Le Jura Agricole et Rural
Une autre source de revenus ?
Solaire photovoltaïque
Jura agricole et rural
Publié le:  13 juin 2008
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L’équipement des exploitations agricoles avec des panneaux solaires photovoltaïques n’est pas très développé en France. Rhône-Alpes compte un seul cas dans l’Ain à Saint Genis-sur-Menthon et une dizaine de projets à l’étude.

Les panneaux solaires photovoltaïques peuvent être utilisé dans plusieurs cas, pour l’électrification de sites isolés qui ne sont pas raccordés au réseau. On les utilise également en Bresse dans certains élevages de volailles sur les poulaillers mobiles, pour la mise ?uvre de l’ouverture et la fermeture. Cela évite de tirer des câbles. Mais comme le précise Sylvain Brunier d’Hélianthe, ce sont des cas anecdotiques, l’intérêt du solaire photovoltaïque reste la production et la vente de l’électricité sur le réseau. Les exploitations agricoles jusqu’ici très rares à être équipé, possèdent pourtant l’avantage d’avoir de vastes surfaces de toitures. En effet, au-delà de 100 m2 de capteur, la moyenne pour les particuliers est de 20 m2, on peut négocier des coûts d’installation avec les installateurs.
 
Inclinaison, orientation et intégration
« Pour tirer le maximum de profit de l’installation » indique Sylvain Brunier, « l’idéal est de posséder un pan de toit exposé au sud, incliné à 30° par rapport à l’horizontal. Si ce n’est pas le cas, on applique des correcteurs pour calculer la productivité. » Lorsque ces critères sont réunis, il faut savoir aussi que la rentabilité dépend du type d’installation choisie. En effet, le prix de rachat du KWh par EDF est de 57 cents pour une installation intégrée dans la toiture. Les capteurs devant remplir à la fois, une fonction de couverture et de production. Le prix du rachat tombe à 31 cents le KWh pour une installation superposée. Il est donc évident que compte tenu des coûts d’installation et de fourniture, il est préférable de penser cet équipement dans le cadre de la réfection d’une toiture, sinon la rentabilité n’est pas assurée ou du moins à plus long terme.

Tout calculer
Pour une installation de 200 m2 d’une puissance de 25 KWc (kilowattheure crête, produit dans les conditions optimales), le coût d’investissement (pose et fourniture hors raccordement) est d’environ 180 000 euros HT, pour une production annuelle de 25 000 kWh, le gain annuel sera d’environ 14 250 000 euros HT par an. Dans ce calcul, il ne faut pas oublier d’ajouter le coût du raccordement qui peut aller de 1 500 à 2 000 euros dans des conditions normales, le temps de retour sur investissement est alors estimé entre 10 et 13 ans. 

Après avoir demander un devis à un installateur, obtenu le permis de construire ou l’autorisation de travaux de la mairie, reste maintenant à effectuer un certain nombre de démarches administratives. La Chambre d’agriculture et l’association Hélianthe dans l’Ain vous apporteront leur aide et leur conseil. Dans le cadre de l’obligation d’achat d’électricité par EDF, vous devez demander un contrat de raccordement à l’ERDF, une déclaration d’exploitation à la Dideme et un certificat ouvrant droit à l’exploitation à la Drire. Si votre équipement solaire est d’une puissance inférieure à 10 KWh, vous pourrez bénéficier d’une subvention de la région Rhône-Alpes qui ouvre droit aux Fonds Européens d’Aide au développement rural (Feader). Le parcours semble compliqué, mais le jeu en vaut la chandelle !

Jean-Christophe Monier : «Je devrais produire 5 500 à 6 000 euros d'électricité par an»
Mon voisin travaille dans le secteur des énergies renouvelables, il m’a conseillé de me renseigner à propos du solaire photovoltaïque et de profiter de la réfection du toit d’un bâtiment  bien exposé pour m’équiper en panneaux solaires » explique Jean Christophe Monier, éleveur à Saint Genis-sur-Menthon.  Ainsi, il a pris contact avec l’association Hélianthe et la chambre d’agriculture de l’Ain qui l’ont informé et assisté dans la constitution de son projet, puis il a fait réaliser un devis pour la pose de panneaux photovoltaïques. Les travaux de réfection ont duré une quinzaine de jours, les 80 m2 de panneaux intégrés vont être posé dans les semaines à venir. « Je devrais produire un peu moins de 10 KWh, ce qui me permet de solliciter une subvention de la part de la région Rhône-Alpes. Avec une production annuelle d’électricité de 5 500 à 6 000 euros pour un investissement de 64 817 euros hors taxes, je devrais avoir un retour sur investissement de 12 ans hors subvention » calcule notre éleveur.
 
Il y a solaire… et solaire !
 
Aujourd'hui, les applications du solaire thermique consistent à capter la chaleur offerte par le soleil, afin de la stocker et de la réutiliser pour des besoins de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire.
Le solaire photovoltaïque permet lui de produire de l’électricité par transformation d'une partie du rayonnement grâce à des cellules photovoltaïques : un composant électronique qui, exposé à la lumière, génère une tension électrique. Ceux-ci sont reliés entre eux sur un module. Une installation solaire photovoltaïque comprend plusieurs modules que l’on regroupe pour obtenir la surface désirée.


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