Les agriculteurs tendent la main aux collectivités
Chambre d'agriculture et bois-énergie
Jura agricole et rural
Publié le: 07 mai 2008
Page 5
La chambre d’agriculture a consacré une grande partie de sa session décentralisée au thème du bois énergie.
La session de printemps de la chambre d’agriculture s’est tenue le 24 avril à Arinthod. C’est à Jocelyne Favier, vice-présidente de la chambre d’agriculture et présidente du Pays des lacs et petite montagne que revenait la tache de présenter l’agriculture de la petite région. Dominique Chalumeaux, président de la chambre d’agriculture s’est ensuite adressé au nouveau président du conseil général, retraçant quelques moments forts de la carrière de Jean Raquin au sein de la chambre consulaire entre 1963 et 1992.
Pour cette session, tous les projecteurs se sont braqués sur la forêt et le bois énergie. Quels partenariats sont possibles entre agriculteurs et collectivités ? Un sujet plusieurs fois débattu dans diverses réunions mais qui a rencontré un bon écho chez les membres de la chambre d’agriculture et les élus venus nombreux. Les intervenants (Ajena, Trame) se sont succédé pour dresser un état des lieux de la filière. La chambre d’agriculture a affirmé sa volonté politique d’être présente sur ce dossier. Enfin les projets de Saint-Julien et d’Arinthod ont apporté une parfaite illustration aux propos de la matinée.
Un vaste chantier
L’agriculture peut devenir un maillon déterminant dans la filière Bois énergie car elle est présente sur tout le territoire, au plus près des besoins des élus et des particuliers. Mais l’ambition est plus vaste qu’il n’y paraît et le dossier bois-énergie ne sera pas l’arbre qui cache la forêt. « La chambre d’agriculture travaille à la mise en place de nouveaux partenariats entre le monde agricole et les élus des collectivités dans les domaines fonciers, économiques, environnementaux, agro-alimentaires et énergétiques. Les groupes de développement, les Cuma s’y emploient aussi. Nous avons besoin de réseaux locaux dynamiques et actifs pour trouver des complémentarités entre le monde rural et le monde urbain, pour valoriser notre économie départementale. Nous viendrons à la rencontre des collectivités et nous leur ferons des propositions concrètes », annonce le président Chalumeaux qui se félicite par ailleurs de l’initiative du préfet concernant la mise en place d’une charte Agriculture-Urbanisme-Territoire entre tous les acteurs de l’aménagement.
L’agriculture peut devenir un maillon déterminant dans la filière Bois énergie car elle est présente sur tout le territoire, au plus près des besoins des élus et des particuliers. Mais l’ambition est plus vaste qu’il n’y paraît et le dossier bois-énergie ne sera pas l’arbre qui cache la forêt. « La chambre d’agriculture travaille à la mise en place de nouveaux partenariats entre le monde agricole et les élus des collectivités dans les domaines fonciers, économiques, environnementaux, agro-alimentaires et énergétiques. Les groupes de développement, les Cuma s’y emploient aussi. Nous avons besoin de réseaux locaux dynamiques et actifs pour trouver des complémentarités entre le monde rural et le monde urbain, pour valoriser notre économie départementale. Nous viendrons à la rencontre des collectivités et nous leur ferons des propositions concrètes », annonce le président Chalumeaux qui se félicite par ailleurs de l’initiative du préfet concernant la mise en place d’une charte Agriculture-Urbanisme-Territoire entre tous les acteurs de l’aménagement.
