La restauration collective fait de l'œil aux agriculteurs
Congrès national à Lons-le-Saunier
Jura agricole et rural
Publié le: 03 juillet 2008
Page 4
|
Philippe Perret engraisse des vaches montbéliardes qui sont vendues sur pieds au restaurant municipal |
La restauration collective se tourne de plus en plus vers les producteurs, à la recherche de qualité, dans des circuits courts et sans intermédiaires. Ce fut l’un des points abordés lors du forum de l’Association nationale des directeurs de restaurants municipaux à Lons-le-Saunier.
Le 22e Forum national de la restauration collective s’est tenu à Juraparc les 28 et 29 mai derniers sur le thème du développement durable. À cette occasion, la municipalité de Lons-le-Saunier et la chambre d’agriculture du Jura ont signé une charte pour favoriser l’approvisionnement du restaurant municipal avec des produits agricoles locaux. Une manière de répondre à un mouvement récent qui incite la restauration collective à se tourner de plus en plus vers les producteurs qui frappent à sa porte.
Le restaurant de Lons assure les repas de 4 000 enfants par jour, de salariés d’entreprises et de personnes âgées. Dès 2001, la municipalité a encouragé la filière blé biologique pour protéger ses puits de captage. Aujourd’hui, 97% de la restauration collective et des cantines des écoles de la ville s’approvisionnent en pain biologique produit localement ou par la société Biocomtois. Ce qui représente environ 27 tonnes de blé par an. Fort de cette expérience, Didier Thevenet, directeur du restaurant municipal multiplie les contacts. Il s’approvisionne auprès de l’Enil Bio pour les produits laitiers. L’année dernière, sept producteurs se sont engagés à lui fournir des légumes et de la viande issus de l’agriculture biologique. « Une circulaire du 2 mai 2008 stipule que la restauration collective devra utiliser 20% de produits bio d’ici 2012. Si nous ne travaillons pas à l’organisation de filières, nous verrons ces produits arriver par camions entiers des pays voisins », remarque Didier Thevenet. Le prix du bio est-il un frein ? Non, répond le directeur du restaurant. Du transport en moins, ce qui est bon pour l’écologie, et le choix d’une certaine qualité. L’achat de vaches montbéliardes sur pieds, environ une bête par semaine, engraissée selon un cahier des charges précis, répond à cette logique : « Nous ne voulions pas de bêtes qui fassent 5 000 km avant et après l’abattage ».
Soutien financier
« Nous travaillons sur des circuits courts, sans transports, ce qui nous permet d’avoir des prix compétitifs », rappelle Philippe Perret, qui fait partie des éleveurs engagés dans l’aventure. Un engagement moral, sans contrat, mais qui dure. « J’ai envie de trouver des marchés, d’aller jusqu’au bout du produit », reconnaît l’éleveur qui est également vice-président de l’Union de fruitières Biocomtoise.
Jacques Lançon, adjoint au maire de la ville de Lons-le-Saunier, ne cache pas non plus ses convictions : « À travers la restauration collective, nous espérons créer une dynamique locale de consommation auprès des ménages, des commerces locaux, des restaurants... Le coût du transport des produits frais, à 90% composés d’eau, et la mainmise de l’agroalimentaire et de la distribution conduisent à une impasse dont nous devons essayer de sortir », estime l’élu.
Pour Pascal Berion, maître de conférence en aménagement du territoire, l’agriculture franc-comtoise est tout à fait capable de fournir ces marchés courts (en bio et en conventionnel) si elle parvient à organiser des filières avec l’aide des distributeurs et avec l’investissement de moyens financiers de la part des Pouvoirs publics et des collectivités locales. À ce titre, l’obtention d’un programme Leader pour aider l’approvisionnement local du restaurant municipal de Lons-le-Saunier est un vrai encouragement.
« Nous travaillons sur des circuits courts, sans transports, ce qui nous permet d’avoir des prix compétitifs », rappelle Philippe Perret, qui fait partie des éleveurs engagés dans l’aventure. Un engagement moral, sans contrat, mais qui dure. « J’ai envie de trouver des marchés, d’aller jusqu’au bout du produit », reconnaît l’éleveur qui est également vice-président de l’Union de fruitières Biocomtoise.
Jacques Lançon, adjoint au maire de la ville de Lons-le-Saunier, ne cache pas non plus ses convictions : « À travers la restauration collective, nous espérons créer une dynamique locale de consommation auprès des ménages, des commerces locaux, des restaurants... Le coût du transport des produits frais, à 90% composés d’eau, et la mainmise de l’agroalimentaire et de la distribution conduisent à une impasse dont nous devons essayer de sortir », estime l’élu.
Pour Pascal Berion, maître de conférence en aménagement du territoire, l’agriculture franc-comtoise est tout à fait capable de fournir ces marchés courts (en bio et en conventionnel) si elle parvient à organiser des filières avec l’aide des distributeurs et avec l’investissement de moyens financiers de la part des Pouvoirs publics et des collectivités locales. À ce titre, l’obtention d’un programme Leader pour aider l’approvisionnement local du restaurant municipal de Lons-le-Saunier est un vrai encouragement.
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE
Sondage
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?





