Le Jura Agricole et Rural
Rendre l'offre française plus lisible
Le plan à cinq ans de la viticulture française
Jura agricole et rural
Publié le:  13 juin 2008
Page 9 

Désormais les vins français relèveront de trois catégories, les appellations d’origine protégée, l’indication géographique protégée et les vins sans indication géographique. Une nouvelle approche destinée à rendre l’offre française plus lisible notamment sur les marchés export.

Après la réforme de l’OCM viticole qui va entrer en vigueur le 1er août prochain et à l’issue de six mois de concertation avec les différents partenaires de la filière, Michel Barnier a présenté, le 30 mai, le plan de modernisation de viticulture française. En tout, 27 mesures qui vont de la recherche à la mise en marché en passant par la gouvernance de la filière. « La consommation de vin augmente de 6 % par an. Il y a de nouveaux consommateurs indiens et chinois. Nous devons nous mettre en ordre de marche pour reconquérir les marchés mondiaux », a plaidé le ministre de l’Agriculture.
 
Il est vrai que la France ne bénéficie pas de la croissance du marché international et sa part de marché se réduit d’année en année comme une peau de chagrin. Le principal objectif de ce plan est de redonner de la compétitivité des vins à l’export, notamment pour les vins de cépage.
Sur la période 1990 à 2000 la France a vendu sur les marchés exports européens 13,5 millions d’hl en moyenne par an. L’ambition  est de parvenir à 16 millions d’hl exportés en 2013. Selon le ministre, la France devrait y parvenir en mobilisant les crédits communautaires, à hauteur de 180 à 250 millions d’euros pour restructurer la filière, innover et promouvoir les vins français. Et surtout en rendant « l’offre française plus lisible ». Nos clients étrangers ont du mal, en effet, à s’y retrouver dans la pléthore d’AOC qu’offre notre terroir. Et c’est là la principale innovation du plan : une simplification de la production française avec la création de trois niveaux : les vins sans indication géographique qui correspondent au positionnement actuel des vins de pays, les vins d’excellence fortement liés au terroir, élaborés dans le respect de la tradition et qui porteront l’appellation d’origine protégée. Entre ces deux catégories, sera créée l’indication géographique protégée destinée aux vins issus de vignobles régionaux et bénéficiant de production et de rendements plus souples. Les actuels vins de pays, VDQS, AOC devront évoluer vers l’un des trois segments précités. L’échéance est fixée au 1er août 2009, a indiqué Michel Barnier.

Les principales dispositions du plan
• Une clarification de la gouvernance au niveau national
Le pilotage de la filière viticole relèvera du conseil spécialisé « vins » de l’office unique qui sera créé au 1er janvier 2009 et de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao). La gestion des indications géographiques (IGP) et des appellations d’origine protégée (AOP) est confiée à l’Inao.

• Un renforcement du rôle des conseils de bassin
Les dix conseils de bassin deviendront le lieu privilégié du débat et de concertation pour les filières viticoles régionales. Ils regrouperont les interprofessions qui représenteront au moins
50 % des membres, les organisations professionnelles, les comités régionaux de l’Inao et les Pouvoirs publics.

• Une diminution des contraintes réglementaires et administratives
Le plan prévoit de lever un certain nombre de verrous administratifs et réglementaires, notamment pour les vins sans indication géographique. Ainsi les limites de rendement pour les vins sans indication géographique seront supprimées. Pour ces vins sans indication
géographique, les pratiques culturales et œnologiques seront assouplies (irrigation autorisée, utilisation des copeaux par exemple…).

• Une nouvelle segmentation des vins
Les vins français seront désormais classés en trois catégories :
- un premier socle constitué des vins sans indication géographique. Cette catégorie correspond au positionnement actuel des vins de pays.
- une catégorie de vins se référant à un terroir marquant profondément la typicité du produit (AOP). Les grandes AOC françaises se retrouveront dans cette catégorie.
- une catégorie intermédiaire constituée des vins avec indication géographique  (IGP) se référant à un territoire régional.

• La restructuration des entreprises de vinification et de commercialisation
Le secteur viticole se caractérise par une atomisation de ses structures tant au niveau de la vinification que de la commercialisation. L’objectif est donc d’accélérer le regroupement des outils de vinification en mobilisant les crédits communautaires et nationaux. La création d’un fonds d’investissement privé est envisagée.

• La formation des acteurs et la diffusion de l’information dans la filière
Pour le ministère de l’Agriculture, il s’agit d’élever le niveau de formation des acteurs aussi bien au niveau de la formation initiale des vignerons (baccalauréat professionnel, brevet de technicien supérieur « viticulture œnologie ») que celle des responsables d’entreprise (marketing…).

• L’anticipation et la gestion des crises
Les données du casier viticole seront accessibles en temps réel aux conseils de bassin, aux organismes de défense et de gestion et aux interprofessions. Les mesures conjoncturelles de régulation de l’offre (mises en réserve, sorties échelonnées, distillation de crise) seront prises par les interprofessions.
Des dispositions qui seront prises dans le bilan de santé de la Pac, des dispositifs assurantiels seront développés pour faire face aux risques économiques, climatiques et sanitaires.

• Le développement de la recherche et de l’innovation
Un plan sera proposé en matière de recherche et développement pour le mois de septembre  2008.     


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster