Le Jura Agricole et Rural
Changement brutal de conjoncture
Filière ovine horizon 2008
Jura agricole et rural
Publié le:  16 avril 2008
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L’année 2007 s’achève avec un sévère retournement de conjoncture pour l’ensemble des élevages et, plus particulièrement, pour l’élevage ovin. La marge de cet atelier dégringole.

Face à l’augmentation des charges, le Réseau d’élevage ovin s’interroge sur les résultats économiques des différents ateliers que l’on peut rencontrer dans nos régions. Depuis le printemps 2007, le prix des céréales et des co-produits a plus que doublé (+ 125 %). En répercussion, les aliments agneaux et brebis ont augmenté de 40 à 45 %. Parallèlement, le prix des engrais n’échappe pas à la règle : + 27 % pour l’azote, + 50 % pour le phosphore et + 12 % pour la potasse.
Flambée du prix des intrants
Malgré le recul de la consommation, le prix de l’agneau, attendu à la baisse, se maintient. La fin de la campagne 2007 et le début de la campagne 2008 ont vu le prix de l’agneau d’herbe et de l’agneau de bergerie au même niveau et atteindre 4,85 eros le kilo en moyenne sur toutes les régions Est (source : Réseaux ovins Est).
Stagnation des prix de marché
Résultat, les marges s’écroulent : les simulations, réalisées à partir de cinq cas types du Grand Est, montrent un effondrement des marges d’atelier ovin de 10 à 43 %. Les systèmes « d’agneaux de bergerie » sont les plus pénalisés car plus consommateurs d’intrants (concentré) et plus « chargés » (moins autonomes sur les surfaces). Les ateliers hors-sol champenois perdent même de l’argent ce qui compromet fortement leur avenir. À l’opposé, le système « d’agneaux d’herbe », moins gourmand en intrants voit la baisse de sa marge limitée.
Au niveau du produit, seule une augmentation du prix de marché de 0,40 euro à plus d’1 euro par kilo de viande pourrait combler la perte de marge brute. Au niveau des charges, les pistes d’amélioration sont différentes en fonction du système dans lequel on se place.
Dans les systèmes « agneaux de bergerie », le poste concentré représente plus de 70 % des charges totales de l’atelier, c’est donc à ce niveau qu’il faut travailler. En effet, les quantités de concentrés distribuées doivent être ajustées aux besoins de l’animal (préparation à l’agnelage, lactation, entretien) afin de limiter les gaspillages. Dans les systèmes « agneaux d’herbe », c’est la maîtrise du pâturage (parasitisme, chargement, pousse de l’herbe) qui permettra de limiter le poste concentrés.
Comment réagir ?
Enfin, dans les deux systèmes, la productivité pondérale (kg d’agneaux produits /brebis) reste un des leviers à actionner pour absorber la baisse de marge brute. Il existe à ce niveau une marge de progrès importante pour un grand nombre d’éleveurs. Plus que jamais, les performances techniques de la troupe et, notamment celles de la reproduction, sont primordiales. Dans le contexte actuel, seule la maîtrise technique reste payante, laissant les troupeaux les moins performants dans un avenir incertain.


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