Le Jura Agricole et Rural
Prix des carburants, incendie, crise de l'élevage ovin…
Franche Comté Animaux
Jura agricole et rural
Publié le:  11 juillet 2008
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La coopérative Franche-Comté Animaux réunissait ses adhérents le 20 juin dernier pour faire le bilan de l’année 2007. La hausse du prix du carburant pénalise le résultat.

Le 20 juin dernier, quelques membres de la coopérative Franche-Comté Animaux étaient réunis à Montferrand-le-Château dans le Doubs, sous la présidence d’Étienne Garret pour l’assemblée générale annuelle. Assemblée endeuillée par le récent décès de l’administrateur Bernard Perrin. C’est Guy Floquet, éleveur à Parcey dans le Jura qui a été élu pour le remplacer. La date avait été choisie pour réunir un maximum d’adhérents, mais la météo particulière de ce printemps l’a rendue peu propice à l’affluence : nombre d’éleveurs ont en effet préférer profité de la fenêtre de beau temps pour réaliser une première coupe déjà trop longtemps différée.

« C’est à la coopérative de s’adapter aux besoins de ses sociétaires et pas le contraire », déclarait le directeur Michel Jacquet, en proposant de trouver une autre date pour les prochaines assemblées générales. « L’année n’a pas été simple, surtout pour les producteurs ovins, pris en tenailles entre les cours de la viande bas et l’augmentation du prix des céréales », reconnaissait pour sa part le président en préambule à la présentation du rapport d’activité. « Mais on finit l’année pas trop mal sur le plan économique. » De fait, la hausse du prix du carburant pèse sur le résultat de la coopérative. « Le secteur du commerce des animaux de boucherie se caractérise par des marges très faibles : beaucoup d’énergie dépensée, un gros chiffre d’affaires, pour finalement un tout petit résultat au bout. Nous sommes dans une région peu moutonnière, ce qui nous handicape sur le plan des coûts de ramassage. Il va falloir étudier toutes les pistes pour faire face à cette crise, notamment la rationalisation du ramassage, pourquoi pas en établissant des points relais où les éleveurs emmèneront leurs animaux », précise Michel Jacquet. La coopérative dispose toutefois d’un atout, celui de réaliser 75% de ses abattages dans les abattoirs de la région, à savoir ceux de Lons-le-Saunier, Champagnole et Besançon.
 
Elevage ovin en crise
L’incendie qui avait ravagé les locaux début 2007 a aussi laissé des traces « d’après les assurances 40% des entreprises qui subissent un incendie déposent le bilan dans les deux ans ! Nous avons été bien indemnisés pour les dégâts matériels et le personnel dispose maintenant de locaux opérationnels et confortables. Notre erreur est de ne pas s’être assurés sur le risque de perte d’activité ! »
L’activité commerciale ovine de la coopérative et de sa filiale la Sarl « les bergers franc-comtois » subit directement la crise structurelle de l’élevage ovin. « Si aucune intervention forte de l’état n’est faite en faveur de l’élevage ovin, la baisse des effectifs va se poursuivre et s’accélérer », s’alarme Michel Jacquet, qui déplore que ni la coopérative ni la Sarl n’aient pu bénéficier des aides mises en place par l’état pour faire face à la fièvre catarrhale.
 
Le nombre d’adhérents en production ovine reste stable à 77, avec trois départs compensés par trois adhésions au cours de l’exercice écoulé. L’activité commerciale était en revanche en baisse en 2007, avec 34 893 ovins commercialisés par la coopérative et sa filiale, soit 1 500 de moins que lors de l’exercice précédent. Pour les agneaux finis, principale catégorie en importance « il reste des marges de progrès si on compare le nombre de brebis des adhérents (17 214) à celui des agneaux finis commercialisés (13 710) », insiste le directeur.
 
