En 2007 le Réseau d’élevage de Franche-Comté a suivi 32 exploitations agricoles, pour la plupart en production laitière. Les participants au comité de pilotage du 7 mars dernier ont planché sur ce que pourrait être un pôle régional de recherche et développement au service de l'agriculture franc-comtoise.
Le comité de pilotage régional du réseau d’élevage pour le conseil et la prospective se tenait le 7 mars dernier au sanctuaire de Mont-Roland près de Dole dans le Jura. « Dans le contexte actuel, très fluctuant, on a besoin, nous les agriculteurs et tous ceux qui travaillent avec nous, de repères et de références pour nous permettre de garder le cap quand le vent ne cesse de tourner. Le réseau doit y répondre, à travers des problématiques diverses : temps de travail, fin des quotas… », expliquait Charles Schelle, agriculteur à Provenchère dans le Doubs, et président du comité de pilotage.
« Il est important dans l’intérêt des agriculteurs de mieux mutualiser les références produites par nos différents services. » C’est d’ailleurs autour de ce thème, après s’être vu présenter quelques exemples de partenariats fructueux entre réseau et OPA, que les participants ont été invités à réfléchir sur le contenu d’un futur pôle régional de « recherche et développement. »
Les ingénieurs réseau se sont auparavant succédé pour tirer le bilan d’activité de l’année écoulée. Le dispositif compte désormais 33 fermes, dont 20 alimentent la base nationale (socle bovin lait) en tant que « cas types » : montagne société, montagne individuel, plaine lait de foin et plaine lait d’ensilage maïs. Trois fermes suivies sont en agriculture biologique. C’est une équipe régionale forte de cinq ingénieurs départementaux qui assure le suivi de ces fermes, pour élaborer des références, des outils, ainsi que des simulations et des études destinées au conseil et à la prospective. Dans le Territoire de Belfort, c’est désormais Lysianne Philippe qui joue ce rôle.
Problématiques innovantes
Ce réseau de 33 fermes, coordonné au niveau régional par Anne-Marie Meudre, permet d’étudier de près des problématiques innovantes : diversification, production de lait à partir de foin en plaine, autonomie, salariat agricole, vente directe de viande… Des études thématiques viennent régulièrement nourrir la réflexion des professionnels. « En 2007, nous avons participé à la publication nationale ''Les leviers pour produire plus'', mais aussi travaillé sur la qualité de vie des éleveurs laitiers, le diagnostic mécanisation… », précise Marie-Christine Pioche, ingénieur réseau en Haute-Saône.
Le suivi a aussi permis l’élaboration de références : « Cas types 2006, repères techniques et économiques (zone des plateaux du Doubs) et également de saisir 26 fermes sur Diapason pour contribuer à la base de données nationale qui alimente les réflexions des décideurs : APCA, OPA nationales, gouvernement. ». Ce socle permet en effet de réaliser des simulations pour évaluer les coûts et les effets, dans le secteur de l’élevage bovin, des mesures en matière de politique agricole.
Une publication qui donne des repères sur la diversification en Franche-Comté a également vu le jour. Pour l’élevage ovin, le partenariat avec le réseau Ovin Est a permis l’édition de fiches astuces centrées sur le travail en bâtiment, le suivi FCO et la mesure des impacts de la hausse des cours de l’aliment…
Suppression des quotas laitiers
Également à l’actif du réseau, plusieurs études thématiques très actuelles : autonomie en protéines avec le CIGC pour répondre au souhait de ne pas recourir aux OGM, coût alimentaire, environnement avec des bilans planète, simulation des effets des changements climatiques sur les systèmes francs-comtois, etc. Quant à l’étude sur la qualité de vie en élevage laitier, elle a été valorisée dans une publication qui reprend trois cas concrets, des formations au ''bilan travail'' et des journées portes ouvertes départementales en 2008.
Matthieu Cassez, ingénieur réseau pour le département du Doubs a pour sa part présenté les perspectives 2008, et en particulier l’étude sur le thème de la suppression des quotas laitiers. Les objectifs de cette étude, en cours de rédaction, sont d’étudier les niveaux de rentabilité et d’attractivité des différents systèmes laitiers régionaux, et d’appréhender les évolutions possibles de ces systèmes en cas de suppression des quotas. Pour cela, des simulations sont faites sur des systèmes types. « Ces simulations seront complétées par une analyse macro-économique d’ici juin 2008 pour vérifier la capacité des entreprises de transformation à absorber les quantités de lait supplémentaire éventuellement produites. » Pour chaque système, à partir d’une situation initiale, différents scénarios sont envisagés pour produire plus : augmentation de la capacité du bâtiment d’élevage pour augmenter l’effectif laitier, intensification à l’animal, etc., et dans chaque cas de figure, les répercussions sur le revenu et le travail sont détaillées, sans oublier la sécurité fourragère.
Plusieurs hypothèses en matière de prix du lait sont également formulées. « Dans un système extensif de montagne, une augmentation de production de 46 000 litres entraînera une perte de revenu si l’investissement en bâtiment est supérieur à 1 100 euros par vache. »
La fin de la matinée a été consacrée aux échanges entre participants, d’abord en sous-groupes, puis tous ensemble, sur le contenu d’un pôle régional R&D au service de l’agriculture Franc-Comtoise. L’idée serait, face aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés les agriculteurs, de détecter les systèmes innovants, d’élaborer des références… « Des expériences fructueuses de collaboration entre organismes agricoles et réseau de ferme de références nous incitent à penser qu’il y a encore des marges de progrès en matière de mutualisation des données et des savoir-faire », a conclu Charles Schelle.
- Le plus jeune maire de France
- La formation est l'avenir de Madaga...
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- Bien concevoir sa bergerie
- Un dimanche à la ferme
- L’agriculture bio a désormais son s...
- Une énergie qui a le vent en poupe
- Prévenir les problèmes de pieds
- Bien choisir sa salle de traite
- Maïs : désherber en 2008
Dans quelques mois, la politique agricole commune va subir de profondes modifications, et en particulier un rééquilibrage des soutiens. Pensez-vous que l'agriculture du Jura va en sortir :





