Le Jura Agricole et Rural
Premier concours des prairies fleuries
Parc naturel du Haut Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  11 juillet 2008
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Variétés d’espèces et souplesse d’exploitation. Sur ces prairies d’altitude, les intérêts du naturaliste et de l’agriculteur se rejoignent

La première édition du concours des prairies fleuries s’est déroulée les 12 et 13 juin dernier avec la visite d’une vingtaine de prairies de fauche dans le Haut-Jura.

Mise en place par le Parc naturel régional du Haut-Jura en collaboration avec le CIGC, cette initiative s’adresse aux sociétaires des fromageries répertoriées dans l’espace haut jurassien. Elle s’inspire d’une initiative menée en Allemagne dans le Bade-Wurtemberg sur les « prairies riches en espèces » et dans le Parc naturel régional des Bauges.
Ouverte aux agriculteurs volontaires, cette manifestation a pour vocation la découverte et la promotion de « la multifonctionnalité des prairies riches en espèces » par « l’évaluation de leurs fonctions environnementales, paysagères et agronomiques ».
Les résultats obtenus serviront à valoriser les savoir-faire agricoles et à communiquer sur les liens existant entre les pratiques de préservation de la biodiversité et les qualités des produits, comme le comté et les autres fromages AOC.
 
La qualité des prairies est jugée sur une liste de plantes indicatrices de la bonne valeur agro-écologique. La vingtaine de parcelles proposées au concours a été évaluée par un jury pluridisciplinaire composé d’agronomes, zootechniciens, botanistes, apiculteurs, représentants du tourisme... Les résultats de ce premier concours des prairies fleuries ont
été présentés le samedi 28 juin lors du comité syndical du parc et les lauréats seront primés le jeudi 17 juillet dans le cadre de la «Grande coulée» à Champagnole.

Mesure agro-environnementale
La variété floristique d’une prairie dépend pour beaucoup du volume et du type d’engrais épandu. Pour encourager des pratiques extensives, le Parc du haut Jura propose aux agriculteurs de s’engager dans une mesure agro-environnementale, sans contrainte de date de fauche ni de fertilisation mais avec une obligation de résultat : la présence d’au moins quatre espèces de plantes indicatrices du milieu.
 
Valeur alimentaire
La valeur alimentaire des prairies à multi espèces varie selon de multiples critères comme, par exemple :
• la structure de la plante : la fétuque rouge (forte teneur en parois cellulaires) est moins digestible que le ray-grass ;
• la date d’épiaison : les espèces tardives à épiaison ont une meilleure digestibilité ;
• certains composés secondaires comme les tanins (présents dans le sainfoin, le lotier corniculé…) et le polyphénol oxydase (trèfle violet, dactyle…) réduisent la dégradation des protéines dans le rumen qui seront absorbées au niveau de l’intestin. Les espèces à tanin sont non météorisantes ;
• la teneur en matière azotée totale (trèfle blanc) ;
• l’espace entre les coupes :  les coupes rapprochées (25 à 30 jours) améliorent la solubilité et la teneur en matière azotée totale mais produisent moins de biomasse ;
• la saison : en été, la digestibilité baisse mais l’ingestibilité est meilleure. En automne, digestilité et ingestibilité sont au rendez-vous.


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