Le Jura Agricole et Rural
Garder un conseil technique indépendant
Comité technique viticole
Jura agricole et rural
Publié le:  15 mai 2008
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En 2007, le Comité technique viticole s'interrogeait sur le financements de ses actions.  2008 n'apporte pas d'éléments rassurants avec une inconnue supplémentaire : l'avenir des avertissements viticoles.

L’assemblée générale du Comité technique viticole, le 23 avril à Passenans, n’apporte pas de nouvelles rassurantes. Le déficit de la structure se creuse :  –12 233 euros en 2007 pour un budget global d’environ 100 000 euros et deux salariés. « Nous manquons de moyens et nous serons contraints de diminuer nos actions », prévient Jean-Yves Noir le président du CTV.  Pourtant le travail réalisé par la structure est apprécié : observations, conseils, expérimentations... avec des résultats sur la diminution d’utilisation des produits phytosanitaires, la protection des eaux, la préservation des sols et la biodiversité.
34% du vignoble du Jura sont accompagnés en lutte raisonnée par le CTV.
« Si nous ne pouvons plus envoyer de techniciens sur le terrain, l’intérêt pour la viticulture raisonnée aura tendance à régresser ».
 
Le contrat de projet État-Région 2007-2013 octroie à partir de l’année prochaine, une enveloppe globale pour l’ensemble de la filière viti-vinicole. Le CTV bénéficiait jusqu’à maintenant d’une ligne budgétaire d’environ 10 000 euros par an. Un arbitrage sera donc nécessaire au sein de la filière, avec la chambre d’agriculture.
« Nous sommes ouverts à toute proposition pourvu que le travail du CTV soit préservé. Nous ne devons pas perdre les compétences et la motivation de notre structure », déclare le président. Un courrier a été adressé à la DRAF et aux Parlementaires dans ce sens.
 
Avertissements viticoles
La vigne couvre 2,8% des terres agricoles et emploie 20% des produits phytosanitaires utilisés en agriculture. « L’objectif du Grenelle de l’environnement de réduire de 50% l’usage des pesticides dans un délai de 10 ans concerne particulièrement la viticulture. Mais les Pouvoirs publics se désengagent financièrement des avertissements agricoles », remarque Jean-Yves Noir. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, les avertissements agricoles passeraient progressivement des services de la Protection des végétaux à des « opérateurs de terrain ». Chambres d’agricultures, instituts, distributeurs pourraient se voir confier une mission d’observation du  territoire, la PV assurant la coordination de l’ensemble. Le nouveau dispositif est prévu pour 2009.  « La PV doit se concentrer quant à elle sur la surveillance biologique du terrain et disposer d’une photographie sanitaire permanente du territoire français », précise Philippe Guillemard, le directeur du SRPV à Besançon.
 
Le CTV s’inquiète de l’absence de moyens supplémentaires mis sur le terrain pour collecter les données et de l’avenir des préconisations si elles sont réalisées par les distributeurs.
 « Le conseil apporté par les avertissements viticoles de manière objective et indépendante permet d’éviter le traitement systématique dans un souci de maîtrise de la pollution. Il est également un paramètre indispensable pour maintenir la qualité et la quantité de nos récoltes », rappelle le président du CTV qui souhaite qu’une solution soit trouvée localement en concertation avec la profession. La reprise des avertissements par les chambres d’agriculture ne pose semble-t-il pas de problème dans les départements viticoles à fort potentiel. Qu’en sera-t-il dans le Jura ?

21 bulletins en 2007
Les techniciens du CTV assurent les observations sur la totalité du vignoble de mi-avril à mi-août. En 2007, 21 bulletins d'avertissements viticoles ont été cosignés par le SRPV, le CTV, les coopératives (Interval et Poligny-Bletterans) pour 134 abonnements.
 
Les expérimentations
Le CTV poursuit en 2008 les essais sur botrytis, oïdium et stimulateurs de défense des plantes. La surveillance sanitaire du vignoble est importante avec le réseau de surveillance du bois noir et de la flavescence dorée en collaboration avec la Fredon et le SRPV et le suivi annuel des maladies du bois sur 75 parcelles. L'étude sur le bois noir menée depuis 2006 au sein d'un groupe de travail national améliore la connaissance du vecteur et le suivi des symptômes. Le CTV a relevé la présence de deux types de phytoplasme dans le vignoble : ortie et liseron. L'étude sur la tordeuse de deuxième génération se termine et permet de valider des règles de traitement. Le CTV a mené pour la 5ème année consécutive un essai sur les techniques d'entretien des sols et la vinification. Pour cette année, le nombre de suivi complet en protection raisonnée, qui concernait 14 domaines viticoles, va être revu à la baisse. Le CTV voudrait tester un concept suisse sur la réduction de dose en fongicide selon la surface foliaire. 
 
« Bio »et « raisonnée » en Champagne
Cédric Georget du Comité interprofessionnel du vin de Champagne a présenté les résultats intermédiaires d'une étude sur l'impact de deux modes de conduite, raisonnée et biologique, sur différents critères : le sol, les lombrics, la vigne et la qualité des vins. L'objectif étant de promouvoir ces deux systèmes et de disposer de références techniques sur une durée assez longue (1998-2012), le vignoble de Champagne ayant inscrit le choix de la viticulture raisonnée   depuis 2001 dans son AOC. Tous les paramètres du fonctionnement et de la fertilité du sol sont améliorés dans les deux cas  avec une prévalence du « raisonnée » sur le « biologique ». Déroutant...et difficile de comparer. L'étude s'appuie sur l'observation des pratiques des vignerons. L'agriculture biologique en Champagne concerne 170ha sur les 34 000 hectares que compte l'AOC. Dans le Jura, elle représente 10% du vignoble.
 


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