Le Jura Agricole et Rural
Ils réinventent l'eau chaude…
Panneaux solaires
Jura agricole et rural
Publié le:  16 avril 2008
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Maurice François, devant la maison familiale dont le toit est équipé de panneaux thermiques et qui, bientôt, recevra aussi des panneaux photovoltaïques

Nos toits accueillent des panneaux solaires soit pour produire de l’eau chaude, soit pour produire de l’électricité. Les uns comme les autres apportent leur pierre aux économies d’énergies fossiles, renforcent notre autonomie énergétique et nous évitent de larguer dans l’atmosphère des tonnes de gaz carbonique.

Signes des temps, nos toits se couvrent de paraboles et de panneaux solaires. Désormais, la moindre surface exposée au soleil se pare de capteurs pour canaliser cette colossale énergie venue du ciel et trop longtemps négligée. Mais attention ! Tous les panneaux solaires ne se valent pas. Pour s’y retrouver sachez qu’il en existe deux types : les panneaux solaires thermiques qui captent les rayons du soleil et chauffent l’eau utilisée pour les besoins sanitaires ou en chauffage d’une habitation et les panneaux photovoltaïques qui produisent de l’électricité vendue à Edf.
 
Monsieur « Trouvetout »
Question autonomie énergétique, Maurice François en connaît un rayon. En 1980 déjà, cet agriculteur de l’Isère un peu professeur « Trouvetout », monte une centrale de méthanisation à partir de lisier de porcs qui lui permet d’assurer le chauffage et ses besoins en eau chaude et de vendre de l’électricité à EDF. Des chercheurs et des élèves ingénieurs viennent voir cette installation pilote qui produisait, aux pieds de l’emblématique centrale nucléaire de Crey-Malville, jusqu’à quatre mètres cubes à l’heure de méthane ! « Un régal technique et intellectuel », se souvient Maurice. Après 20 ans de bons et loyaux services, l’installation demandait à être rénovée. Il fallait 30 000 euros d’investissements et charrier le lisier. à presque 80 ans, ce n’était plus raisonnable.
 
Pourtant, le génie de l’invention obsède toujours Maurice François. Sur le toit de sa maison qui regarde le midi, 26 mètres carrés de panneaux solaires assurent les besoins en chauffage et en eau chaude de deux familles. 14 000 euros d’investissements pour 10 000 euros d’aides diverses et une chaudière au gaz qui prend le relais les jours de brouillard. Mais qu’un rayon de soleil se montre et, même au cœur de l’hiver, tout repart. Idéalement, concède Maurice, « il faudrait un chauffage au sol. Là, le rendement serait de 80 % ». Dans quelques jours, à côté des panneaux thermiques, le toit de Maurice François accueillera de nouveaux capteurs. Cette fois, il s’agit de panneaux photovoltaïques, ceux à partir desquels on produit de l’électricité. Le devis est chiffré et le projet au bureau d’étude : 25 mètres carrés de surface photovoltaïque pour produire 3 000 kwh par an vendus 0,57 ? le kWh à EDF. 1 700 euros de vente d’électricité pour un investissement de 26 000 euros sur lequel, Maurice François espère 9 000 euros d’aides diverses et un retour sur investissement calculé sur dix ans.
 
Une entreprise branchée nature…
Toujours en Isère, à Morestel, l’entreprise d’aliments du bétail « Le Père François » a installé sur la pente exposée au sud de l’un de ses hangars, 210 mètres carrés de panneaux photovoltaïques. François Cholat père, l’un des patrons de l’entreprise, place plus cette réalisation sur le plan de l’image que souhaite donner d’elle l’entreprise familiale que sur des considérations comptables. Le message qui s’étale sur le toit exposé à la vue de tous, indique la proximité de l’entreprise avec la nature et l’énergie qu’elle nous transmet sans compter. Comme pour les aliments qu’elle fabrique et auxquels elle associe les vertus de la phytothérapie, l’entreprise se montre « branchée nature » et veut le faire savoir. Le reste n’est que questions techniques. Comme pour un particulier, l’électricité produite ici est vendue à EDF 0,57 euro le kWh dans le cadre d’un contrat de 20 ans, ce qui correspond, selon le constructeur, à l’espérance de vie des panneaux. L’entreprise prévoit de vendre une production annuelle de 24 000 kwh soit un produit de 13 600 euros par an pour un investissement de 140 000 euros et un amortissement étalé sur une douzaine d’années. La production d’électricité suit le temps qu’il fait.
 
En août 2007, les panneaux ont fourni 2 642 kwh, en octobre 1 511, seulement 650 en décembre, mais 1 480 en février 2008, mois reconnu comme très ensoleillé. Sur un écran d’informations, les chiffres s’affichent : en huit mois, 16 456 kwh ont été produits et ont permis d’éviter de larguer dans l’atmosphère 1,6 tonne de CO2. Avec ses panneaux photovoltaïques, « Le Père François » épouse la nature et lui rend un peu ce qu’elle donne aux générations de François Cholat qui, depuis 1877, se succèdent à la tête d’un moulin dont les meules étaient jadis actionnées par la force du courant de la Save. Il est encore des entreprises qui se souviennent d’où elles viennent et remercient, comme elles peuvent, le soleil et la terre de tant de générosité.


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