Les grandes solutions et la petite astuce
Revenu et temps libre en élevage laitier
Jura agricole et rural
Publié le: 07 mai 2008
Page 10
Le Réseau d’Elevage de Franche Comté et le GVA de la Petite Montagne ont organisé le 28 février dernier à Orgelet une journée sur les « solutions travail ». Objectif : partager les expériences d’une dizaine d’éleveurs de la Petite Montagne qui mettent en œuvre des solutions différentes pour garantir un bon équilibre entre qualité de vie et rémunération du travail.
Avec l’agrandissement des exploitations et la diminution de la main-d’œuvre, les agriculteurs se posent de plus en plus la question des solutions à mettre en œuvre pour réduire le temps et la pénibilité du travail et disposer de plus de temps libre pour la famille, les loisirs et autres activités. C’est souvent par un accroissement des moyens en matériel, bâtiments ou équipements qu’ils tentent d’y répondre. Mais ces solutions peuvent s’avérer coûteuses. Maintenir l’équilibre entre investissements et travail est donc une équation difficile à résoudre.
Certains éleveurs mettent en œuvre des solutions pour de meilleures conditions de travail. Cette journée a été l’occasion d’analyser quelques-unes de ces solutions : gestion de la main-d’œuvre, réorganisation des tâches, choix des investissements, mais aussi de simples astuces qui ont un parfois un réel impact sur le travail au quotidien. L’exploitation du Gaec de la Vallière à Valfin-sur-Valouse a fait l’objet d’une présentation détaillée (voir Cultivar Montbéliarde avril 2008 et encadré ci-dessous). Puis, plusieurs exploitants ont témoigné sur leurs solutions.
Certains éleveurs mettent en œuvre des solutions pour de meilleures conditions de travail. Cette journée a été l’occasion d’analyser quelques-unes de ces solutions : gestion de la main-d’œuvre, réorganisation des tâches, choix des investissements, mais aussi de simples astuces qui ont un parfois un réel impact sur le travail au quotidien. L’exploitation du Gaec de la Vallière à Valfin-sur-Valouse a fait l’objet d’une présentation détaillée (voir Cultivar Montbéliarde avril 2008 et encadré ci-dessous). Puis, plusieurs exploitants ont témoigné sur leurs solutions.
Où en êtes-vous ?
Pour gérer son temps, il faut commencer par le compter ! Un simple questionnaire de ressenti permet déjà une première approche.
Celui-ci a été proposé à l’ensemble des participants. Trois grandes familles d’activités sont répertoriées :
• Le travail direct qui regroupe les activités de production et de surveillance. C’est le temps passé aux soins des animaux, aux cultures.
• Le travail assis qui regroupe les activités de gestion, de négociation, de groupe et de responsable. C’est le temps passé au suivi des formalités administratives, à rencontrer les commerciaux, à se former, à participer aux activités de groupes et assurer des responsabilités professionnelles. Ce temps est nécessaire pour gérer et préparer l’avenir.
• Enfin le temps social que l’on consacre à sa famille mais aussi à soi-même. Tout le monde a besoin de ce temps pour trouver l’énergie et la motivation.
Il suffit de répondre à la question "Est-ce que je manque de temps pour toutes ces activités ?" en cochant les cases en fonction de son propre ressenti. Si problème il y a, comme c’est le cas dans l’exemple des participants à cette journée, il sera nécessaire de quantifier plus précisément les temps de travail direct afin d’y trouver les marges de progrès et les solutions à mettre en œuvre.
Cette progressivité dans l’analyse permettra de trouver les solutions les plus adaptées et au moindre coût.
Pour gérer son temps, il faut commencer par le compter ! Un simple questionnaire de ressenti permet déjà une première approche.
Celui-ci a été proposé à l’ensemble des participants. Trois grandes familles d’activités sont répertoriées :
• Le travail direct qui regroupe les activités de production et de surveillance. C’est le temps passé aux soins des animaux, aux cultures.
• Le travail assis qui regroupe les activités de gestion, de négociation, de groupe et de responsable. C’est le temps passé au suivi des formalités administratives, à rencontrer les commerciaux, à se former, à participer aux activités de groupes et assurer des responsabilités professionnelles. Ce temps est nécessaire pour gérer et préparer l’avenir.
