Les agriculteurs s'engagent de plus en plus
Autonomie énergétique des exploitations
Jura agricole et rural
Publié le: 16 avril 2008
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François Cholat père, devant les panneaux photovoltaïques qui produisent chaque année 24 000 kwh d’électricité soit la consommation annuelle moyenne de dix familles françaises |
Tendre vers une autonomie énergétique pour les exploitations n’est pas une nouveauté pour le monde agricole. Cependant, depuis une décennie, l’augmentation des charges est plus que sensible et les agriculteurs se sont tournés vers les sources d’énergies nouvelles ou renouvelables. Avec cette faculté d’adaptation propre au monde rural, l’agriculture est aujourd’hui devenue un pionnier en la matière. Utilisation de la biomasse, du soleil, des déjections animales, du vent… tout est exploité ou en projet de l’être. La bonne image de l’agriculture auprès du grand public ne peut qu’en être renforcée.
Le terme « biomasse » désigne au sens large l'ensemble de la matière vivante. Depuis le premier choc pétrolier, ce concept s'applique aux produits organiques végétaux et animaux utilisés à des fins énergétiques ou agronomiques.
Les divers déchets ligneux constituent la biomasse sèche et sont également appelés « bois-énergie ». Les déchets organiques d'origine agricole (fumiers, lisiers…), agroalimentaire ou urbaine (déchets verts, boues d'épuration, fraction fermentescible des ordures ménagères…) constituent la biomasse humide, qui peut être transformée en énergie ou en engrais et amendement.
Une énergie dont la planète aura grand besoin dans les années à venir. Les ressources dites fossiles ne sont pas inépuisables et ne renouvellent pas. Par ailleurs, il faut impérativement réduire l’effet de serre. « Les pistes de solutions, dans ce contexte, sont simples : nous sauverons la planète en agissant sur l’agriculture et sylviculture, mais également en travaillant sur nos économies, et en favorisant les sauts technologiques. », explique Claude Roy, coordonnateur interministériel à la valorisation de la biomasse.
Les bioénergies font rêver, mais le potentiel est-il suffisant ? Oui, répond Wolfgang Palz, président Europe du Conseil mondial des énergies renouvelables à Bonn. « La bioénergie représente aujourd’hui 10 % de la consommation mondiale en énergie primaire qui est de l’ordre de 10 000 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Selon des analyses récentes, son potentiel global serait de 8 400 Mtep. Associée à des mesures fortes en économie d’énergie, cette bioénergie serait donc en principe à même de couvrir entièrement la demande énergétique de la planète ». L’intérêt récent de la biomasse est basé cependant sur son caractère d’énergie durable et domestique. « Mais elle a également ses atouts dans la lutte contre la pollution, notamment dans les villes, comme le montre l’exemple du bioéthanol . Le consultant Clean Edge a identifié un marché mondial de 15,7 milliards de dollars en 2005 pour le bioéthanol et le biodiesel et en prévoit un de 52,5 milliards en 2015 ».
Les divers déchets ligneux constituent la biomasse sèche et sont également appelés « bois-énergie ». Les déchets organiques d'origine agricole (fumiers, lisiers…), agroalimentaire ou urbaine (déchets verts, boues d'épuration, fraction fermentescible des ordures ménagères…) constituent la biomasse humide, qui peut être transformée en énergie ou en engrais et amendement.
Une énergie dont la planète aura grand besoin dans les années à venir. Les ressources dites fossiles ne sont pas inépuisables et ne renouvellent pas. Par ailleurs, il faut impérativement réduire l’effet de serre. « Les pistes de solutions, dans ce contexte, sont simples : nous sauverons la planète en agissant sur l’agriculture et sylviculture, mais également en travaillant sur nos économies, et en favorisant les sauts technologiques. », explique Claude Roy, coordonnateur interministériel à la valorisation de la biomasse.
Les bioénergies font rêver, mais le potentiel est-il suffisant ? Oui, répond Wolfgang Palz, président Europe du Conseil mondial des énergies renouvelables à Bonn. « La bioénergie représente aujourd’hui 10 % de la consommation mondiale en énergie primaire qui est de l’ordre de 10 000 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Selon des analyses récentes, son potentiel global serait de 8 400 Mtep. Associée à des mesures fortes en économie d’énergie, cette bioénergie serait donc en principe à même de couvrir entièrement la demande énergétique de la planète ». L’intérêt récent de la biomasse est basé cependant sur son caractère d’énergie durable et domestique. « Mais elle a également ses atouts dans la lutte contre la pollution, notamment dans les villes, comme le montre l’exemple du bioéthanol . Le consultant Clean Edge a identifié un marché mondial de 15,7 milliards de dollars en 2005 pour le bioéthanol et le biodiesel et en prévoit un de 52,5 milliards en 2015 ».
Une nouvelle dynamique pour l’agriculture
« La biomasse n’est pas la panacée pour résoudre tous les défis de notre société : agricole, énergétique, environnementaux. Mais elle apporte des réponses nouvelles et d’avenir pour chacun de ces domaines », rappelait Dominique Bussereau lors d’un colloque qui s’est tenu au Sénat en avril 2007, sur ce thème.
« La biomasse n’est pas la panacée pour résoudre tous les défis de notre société : agricole, énergétique, environnementaux. Mais elle apporte des réponses nouvelles et d’avenir pour chacun de ces domaines », rappelait Dominique Bussereau lors d’un colloque qui s’est tenu au Sénat en avril 2007, sur ce thème.
