Barnier propose une «initiative européenne de sécurité alimentaire»
Émeutes de la faim au Sud
Jura agricole et rural
Publié le: 23 avril 2008
Page 12
En marge du Conseil Agriculture de Luxembourg, le ministre français de l’Agriculture a proposé une « initiative européenne de sécurité alimentaire » afin de remédier aux graves pénuries alimentaires qui menacent des millions de personnes au Sud.
Evoqué une première fois lors de la séance au Sénat des questions d’actualité au Gouvernement par Michel Barnier, le 10 avril, le ministre français a de nouveau présenté la proposition française « pour une initiative européenne de sécurité alimentaire » à ses homologues européens, à Luxembourg, le 14 avril, en marge du Conseil Agriculture.
« L’heure est grave », a-t-il déclaré, rappelant que la hausse mondiale des cours des matières premières et des prix alimentaires provoque des émeutes de la faim sanglantes dans les pays les plus pauvres de la planète (Egypte, Mauritanie, Bolivie, Indonésie…), menaçant dans le même temps la paix civile dans ces régions.
« L’heure est grave », a-t-il déclaré, rappelant que la hausse mondiale des cours des matières premières et des prix alimentaires provoque des émeutes de la faim sanglantes dans les pays les plus pauvres de la planète (Egypte, Mauritanie, Bolivie, Indonésie…), menaçant dans le même temps la paix civile dans ces régions.
La flambée des prix des céréales notamment est due essentiellement aux aléas climatiques de ces dernières années, à la baisse des stocks mondiaux et à la croissance de la demande dans les pays émergents comme l’Inde ou la Chine, dont les populations mangent de plus en plus de viandes, selon la FAO. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture pointe également les rôles de la spéculation sur les matières premières agricoles, devenues des valeurs refuge à la suite de la crise des subprimes, et du développement des biocarburants, particulièrement aux Etats-Unis.
Selon Michel Barnier, l’ensemble de ses homologues européens, et en premier lieu l’Allemagne et l’Italie, soutient le projet de la France dont le gouvernement devrait remettre des propositions, pour remédier à ces problèmes, « avant l’été ». Une note interne de l’ONU, publiée dans le quotidien du soir Le Monde, indique qu’« une des inquiétudes majeures est la possibilité que l’ensemble du système d’aide alimentaire d’urgence soit incapable de faire face » à la faim dans le monde. La hausse des prix agricoles et alimentaires pourrait être
« structurelle » et non ponctuelle, précise la note, menaçant d’« insécurité alimentaire » les pays les plus pauvres, soit des millions de personnes.
« structurelle » et non ponctuelle, précise la note, menaçant d’« insécurité alimentaire » les pays les plus pauvres, soit des millions de personnes.
Abonder le PAM
La France avance donc quatre orientations pour pallier à la catastrophe humanitaire redoutée. Il s’agit d’abord pour l’Europe de « produire pour nourrir », soulignant que cette priorité n’est pas en contradiction avec les objectifs sur les biocarburants. Il a été décidé 7 % d’incorporation de carburants verts d’ici à 2012, ce qui laisse 93 % de la surface agricole utile pour l’alimentation. « L’Europe fait un choix stratégique pour l’alimentation, et raisonnable pour les biocarburants », estime Michel Barnier.
La France avance donc quatre orientations pour pallier à la catastrophe humanitaire redoutée. Il s’agit d’abord pour l’Europe de « produire pour nourrir », soulignant que cette priorité n’est pas en contradiction avec les objectifs sur les biocarburants. Il a été décidé 7 % d’incorporation de carburants verts d’ici à 2012, ce qui laisse 93 % de la surface agricole utile pour l’alimentation. « L’Europe fait un choix stratégique pour l’alimentation, et raisonnable pour les biocarburants », estime Michel Barnier.
La France propose ensuite aux Etats membres d’abonder d’urgence le Programme Alimentaire Mondial (PAM) auquel il manque entre 500 à 600 millions d’euros.
Puis, elle propose de réorienter les programmes d’aide au développement vers l’agriculture, de partager et mutualiser l’expertise avec les pays les moins avancés pour favoriser une véritable autonomie agricole. Le ministre français a plaidé aussi pour que ces pays disposent d’outils de gestion de crise.
Puis, elle propose de réorienter les programmes d’aide au développement vers l’agriculture, de partager et mutualiser l’expertise avec les pays les moins avancés pour favoriser une véritable autonomie agricole. Le ministre français a plaidé aussi pour que ces pays disposent d’outils de gestion de crise.
Enfin, cette initiative européenne doit permettre d’empêcher la conclusion d’un accord déséquilibré à l’OMC dont « les pays les plus pauvres seraient les premières victimes ».
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