Le Jura Agricole et Rural
L'agronomie au cœur du raisonnement
Maîtriser le désherbage
Jura agricole et rural
Publié le:  15 mai 2008
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La mise en œuvre de méthodes de luttes agronomiques sera de plus en plus nécessaire en complément des moyens chimiques. Il faudra quelques fois accepter ses inconvénients : coût, faisabilité délicate, contrainte d’organisation du travail.

L’introduction de cultures de printemps permet non seulement de casser le cycle des adventices automnales, mais aussi de mettre en pratique la rotation des modes d’action des antigraminées. « Attention cependant, toutes les cultures de printemps ne disposent pas d’un nombre de familles chimiques identiques. Par exemple, la gestion du ray-grass dans l’orge de printemps n’offre aucune alternative aux herbicides foliaires. Par conséquent, l’orge de printemps est à éviter en présence de ray-grass résistants.
 
Cette solution agronomique, la plus efficace, n’est également pas applicable dans certains milieux comme des sols superficiels limitants l’implantation de cultures de printemps. Il faut alors chercher d’autres solutions », expliquaient Ludovic Bonin et Jean Lieven, lors du récente conférence de presse. « Le labour est efficace contre les espèces à levée superficielle car il a pour fonction immédiate d’enfouir profondément les graines et donc d’empêcher leur germination dans la culture suivante. En cas d’échec majeur de désherbage, et sans remettre en cause les différents intérêts du non-labour, cette technique se révèle indiscutablement efficace pour éliminer certaines espèces qui lèvent superficiellement et dont la viabilité dans le sol est faible (vulpin, brôme, ray-grass). Mais il peut également faire remonter des graines d’adventices qui survivent bien en profondeur (chénopodes, sanves). L’alternance labour non-labour peut donc être traitée en combinaison avec l’alternance de cultures d’hiver et de printemps ».
 
Les techniques de lutte alternative
Le désherbage mécanique (bineuse, herse étrille, houe rotative) est parfois pratiqué sur tournesol, maïs et soja et commence à être testé localement sur colza, voire céréales.
« Son développement reste très limité principalement à cause du temps de travail et des coûts économiques et énergétiques qu’il engendre, mais aussi du fait de son efficacité assez aléatoire.
 
Les fenêtres d’intervention paraissent, de surcroît, très restreintes, ce qui rajoute un frein à la vulgarisation de la pratique. Toutefois, ces stratégies de désherbage (seules ou combinées avec des herbicides) recueillent un certain succès auprès de quelques agriculteurs. Le Cétiom et Arvalis - Institut du végétal ont suivi des essais permettant de mesurer la sélectivité et l’efficacité des outils sous diverses conditions de milieu de façon à apporter une expertise sur cette lutte alternative », concluent Ludovic Bonin et Jean Lieven.


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