Graves crises alimentaires
Dans son discours sur l’actualité, le président de la chambre d’agriculture ne pouvait passer sous silence les graves crises alimentaires et sociales qui secouent une partie du monde. « Lorsque les prix mondiaux sont bas, c’est une catastrophe pour les paysans des pays pauvres ; lorsqu’ils sont élevés c’en est une pour les citadins des mêmes pays. C’est dire l’urgence à résoudre ces crises structurelles. La paix commence quand chacun a de quoi se nourrir correctement.» Et de conclure en précisant « que la hausse des prix est un facteur favorable à la production de produits alimentaires. C’est sa brutalité, souvent issue de la spéculation qui est dangereuse.» La session s’est terminée par l’intervention de Jean Raquin, appelant les éleveurs et les Jurassiens à défendre un laboratoire d’analyse départemental qui fasse partie intégrante du pôle agroalimentaire de Poligny. Le préfet Christian Rouyer a quant à lui rappelé les enjeux d’une démarche partenariale de l’aménagement, « une approche pragmatique pour ne pas arbitrer au coup par coup entre commune, agriculteur et particulier ».
Au fil des débats:
•15% des forêts privées appartiennent à des agriculteurs.
• Les haies et les tailles de bord de route sont également une ressource forestière à exploiter(1 km de haie équivaut à 10 000 litres de fuel) mais comment conserver leur rôle de coupe-vent et d'abri pour la faune ?
• Un constat : les forêts domaniales ne s'impliquent pas dans la production de bois énergie.
• L’accroissement biologique annuel de la forêt est de 100 millions de m3. 60 millions de m3 sont exploités chaque année, ce qui laisse un potentiel de 20 millions de m3 à valoriser.
• L'exploitation du bois doit être réfléchie pour ne pas dégrader les paysages par des coupes blanches et respecter les principes posés par le Grenelle de l’environnement et les Assises de la forêt.
• Les communautés de communes sont tenues de lancer des appels d’offres avant de passer un contrat d’approvisionnement en plaquettes.
Tout pour réussir
Dans son discours sur l’actualité, le président de la chambre d’agriculture ne pouvait passer sous silence les graves crises alimentaires et sociales qui secouent une partie du monde. « Lorsque les prix mondiaux sont bas, c’est une catastrophe pour les paysans des pays pauvres ; lorsqu’ils sont élevés c’en est une pour les citadins des mêmes pays. C’est dire l’urgence à résoudre ces crises structurelles. La paix commence quand chacun a de quoi se nourrir correctement.» Et de conclure en précisant « que la hausse des prix est un facteur favorable à la production de produits alimentaires. C’est sa brutalité, souvent issue de la spéculation qui est dangereuse.» La session s’est terminée par l’intervention de Jean Raquin, appelant les éleveurs et les Jurassiens à défendre un laboratoire d’analyse départemental qui fasse partie intégrante du pôle agroalimentaire de Poligny. Le préfet Christian Rouyer a quant à lui rappelé les enjeux d’une démarche partenariale de l’aménagement, « une approche pragmatique pour ne pas arbitrer au coup par coup entre commune, agriculteur et particulier ».
Au fil des débats:
•15% des forêts privées appartiennent à des agriculteurs.
• Les haies et les tailles de bord de route sont également une ressource forestière à exploiter(1 km de haie équivaut à 10 000 litres de fuel) mais comment conserver leur rôle de coupe-vent et d'abri pour la faune ?
• Un constat : les forêts domaniales ne s'impliquent pas dans la production de bois énergie.
• L’accroissement biologique annuel de la forêt est de 100 millions de m3. 60 millions de m3 sont exploités chaque année, ce qui laisse un potentiel de 20 millions de m3 à valoriser.
• L'exploitation du bois doit être réfléchie pour ne pas dégrader les paysages par des coupes blanches et respecter les principes posés par le Grenelle de l’environnement et les Assises de la forêt.
• Les communautés de communes sont tenues de lancer des appels d’offres avant de passer un contrat d’approvisionnement en plaquettes.
Tout pour réussir
Jean-Michel Bourg, administrateur au CRPF, en charge du projet Bois énergie : « Un projet de centrale de cogénération (électricité) par Solvay nécessiterait 280 000 tonnes de bio-
masse dont la moitié serait prélevée en forêt, ce qui risque de détourner
l’utilisation des ressources.
