’ancrer le plus possible les productions aux territoires. « Quelles que soient nos productions, nous devons conserver nos potentiels de production. C’est le meilleur moyen de sécuriser l’aval et l’installation et donc le dynamisme de notre profession ».

Et parce que « dans l’ensemble, les perspectives mondiales sont encourageantes pour l’agriculture, la réforme qui pourrait résulter du bilan de santé de la Pac est avant tout un débat de société : que veut-on faire de notre agriculture ? Que veut-on faire de nos territoires ? » Le débat sur la Pac impose « à nos élus de fixer des règles précises à l’OMC pour éviter les distorsions de concurrence. Il leur impose aussi d’accompagner l’agriculture dans nos zones intermédiaires, en lien avec l’aménagement des territoires ».


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