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Valoriser au mieux les effluents d'élevage sur prairies
Rendez-vous compostage
Jura agricole et rural
Publié le:  04 juin 2008
Page 6 

L’utilisation d’une table d’épandage assure une répartition optimale des effluents compostés

C’est un public intéressé qui est venu à la demi-journée d’information proposée par la chambre d’agriculture du Jura, en partenariat avec la FDCuma, Jura compost et le GVA de Champagnole. Cette rencontre était proposée dans le cadre du contrat de rivière Loue. Son objectif était d’apporter de l’information aux agriculteurs du bassin-versant afin d’améliorer la valorisation des effluents d’élevage sur prairie.

Le 10 avril dernier, Philippe Prost, conseiller à la chambre d’agriculture du Jura et animateur FDCuma, a bénéficié d’une large accalmie, pour répondre aux interrogations des agriculteurs venus à Dournon, sur l’une des parcelles de Christian Colin.  L’après-midi a débuté autour d’une démonstration de matériel d’épandage. Deux matériels étaient présentés : un épandeur à hérissons verticaux (Rock) et un épandeur à table d’épandage (Leboulch). L’observation et la mesure, par pesées, de la répartition des effluents sur une bâche de 15 mètres de large, a montré une plus grande homogénéité avec l’épandeur à table d’épandage.
Cette démonstration a pu être menée à bien grâce aux établissements Vallet (mise à disposition de l’épandeur Leboulch), à la Cuma des Deux-Forts (mise à disposition de l’épandeur à hérissons verticaux) et à l’implication des élèves de la Maison familiale d’Amange qui ont participé aux pesées et à la restitution des résultats.
 
A succédé une présentation des premiers résultats obtenus dans le cadre d’un essai portant sur la valorisation des effluents d’élevage. Cet essai longue durée (quatre ans) est mis en place dans le cadre du contrat de rivière Loue. Son objectif est de mesurer les pertes en éléments fertilisants d’un fumier composté, bâché ou non, par rapport à un fumier simplement laissé en tas et de mesurer les différences de rendement obtenues sur prairie suite à l’épandage de ces produits (voir encadré pour les premiers résultats obtenus dans le cadre de
cet essai).
Un rappel sur la réglementation portant essentiellement sur les distances à respecter en matière d’épandage a ensuite été proposé : distances à respecter par rapport aux tiers, aux cours  ou aux points d’eau…

Une opération menée sur le bassin-versant de la Loue

En complément, M. Mathieu du laboratoire d’analyses Cesar, a précisé l’importance qu’avaient les agriculteurs à considérer les valeurs fertilisantes des effluents produits sur leur exploitation pour raisonner au mieux la fertilisation de leurs cultures et de leurs prairies. De ce fait, la réalisation d’analyses d’effluents couplée à une bonne estimation des quantités épandues permet d’optimiser leur utilisation.
Afin que les participants puissent faire une meilleure lecture de leur bulletin d’analyse, M. Mathieu a également rappelé la composition chimique d’un effluent et ce que l’analyse reflétait de cette composition.
 
L’après-midi s’est conclu autour de Mathilde Delacotte, chargée de mission du contrat de rivière Loue au syndicat mixte de la Loue.  Suivant de près les opérations menées sur le volet agricole, elle a souligné le fait que le site de l’après-midi était situé sur le bassin-versant du Lison, et donc de la Loue. La coordinatrice du contrat de rivière a expliqué les enjeux du contrat de rivière et les opérations actuellement menées.
Sur le volet agricole, les opérations sont en cours de réajustement étant donné les évolutions des contextes réglementaires et financiers a précisé M. Camuset, responsable professionnel agricole du Contrat de rivière Loue.
Intéressées, les personnes présentes n’ont pas manqué de demander quelques précisions, notamment pas rapport aux sources de pollutions des rivières et aux moyens mis en œuvre pour les réduire.

Vos contacts à la chambre d’agriculture :
• pour le contrat de rivière Loue : Élodie De Saint Jean, tél. 03 84 72 79 03
• pour les campagnes d’analyse d’effluent : Stéphane Joud, tél. 03 84 35 14 37
• pour des précisions sur les résultats d’essai : Philippe Prost, tél. 03 84 35 14 34.
Pour tout renseignement sur la Cuma Juracompost : Christian Colin, tél. 03 84 73 14 53 ou 06 80 85 87 12.
Essais : les résultats 2006/2007 

Résultats obtenus en 2006 et 2007, sur l’essai « valorisation des effluents d’élevages sur prairies, mené dans le cadre du contrat de rivière Loue, sur les sites de Chaux-Champagny et Lemuy.
• un fumier composté subit une réduction de la matière sèche plus importante qu’un fumier non composté (en moyenne 34 % pour un fumier composté contre 18 % pour un fumier non composté).
• le dépôt au champ et le compostage concentrent les teneurs en azote et en phosphore des fumiers (le phénomène de concentration dû à la réduction de matière organique est plus fort que le phénomène de lessivage)
• le dépôt au champ et le compostage diluent les teneurs en potasse des fumiers (le phénomène de lessivage est plus fort que le phénomène de concentration dû à la réduction de matière organique)
• le compostage accroît les pertes d’azote et de potasse d’un fumier stocké au champ s’il n’est pas couvert
• le bâchage du fumier composté permet de réduire très significativement les pertes d’azote et de potasse (elles deviennent alors inférieures à celles d’un fumier laissé en tas sans compostage)
Les conditions climatiques de 2006 et 2007 ayant été atypiques, les mesures de rendement sur prairie n’ont pas encore permis de montrer des différences significatives entre l’utilisation de fumier frais, de fumier en dépôt au champ et de fumier composté. Le dispositif expérimental de valorisation des différents traitements d’effluents sera reconduit en 2008 pour en évaluer les effets sur prairie (rendements et évolution de la flore). D’autre part, il semble également important d’acquérir davantage de références sur le bâchage du compost voire des tas non compostés, ainsi que sur la nature de la bâche à utiliser, pour améliorer la valorisation des effluents sur prairies et pour  réduire les pertes dans le milieu, notamment lors du stockage au champ des fumiers.
Une synthèse plus complète sera proposée après l’année d’expérimentation en cours qui confirmera ou non les premiers résultats.




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