Nous devons donner la priorité à la coopération locale qui réunit l’offre et la demande, et opter pour un développement qui développe l’emploi local et rural. Créer des plateformes territoriales de stockage du bois énergie, optimiser le transport...
Nous avons la ressource et des agriculteurs prêts à s’engager. Tout pour réussir !»
masse dont la moitié serait prélevée en forêt, ce qui risque de détourner
l’utilisation des ressources.
Nous devons donner la priorité à la coopération locale qui réunit l’offre et la demande, et opter pour un développement qui développe l’emploi local et rural. Créer des plateformes territoriales de stockage du bois énergie, optimiser le transport...
Nous avons la ressource et des agriculteurs prêts à s’engager. Tout pour réussir !»
Du projet à la réalisation
Pour répondre à l’appel d'offres de la commune de Saint-Julien (chaufferie du groupe scolaire) Joël Antoine de Montfleur et trois autres agriculteurs ont décidé de créer une association de production de bois déchiqueté, Val’Bois Pays lacs et petite montagne. Son objectif est également de promouvoir le bois énergie. « Nous recherchons un partenariat gagnant-gagnant avec les collectivités . Nous générons une plus-value locale, nous maintenons de l'emploi et des paysages », argumente Joël Antoine.
Avec un engagement de 300 m3 de plaquettes (soit 100 m3 de bois), le retour financier est faible. Il faut élargir le marché si l’on veut générer un complément de ressources pour les agriculteurs et rentabiliser les investissements (déchiqueteuse). Le projet de chaufferie collective et de réseau de chaleur à Arinthod est une opportunité à saisir : au total 14 bâtiments (2 100 KWatt) appartenant à la commune, à la Communauté de communes et à quelques particuliers seront chauffés par l’énergie bois couplée par sécurité avec une chaudière au fuel. Mais l’association Val’bois ne pourra pas à elle seule répondre aux besoins en plaquettes (3 000 m3).
Le développement d'une filière bois énergie est à réfléchir en lien avec la chambre d’agriculture assez rapidement car le foyer d'accueil pour personnes âgées devrait accueillir les premiers résidents dès cet automne.
Délibérations
Les chambres d’agriculture du Jura, du Doubs-Territoire de Belfort vont créer une structure unique, l’OIER (organisme inter-établissement du réseau) permettant d’atteindre le seuil requis pour l’agrément de l’EDE (100 000 femelles reproductrices, toutes espèces confondues) Une délibération a été adoptée concernant la fusion de l’Adasea avec la chambre d’agriculture suite notamment à une diminution des financements publics. Plus d’une trentaine d’Adasea ont déjà fait ce choix.
Téléprocédures
L’opération de déclaration Pac 2008 conduite par la chambre d’agriculture aura permis de
réaliser 135 dossiers avec «mesp@rcelles»
PMBE
Le nouveau plan de modernisation des bâtiments d’élevage est sur les rails et la chambre d’agriculture espère malgré les nouvelles contraintes (permis de construire et étude des capacités de stockage), atteindre 50 dossiers sur les deux prochains appels à candidature. Le volet «effluent» va permettre de mettre aux normes des élevages qui n’avaient pas accès aux précédents programmes. Le dispositif s’ouvre aux jeunes agriculteurs dans tout le département.
FCO
Concernant la vaccination des broutards à l’export vers l’Italie, seulement 400 doses sont arrivées fin mars pour 1 920 demandes. La chambre d’agriculture avec l’EDE et le GDS ont demandé un «rééquilibrage de la distribution». 80 000 à 100 000 doses devraient arriver dans le Jura d’ici le mois de juin. Un véritable contre la montre va s’engager : « il faut réussir une vaccination de masse, sans esprit "boutiquier". J’insiste pour que les éleveurs puissent réaliser cette vaccination compte tenu de l’impact économique», déclare Dominique Chalumeaux. Vaccination par le vétérinaire ou par l’éleveur dans le cadre d’un protocole de soin.