Michèle Pappalardo, alors présidente de l’Ademe, détaillait le potentiel de la biomasse en France. « La biomasse est un levier majeur de la stratégie nationale d’indépendance énergétique, car elle peut se substituer à l’énergie fossile. La biomasse – qui représente 3,5 % du bilan énergétique national - doit aujourd’hui être considérée à sa juste hauteur. Elle peut être tirée des 15 millions d’hectares de forêt française, étant précisé que 40 % de l’accroissement biologique de cette forêt n’est pas aujourd’hui exploité. La biomasse pourrait également provenir de l’agriculture, sachant que 5 millions d’hectares sont consacrés soit aux jachères, soit aux cultures exportées. Les experts évaluent à environ 40 Mtep la ressource valorisable en énergie, dont 10 millions sont utilisés. D’où la nécessité de travailler à une meilleure valorisation des ressources en biomasse du territoire hexagonal ». D’ores et déjà, un objectif a été fixé, visant à porter à 21 % la consommation d’électricité d’origine renouvelable. « Cette consommation n’étant que de 14 % actuellement, sachant que la biomasse pourrait en représenter une part non négligeable. Le Gouvernement a également l’ambition d’augmenter de 50 % la part des énergies renouvelables thermiques d’ici 2010, dont une partie, là aussi, pourrait venir de la biomasse.
Trois formes énergétiques
Concernant la chaleur, tout d’abord, des technologies modernes et performantes ont été développées pour permettre l’utilisation du bois sous forme de chaleur, grâce notamment au label Flamme verte. « Ce label a été développé conjointement entre l’Ademe, les constructeurs et les professionnels de la filière bois-énergie. Les nouveaux équipements permettent d’utiliser moins de bois, mais aussi de réduire les émissions de polluants liées à la combustion du bois et de la biomasse ». S’agissant des bio-carburants : « dès 2008, les cultures énergétiques devraient entrer en concurrence avec les cultures alimentaires. Au regard de l’objectif ambitieux de production de 3 millions de tep, il faudra sans doute travailler à la valorisation de la plante entière. Pour ce qui est de l’électricité renouvelable, la production d’origine éolienne devrait représenter une part plus importante que la biomasse dans la production d’électricité renouvelable. S’agissant de la biomasse, un objectif ambitieux a été fixé, visant à passer de 200 à 400 MWh installés (cet objectif étant en cours de révision). La cogénération est sans doute la meilleure voie pour valoriser cette ressource », conclut Michèle Pappalardo. Nous sommes à l’avènement de la bio-économie, aime à dire Claude Roy. « La biomasse est un univers complexe et extrêmement divers, au regard notamment de la diversité des produits et des acteurs. Les débouchés sont nombreux. La biomasse présente de nombreux avantages (environnemental, agricole, économique). Elle dispose donc de l’ensemble des atouts nécessaires pour constituer une bio-économie à part entière, aux côtés de l’économie pétrolière, géothermique et nucléaire ». Et Claude Roy de conclure : « à l’évidence, nous apprenons aujourd’hui à puiser dans le passé des références que nous transformons avec les outils actuels, pour construire le futur. La valorisation de la biomasse relève du bon sens. Cette démarche, qui permet de préparer un futur collectif, s’inscrit dans les territoires pour mieux les valoriser, tout en respectant l’environnement ».
Concernant la chaleur, tout d’abord, des technologies modernes et performantes ont été développées pour permettre l’utilisation du bois sous forme de chaleur, grâce notamment au label Flamme verte. « Ce label a été développé conjointement entre l’Ademe, les constructeurs et les professionnels de la filière bois-énergie. Les nouveaux équipements permettent d’utiliser moins de bois, mais aussi de réduire les émissions de polluants liées à la combustion du bois et de la biomasse ». S’agissant des bio-carburants : « dès 2008, les cultures énergétiques devraient entrer en concurrence avec les cultures alimentaires. Au regard de l’objectif ambitieux de production de 3 millions de tep, il faudra sans doute travailler à la valorisation de la plante entière. Pour ce qui est de l’électricité renouvelable, la production d’origine éolienne devrait représenter une part plus importante que la biomasse dans la production d’électricité renouvelable. S’agissant de la biomasse, un objectif ambitieux a été fixé, visant à passer de 200 à 400 MWh installés (cet objectif étant en cours de révision). La cogénération est sans doute la meilleure voie pour valoriser cette ressource », conclut Michèle Pappalardo. Nous sommes à l’avènement de la bio-économie, aime à dire Claude Roy. « La biomasse est un univers complexe et extrêmement divers, au regard notamment de la diversité des produits et des acteurs. Les débouchés sont nombreux. La biomasse présente de nombreux avantages (environnemental, agricole, économique). Elle dispose donc de l’ensemble des atouts nécessaires pour constituer une bio-économie à part entière, aux côtés de l’économie pétrolière, géothermique et nucléaire ». Et Claude Roy de conclure : « à l’évidence, nous apprenons aujourd’hui à puiser dans le passé des références que nous transformons avec les outils actuels, pour construire le futur. La valorisation de la biomasse relève du bon sens. Cette démarche, qui permet de préparer un futur collectif, s’inscrit dans les territoires pour mieux les valoriser, tout en respectant l’environnement ».
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