Le Jura Agricole et Rural
«Les moyens de lutte restent limités»
Information FCO à Tourmont
Jura agricole et rural
Publié le:  04 juin 2008
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Stéphane Zientara, professeur à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, est venu parler de la fièvre catarrhale ovine aux éleveurs jurassiens.

L’agent responsable de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est un virus. On recense actuellement 24 sérotypes différents. Nous sommes concernés, principalement, pour le sérotype 8 qui sévit depuis août 2006 sur le Nord de l’Europe et qui a conquis une dizaine de pays dont la France à 80 %. Ce virus est relativement tenace et il a la particularité de contaminer des invertébrés (moucherons) et des ruminants (bovins, ovins et caprins).
 
La FCO est une maladie vectorielle que se transmet par l’intermédiaire d’un moucheron du genre culicoïde pour contaminer les ruminants. La persistance du virus, chez les bovins, est en moyenne de trois semaines avec un maximum de 55 jours. Chez les ovins, la durée de la virémie est inférieure à 15 jours en général avec quelques cas, proche de 55 jours. La dispersion du vecteur est limitée à quelques centaines de mètres. Néanmoins, le transport du vecteur par les vents est une raison plausible de la très forte propagation de la maladie en 2007. Il ne faut pas écarter la contamination lors des transports des animaux malgré les mesures sur les mouvements.

La faiblesse de nos connaissances sur les vecteurs due à un manque d’experts entomologiques nous amène à être très démunis sur les savoirs et donc les préconisations : désinsectisation, mode de vie des moucherons, mouvements…
Les méthodes d’analyses sont multiples et leur mise au point a été progressive. Parmi les plus utilisées, on distingue la virologie, la sérologie et la PCR. La virologie mesure la présence du virus à partir de trois jours après l’infection et jusqu’à huit semaines maximum. Elle est réalisée à l’Afssa et au Cirad.La sérologie détecte les anticorps à partir de huit à dix jours et jusqu’à plus d’une année. La PCR  repère la présence de matériel génétique du virus à partir de trois jours après l’infection et jusqu’à six mois suivant les espèces. Cette technique indique la présence du virus mais sans certitude sur sa virulence. Ces deux techniques sont réalisées au LDA du Jura à Poligny.»
 
Des moyens de lutte limités
Le professeur Zientara a décrit les différents symptômes cliniques (voir document GDS diffusé en septembre 2007) sur la tête (gonflement ulcères naseaux,…), sur la mamelle, les pieds et leurs conséquences. Il faut rajouter l’amaigrissement, les troubles de la fertilité et les avortements.
« Les moyens de lutte restent limités. Les études concernant l’efficacité de la désinsectisation sur les culicoïdes sont rares et quasi inexistantes pour les espèces de culicoïdes d’Europe. Cependant, dans l’état actuel de nos connaissances, on peut dire que le traitement insecticide de l’environnement ne doit pas être envisagé pour limiter les populations de culicoïdes. Le traitement topique des animaux est le seul moyen de défense envisageable. L’application de pyréthrinoïdes permet de diminuer le taux d’attaque des culicoïdes mais ne permet pas de les supprimer totalement. La rémanence de ces produits pour les culicoïdes doit diminuer 7 à 10 jours après traitement.

La vaccination est le seul moyen de lutte efficace. On utilise un vaccin inactivé, gage de sécurité. Sur les bovins, le vaccin Bovilis BTV 8 est utilisé à raison de 1ml, avec deux injections à trois semaines d’intervalle. Sur les ovins, le vaccin BTVPUR Alsap 8 est utilisé à raison de 1 ml par voie sous-cutanée avec 1 seule injection. Pour le Jura, la disponibilité de ces vaccins permettrait de couvrir les deux tiers des animaux (bovins et ovins).» 

Impact FCO : l'exemple du Nord
Le Nord est un département très peuplé (2,56 millions d’habitants – 447 ha au km2) avec un élevage important : 3 947 éleveurs pour 338 000 bovins.
La FCO sur 2006 s’est limitée à quelques cas avec sérologie ou virologie positive. Sur cette campagne, la mise en place de périmètre interdit et la réglementation des mouvements
ont très fortement perturbé les circuits commerciaux et les prix sans impact sur les animaux.
2007 est tout autre. Réapparition de la FCO en août. Plus de 55 % des troupeaux sont infectés avec une très grande diversité des situations : de la virologie positive sans symptômes cliniques à plus de 75 % de mortalité. On constate 20 % de foyers avec des conséquences très graves.
Sur 2 161 foyers déclarés, 73 % ont réalisé une déclaration de mortalité avec en moyenne huit bovins péris et 15 ovins péris par foyer.
Quelques chiffres marquants :
• Avortement : + 132 % sur le deuxième semestre.
• Mortalité :
- veau de moins de 2 mois : + 30 % sur le deuxième semestre
-  bovins de + 24 mois : + 15 % sur le deuxième semestre.
• Morbidité (% d’animaux malades) : près de 1/5 des animaux avec une forte variabilité.
• Perte de production :
- perte de 5 à 10 % du lait sur août, septembre, octobre avec des diffi-
cultés de remontée et distribution de plus de concentrés ;
- forts amaigrissements en viande et en lait.
• Reproduction :
+ 13 % d’IA en retour.
Problèmes de fertilité des taureaux et des béliers.


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