Le Jura Agricole et Rural
La formation est l'avenir de Madagascar
AFDI Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  07 mai 2008
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À Madagascar, un kilo de riz coûte 50 centimes d’euros, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire est de moins de 1 euro par jour. La flambée des cours des céréales a provoqué un electrochoc et l’agriculture redevient un enjeu majeur pour la planète.
Une raison de plus pour soutenir l’action d’«Agriculteurs français et développement international», et aider les pays les plus pauvres à construire leurs filières agricoles. Exemple avec AFDI Jura.

Cette année, Serge Merison, animateur au Cercle départemental des agriculteurs malgaches de Manjakandriana, a fait le voyage seul. Les responsables du CDAM ont préféré consacrer l’argent de leur billet d’avion à l’achat de semences et de matériel. « Nous voulons appliquer ce que nous disons en formation et montrer concrètement qu’il est possible de produire plus et mieux », explique Serge à l’assemblée générale d’AFDI Jura qui s’est tenue le17 avril à Poligny. Une nécessaire évolution de l’agriculture qui doit permettre de nourrir les populations, notamment les plus pauvres qui se trouvent en ville.

Alors que des émeutes ont éclaté dans plusieurs pays à cause du prix élevé des denrées importées, Serge Merison énumére les freins à l’autonomie alimentaire dans son pays : le manque d’infrastructures, l’insécurité foncière, le vol de bétail, l’accès limité au crédit, le manque d’engrais... « Il est important que les paysans malgaches fassent entendre leur voix car le gouvernement prône un développement de l’agriculture qui s’appuie sur l’agrobusiness et l’installation de grands ranchs à l’américaine !» signale Luc Digonnet animateur d’Afdi Bourgogne Franche-Comté. Le fait que le CDAM soit devenu un interlocuteur reconnu au niveau local est plutôt positif. « C’est grâce aux  échanges avec AFDI et avec les organismes agricoles du Jura que nous avons commencé à nous structurer », rappelle Serge Merison. De son côté, le réseau AFDI est devenu un interlocuteur de plus en plus crédible au niveau européen.

Paysans par héritage
« La formation est l’avenir de Madagascar, la clé de son développement », insiste Serge Merison. Seulement 30% des enfants malgaches poursuivent leurs études au collège. Les autres sont des enfants de paysans. S’ils ne partent pas grossir les banlieux de Tananarive, ils deviendront paysans à leur tour. « Plus par héritage que par choix, remarque Serge. Au CDAM, nous voulons former les jeunes pour lutter contre cet exode rural et maintenir l’envie d’être paysan ». Après plusieurs rencontres avec les Maisons familiales du Jura, l’idée a germé et une formation devrait commencer dès le mois de juillet. Elle concernera 25 jeunes malgaches âgés de 14 à 20 ans. AFDI Jura a également soutenu  la mise en place d’un chalet collectif de vente grâce à ses partenaires (conseil général, chambre d’agriculture et Groupama). L’électrification du magasin sera réalisée courant 2008 et financée par le Sidec du Jura, suivi en 2009 par un point d’accès pour l’eau et des sanitaires. Autre projet en cours : la culture de l’artemise, plante utilisée dans la lutte contre le palludisme. Un contrat de neuf hectares a été passé avec une société française implantée à Madagascar.
Même si la participation d’AFDI Jura reste modeste (7 000 euros provenant de dons et de cotisations), l’association veut continuer à s’engager dans la durée, comme le précise son président Gérard Vallet. « Nous sommes une association de bénévoles qui a besoin du soutien de partenaires et qui demande à être renouvelée. Nous avons une équipe à rajeunir !» Un appel du pied aux JA qui, espérons-le, ne manqueront pas d’y répondre.

Rappel : La vente des calendriers lunaires dans les dépôts et magasins Interval se fait au bénéfice d’AFDI Jura.


Le Sidec engage 10 000 euros par anAlain Matthieu a su trouver les mots. Directeur du Sidec(*) du Jura depuis deux ans, il a convaincu son conseil d’administration de consacrer une partie des ressources du Sidec pour des actions solidaires. 10 000 euros par an. « Une somme importante consacrée à un ou deux projets menés sérieusement et vérifiés sur le terrain. Quand on connaît la réalité du terrain, on saisit mieux l’urgence et on ne peut pas l’oublier », affirme cet ingénieur qui connaît bien les ressorts de la coopération. Son activité l’a conduit à gérer, pour le compte d’un syndicat des eaux de la région parisienne, les quelques centimes prélevés sur les factures des abonnés qui sont ensuite affectés à des actions de solidarité. Le hasard lui fait rencontrer AFDI et un partenariat s’est mis en place. « Il est fondamental que des paysans de Madagascar viennent expliquer aux jeunes agriculteurs que les deux tiers de l’humanité vivent dans une situation dramatique. Nous devons trouver des solidarités. Notre avenir, la stabilité du monde est en jeu ». On ne pouvait trouver meilleur ambassadeur pour défendre les valeurs d’AFDI. Alain Matthieu est un homme de conviction et il ne compte pas s’arrêter là. « Le Sidec peut jouer un rôle fédérateur. Il s’agit de convaincre d’autres communes de participer avec nous à des projets sérieux. J’ai l’espoir de motiver également nos entreprises prestataires. Ainsi nous pourrons mobiliser chaque année 15 000 à 20 000 euros ».

(*) Syndicat mixte d’énergies, d’équipements collectifs et d’e-communication du Jura

 


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