L’optimisme est de mise chez les bouilleurs de cru. Lors de deux jours d’assemblées au Kursaal à Besançon, ils viennent de tenir à la fois leurs assises nationales, régionales et pour la première fois un congrès international réunissant notamment des Suisses, des Autrichiens. En fait se trouvaient réunis à la fois les ambulants c’est-à-dire ceux qui distillent de manière professionnelle et les récoltants familiaux.
Autrement dit les bouilleurs de cru. Ces derniers sont en effet très satisfaits depuis que l’Assemblée nationale – tous groupes confondus, mais contre l’avis du Gouvernement – a prolongé pour une durée de cinq ans leur fameux privilège.
Un privilège auquel le député de Haute-Saône Michel Raison, élu de Fougerolles n’est pas étranger mais qui n’est passé qu’à deux voix de majorité. « C’était inespéré », clame Serge Valladont, le président régional qui ne cesse de louer l’action des élus.
En pleine fructification
Le syndicat national, qui ne compte pas moins de 15 000 adhérents, existe depuis le début du siècle dernier.
Avec le temps, son action a évolué et Serge Valladont reconnaît que ce n’est plus la fabrication de l’alcool qui est la première préoccupation du syndicat « mais bien la défense des traditions et du patrimoine fruitier ».
Ce patrimoine, ce sont en effet, les anciennes variétés d’arbres fruitiers qui disparaissent mais que les bouilleurs de cru s’efforcent de faire renaître grâce aux plantations de jeunes sujets et aux séances de taille ou de greffe.
Ce sont aussi « les arbres moribonds, couverts de gui, cachés sous les ronces qui fleurissaient et parfumaient l’entrée des villages dans un passé plus ou moins lointain », constatent avec nostalgie les bouilleurs de cru. Et d’expliquer que « la nature rend ce qu’on lui a donné, avec la récolte c’est une preuve de reconnaissance couronnée par la cueillette, la fabrication du jus de fruit et la distillation ».
Avec ses 2 400 adhérents, l’Association française des récoltants de fruits et des syndicats de bouilleurs de cru de la région, grâce aux diverses initiatives qui se développent ici ou là en faveurs des vergers, devrait voir ses effectifs se maintenir. Et les ateliers publics dans les villages ne pas être désertés.
Le privilège des 1 000 premiers degrés
Il y a encore 300 000 personnes en France qui ne paient aucune taxe sur les 1 000 premiers degrés. Et ce parce qu’en 1923, une franchise fut instituée en faveur des personnes assujetties au régime de la Mutualité sociale agricole (MSA). La loi fut modifiée par l’Ordonnance du 30 août 1960, mais les premiers bouilleurs de cru concernés par cette mesure continuent de bénéficier de ce que l’on a coutume d’appeler le privilège des 1 000 premiers degrés.
Un privilège qui peut se transmettre uniquement entre un mari et son épouse et qui a failli être définitivement interdit le 1er janvier 2008. Mais l’Association nationale des bouilleurs de cru a fait pression auprès des parlementaires et a obtenu cinq années d’autorisation supplémentaires.
- Une énergie qui a le vent en poupe
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La formation est l'avenir de Madaga...
- Un dimanche à la ferme
- Plantations : Les distances à respe...
- Bien concevoir sa bergerie
- Prévenir les problèmes de pieds
- Santé et sécurité au travail
- Maïs : désherber en 2008
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
Dans quelques mois, la politique agricole commune va subir de profondes modifications, et en particulier un rééquilibrage des soutiens. Pensez-vous que l'agriculture du Jura va en sortir :