• Enfin le temps social que l’on consacre à sa famille mais aussi à soi-même. Tout le monde a besoin de ce temps pour trouver l’énergie et la motivation.
Il suffit de répondre à la question "Est-ce que je manque de temps pour toutes ces activités ?" en cochant les cases en fonction de son propre ressenti. Si problème il y a, comme c’est le cas dans l’exemple des participants à cette journée, il sera nécessaire de quantifier plus précisément les temps de travail direct afin d’y trouver les marges de progrès et les solutions à mettre en œuvre.
Cette progressivité dans l’analyse permettra de trouver les solutions les plus adaptées et au moindre coût.
Des solutions avec et sans investissement
Certes, les solutions avec investissements sont les plus rapides à mettre en œuvre, mais l’investissement conduit parfois à développer d’autres activités pour l’amortir. Bien souvent, ce sont des pistes avec des investissements réduits, voire sans investissement qui sont à explorer en priorité : réorganiser le travail en déléguant, anticiper la fin du travail familial, revoir ses habitudes et utiliser les trucs et astuces des collègues.
La diversité des témoignages apportés lors cette journée a heureusement permis aux participants de faire le choix dans un ensemble de solutions.
Certes, les solutions avec investissements sont les plus rapides à mettre en œuvre, mais l’investissement conduit parfois à développer d’autres activités pour l’amortir. Bien souvent, ce sont des pistes avec des investissements réduits, voire sans investissement qui sont à explorer en priorité : réorganiser le travail en déléguant, anticiper la fin du travail familial, revoir ses habitudes et utiliser les trucs et astuces des collègues.
La diversité des témoignages apportés lors cette journée a heureusement permis aux participants de faire le choix dans un ensemble de solutions.
L’organisation au service de l’efficacité
Anne-Marie Meudre, ingénieur du réseau d’élevage, suit l’exploitation du Gaec de la Vallière. « Pour Pascal, l’amélioration de la qualité de vie via les conditions de travail a été un élément traceur de son histoire depuis son installation. Les atouts de l’exploitation sont des bâtiments et des équipements fonctionnels, ce qui permet de réduire le travail d’astreinte : par exemple la salle de traite épi 2x5 avec décrochage, soit un poste de traite pour 5 à 6 vaches fait que la traite ne nécessite qu’un seul trayeur et dure une heure et demie, soit 10,5 heures par semaine et par travailleur. Le DAL permet d’économiser 1h30 de travail d’astreinte. La proximité des pâtures, l’aménagement des points d’eau sont aussi un facteur d’efficacité et de réduction du temps de travail de saison. Sur le plan de l’organisation, le regroupement des vêlages, la répartition des tâches et l’adhésion à un groupement d’employeurs sont déterminants. Il reste néanmoins des contraintes structurelles, comme le parcellaire difficile pour les grandes cultures, les bâtiments de stockage balles rondes, anciens et peu fonctionnels, l’éloignement du bâtiment vaches laitières de celui des génisses et taurillons qui génère de la manutention, et le raclage au tracteur. »
Anne-Marie Meudre, ingénieur du réseau d’élevage, suit l’exploitation du Gaec de la Vallière. « Pour Pascal, l’amélioration de la qualité de vie via les conditions de travail a été un élément traceur de son histoire depuis son installation. Les atouts de l’exploitation sont des bâtiments et des équipements fonctionnels, ce qui permet de réduire le travail d’astreinte : par exemple la salle de traite épi 2x5 avec décrochage, soit un poste de traite pour 5 à 6 vaches fait que la traite ne nécessite qu’un seul trayeur et dure une heure et demie, soit 10,5 heures par semaine et par travailleur. Le DAL permet d’économiser 1h30 de travail d’astreinte. La proximité des pâtures, l’aménagement des points d’eau sont aussi un facteur d’efficacité et de réduction du temps de travail de saison. Sur le plan de l’organisation, le regroupement des vêlages, la répartition des tâches et l’adhésion à un groupement d’employeurs sont déterminants. Il reste néanmoins des contraintes structurelles, comme le parcellaire difficile pour les grandes cultures, les bâtiments de stockage balles rondes, anciens et peu fonctionnels, l’éloignement du bâtiment vaches laitières de celui des génisses et taurillons qui génère de la manutention, et le raclage au tracteur. »
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