À petit pas
Frédéric Dornier, éleveur à Izermore dans le Bugey
Jura agricole et rural
Publié le: 15 mai 2008
Page 8
En l’absence de perspectives de développement de son exploitation, Frédéric Donier a choisi de minimiser les investissements bâtiment, avec beaucoup d’autoconstruction. Pour la stabulation, il s’est inspiré de ce qui se faisait dans l’Ouest : logettes et couloir raclé.
Frédéric Donnier est éleveur à Izernore, à 500 mètres d’altitude dans le Haut-Bugey (contreforts sud du Jura). Né en 1968, il s’est installé après un BTS effectué à Montmorot sur l’exploitation laitière familiale, dotée d’un quota modeste (120 000 l) et équipée d’une stabulation entravée. « En l’absence de ferme à reprendre dans le secteur, j’ai créé un atelier taurillons et une production de veaux sevrés : sur une plate-forme de 400 m2 à l’écart du village, j’ai fait tourner cet atelier à fond, avec 100 babys par an, tandis que le sevrage et le post-sevrage se faisaient dans deux tunnels. L’objectif était de retirer un revenu suffisant de la structure pour faire vivre deux familles. »
Reconversion du bâtiment
Au départ en retraite de son père, la donne change : « Dès 98, en préparation de la retraite de mon père, on a fait un PAM pour moderniser l’atelier lait. Il fallait dimensionner le bâtiment pour une personne. La décapitalisation de l’atelier taurillons m’a permis de faire face aux nouvelles charges de structures. La référence laitière n’était alors que de 150 000 l, j’étais contraint à une logique d’autoconstruction, de petits pas, sans assurance de l’avenir. » La plate-forme utilisée jusqu’alors pour l’atelier taurillons est transformée en logement des vaches laitières et stockage de fourrages. « On a cassé les bétons et fait faire la charpente par une entreprise. Le reste, y compris les extensions, c’est de l’autoconstruction. »
Au départ en retraite de son père, la donne change : « Dès 98, en préparation de la retraite de mon père, on a fait un PAM pour moderniser l’atelier lait. Il fallait dimensionner le bâtiment pour une personne. La décapitalisation de l’atelier taurillons m’a permis de faire face aux nouvelles charges de structures. La référence laitière n’était alors que de 150 000 l, j’étais contraint à une logique d’autoconstruction, de petits pas, sans assurance de l’avenir. » La plate-forme utilisée jusqu’alors pour l’atelier taurillons est transformée en logement des vaches laitières et stockage de fourrages. « On a cassé les bétons et fait faire la charpente par une entreprise. Le reste, y compris les extensions, c’est de l’autoconstruction. »
Le chantier dure deux ans, pendant lesquels Frédéric Donnier et son père s’astreignent quotidiennement aux travaux de maçonnerie pendant quatre heures chaque après-midi : « On a passé 400 tonnes de sables et gravier, 70 tonnes de ciments, tout à la bétonnière, à notre rythme. C’est intensif et il faut s’y tenir, mais d’un autre côté ça permet d’apporter des petites améliorations, une qualité de finition qu’on n’aurait pas eue avec une entreprise. » Pour les plans, l’éleveur s’inspire des grands bâtiments de ses collègues de l’Ouest de la France. « Dans la région, le bâtiment alors en vogue, c’était l’aire paillée avec couloirs caillebotis devant les cornadis. Or ici nous sommes en zone périurbaine, avec une forte pression liée à l’industrie du plastique autour d’Oyonnax : c’est incompatible avec une production de lisier. Je voulais produire quelque chose de compact, du fumier plus du purin. » C’est donc un système à deux rangées de logettes avec couloir central raclé qui est adopté, mis à l’échelle avec 33 places pour les laitières et 30 places pour les génisses (45 places au cornadis). Côté sud, un bardage assure la protection face au vent dominant de la vallée, tandis que des filets brise-vent garnissent les autres côtés ce qui assure une bonne ventilation et l’éclairage. Le matériau choisi, tant pour les 18 piliers, la charpente que pour le bardage, c’est le bois. « J’ai fait venir une scierie mobile du Haut-Doubs pendant l’hiver 2000-2001, et j’ai utilisé quelques sapins de l’exploitation. »
Expérience positive
Un des tunnels a été conservé pour l’élevage des génisses de moins d’un an et le post-sevrage. « Ces tunnels ont représenté un investissement minime, 15 euros/m2, et je n’ai eu qu’à changer la bâche tous les 6 ans. »
Avec quelques années de recul et de fonctionnement, Frédéric Donier tire un bilan positif de son expérience. « Plus je progresse et plus mon travail est facile et agréable. Le bâtiment est aéré et lumineux, très fonctionnel. Nous avons fait l’effort de ne pas consommer d’espace supplémentaire pour construire la stabulation, pour conserver un maximum d’espace agricole, et c’est une grande satisfaction que d’avoir réussi. »
Un des tunnels a été conservé pour l’élevage des génisses de moins d’un an et le post-sevrage. « Ces tunnels ont représenté un investissement minime, 15 euros/m2, et je n’ai eu qu’à changer la bâche tous les 6 ans. »
Avec quelques années de recul et de fonctionnement, Frédéric Donier tire un bilan positif de son expérience. « Plus je progresse et plus mon travail est facile et agréable. Le bâtiment est aéré et lumineux, très fonctionnel. Nous avons fait l’effort de ne pas consommer d’espace supplémentaire pour construire la stabulation, pour conserver un maximum d’espace agricole, et c’est une grande satisfaction que d’avoir réussi. »
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