OGM
Yves Camuset : «Le débat sur les OGM porte sur les enjeux de la maîtrise de la semence et le monopole exercé par une société. Il ne faut pas empêcher les entreprises françaises de faire de la recherche».
Actualité
Frédéric Perrot : « L’agriculture est en train de reprendre toute sa place. L’agriculteur redevient quelqu’un de très fréquentable et d’indispensable pour nourrir le monde et pour la paix sociale. »
«Le débat actuel sur le financement de la politique de l’herbe est très important. Nous devons lui donner une dynamique économique et ne pas en faire qu’un volet environnemental».
« Le prix des intrants est en train d’exploser et bouleverse la trésorerie des exploitations ».
Avec un engagement de 300 m3 de plaquettes (soit 100 m3 de bois), le retour financier est faible. Il faut élargir le marché si l’on veut générer un complément de ressources pour les agriculteurs et rentabiliser les investissements (déchiqueteuse). Le projet de chaufferie collective et de réseau de chaleur à Arinthod est une opportunité à saisir : au total 14 bâtiments (2 100 KWatt) appartenant à la commune, à la Communauté de communes et à quelques particuliers seront chauffés par l’énergie bois couplée par sécurité avec une chaudière au fuel. Mais l’association Val’bois ne pourra pas à elle seule répondre aux besoins en plaquettes (3 000 m3).
Le développement d'une filière bois énergie est à réfléchir en lien avec la chambre d’agriculture assez rapidement car le foyer d'accueil pour personnes âgées devrait accueillir les premiers résidents dès cet automne.
Délibérations
Les chambres d’agriculture du Jura, du Doubs-Territoire de Belfort vont créer une structure unique, l’OIER (organisme inter-établissement du réseau) permettant d’atteindre le seuil requis pour l’agrément de l’EDE (100 000 femelles reproductrices, toutes espèces confondues) Une délibération a été adoptée concernant la fusion de l’Adasea avec la chambre d’agriculture suite notamment à une diminution des financements publics. Plus d’une trentaine d’Adasea ont déjà fait ce choix.
Téléprocédures
L’opération de déclaration Pac 2008 conduite par la chambre d’agriculture aura permis de
réaliser 135 dossiers avec «mesp@rcelles»
PMBE
Le nouveau plan de modernisation des bâtiments d’élevage est sur les rails et la chambre d’agriculture espère malgré les nouvelles contraintes (permis de construire et étude des capacités de stockage), atteindre 50 dossiers sur les deux prochains appels à candidature. Le volet «effluent» va permettre de mettre aux normes des élevages qui n’avaient pas accès aux précédents programmes. Le dispositif s’ouvre aux jeunes agriculteurs dans tout le département.
FCO
Concernant la vaccination des broutards à l’export vers l’Italie, seulement 400 doses sont arrivées fin mars pour 1 920 demandes. La chambre d’agriculture avec l’EDE et le GDS ont demandé un «rééquilibrage de la distribution». 80 000 à 100 000 doses devraient arriver dans le Jura d’ici le mois de juin. Un véritable contre la montre va s’engager : « il faut réussir une vaccination de masse, sans esprit "boutiquier". J’insiste pour que les éleveurs puissent réaliser cette vaccination compte tenu de l’impact économique», déclare Dominique Chalumeaux. Vaccination par le vétérinaire ou par l’éleveur dans le cadre d’un protocole de soin.
OGM
Yves Camuset : «Le débat sur les OGM porte sur les enjeux de la maîtrise de la semence et le monopole exercé par une société. Il ne faut pas empêcher les entreprises françaises de faire de la recherche».
Actualité
Frédéric Perrot : « L’agriculture est en train de reprendre toute sa place. L’agriculteur redevient quelqu’un de très fréquentable et d’indispensable pour nourrir le monde et pour la paix sociale. »
«Le débat actuel sur le financement de la politique de l’herbe est très important. Nous devons lui donner une dynamique économique et ne pas en faire qu’un volet environnemental».
« Le prix des intrants est en train d’exploser et bouleverse la trésorerie des exploitations ».
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