Abattoir en difficulté
Côté débouché, la Sica Grillon reste le principal débouché de la coopérative, et absorbe 49% des agneaux finis, un chiffre qui devrait être amené à baisser à l’avenir car France-Agneaux connaît des difficultés économiques. En revanche d’autres intervenants devraient prendre de l’importance, notamment Ovimpex. Quelques mois à peine après son inauguration, l’abattoir de Champagnole connaît d’importantes difficultés, et la coopérative a été sollicitée par les collectivités publiques impliquées dans le projet pour s’impliquer dans sa gestion.
« Nous sommes un candidat à l’écoute, mais nous ne voulons pas compromettre la santé financière de notre entreprise. »
55 élevages ont bénéficié d’un appui technique, assuré par Christelle Peltier. Elle accompagne également les éleveurs engagés dans les démarches qualité : Terre d’Agneau, Agneau de l’Adret et Agneaux de nos contrées.
 
La forte croissance de l’activité équine enregistrée au cours des premières années de cette diversification se tasse (+13% en 2007 contre +37% en 2006). Plus de 4 000 équidés ont été commercialisés et l’encouragement à l’adhésion des éleveurs équins a porté ses fruits, puisqu’ils sont désormais 452. « Maintenant s’ouvre une phase d’analyse et de consolidation, a précisé Michel Jacquet. Nous travaillons à la mise en place d’un projet filière qui consiste à structurer notre approvisionnement en poulains gras destinés à l’abattage et dans le même temps nous essayons de créer un circuit commercial avec l’Italie pour des exportations en carcasses de nos chevaux. » L’embauche d’un commercial bilingue expérimenté devrait se concrétiser prochainement, poste cofinancé par l’office de l’élevage, le Conseil général du Jura et le fond éperon. Autre dossier qui tient à cœur les dirigeants de la coopérative, celui de la commercialisation des poulains en caissettes sous vide, en vente directe par les éleveurs (voir encadré). Enfin, l’exportation de muscles vers la Suisse est à l’étude « les opérateurs nous ont approchés par l’intermédiaire de notre ancien président Jean-Luc Clément. Ils sont sensibles à l’image de l’élevage équin extensif et nous prenons le temps d’élaborer une offre sérieuse.

Viande de poulain : une plus-value de 150 e par animal !

Avec deux ateliers de découpe, la coopérative Franche-Comté Animaux a mis au point une présentation sous vide standard pour le poulain. Outre l’accès au circuit commercial de la grande distribution, ce conditionnement permet aussi aux éleveurs de distribuer de la viande de poulain à leur entourage : famille, amis, voisins… Ce canal permet une plus-value pour l’éleveur de l’ordre de 150 euros par poulain (45 ct d’euro par kg).
 
Charles Boillin, administrateur de la coopérative et vice président de l’association du cheval comtois milite activement pour que les éleveurs équins se saisissent de cette opportunité : « ce circuit permet de tuer des poulains sur la région et de conforter nos élevages et nos structures d’abattage et de découpe agréés. Chaque caissette contient un assortiment de différents morceaux, pour un poids total de 5 à 6 kg. C’est une garantie de fraîcheur. Au-delà de la plus-value pour l’éleveur, c’est un moyen formidable pour promouvoir la consommation de viande de cheval. On s’aperçoit qu’elle est très peu connue, mais quand les gens y ont goûté, ils y reviennent ! Il y a des tas de recettes délicieuses éditées par l’interprofession : bourguignon, tartare… En un an, j’ai écoulé une douzaine de poulains sous cette forme dans mon secteur (Orchamps-Vennes Avoudrey). Il y a un énorme potentiel pour des éleveurs motivés par le contact et la commercialisation du produit. C’est une viande qui en plus d’être bonne possède de grandes qualités diététiques : pauvre en graisse, riche en fer et en vitamines ! Elle bénéficie aussi d’une très bonne image de viande naturelle car les poulains sont nés et élevés en Franche-Comté, au pâturage, dans des conditions très extensive. »


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