Le Jura Agricole et Rural
Vers une lente mise aux normes
Remorque de transport de foin
Jura agricole et rural
Publié le:  11 juillet 2008
Page 8 

Du plateau aménagé, transformé pour les besoins, aux remorques récentes qui répondent à la nouvelle réglementation, ces engins pourtant saisonniers restent bien souvent à usage privé.

Je fais des balles rondes depuis 1981 » explique Gilbert Brun de Civria (Jura). « A cette époque, les remorques adaptées n’étaient pas courantes, j’ai donc dû transformer un ancien plateau de 6 mètres, en aménageant des berceaux pour un transport stable ». Pour cet éleveur installé en zone AOC comté, les déplacements sont relativement réduits, sans grandes routes à traverser, car toutes ses parcelles sont proches. Il avoue que sa remorque ne répond pas encore à toutes les normes imposées par la nouvelle réglementation, qu’il trouve d’ailleurs très contraignante et relativement onéreuse. Côté traction, sa puissance a évolué au fil du temps. « À mes débuts, j’avais 60 et 80 cv, aujourd’hui j’ai 100 et 130 cv, comme beaucoup j’ai évolué au fil du temps, même si je n’ai pas les mêmes contraintes que les céréaliers » rappelle Gilbert Brun.

Il envisage toutefois de s’équiper très prochainement d’un nouveau plateau de 9 m adapté au transport des balles rondes de diamètre 160. Un nouvel équipement qui lui permettra de se déplacer en toute légalité sur les routes et qui offrira un meilleur niveau de sécurité compte tenu du relief contrasté de la petite montagne. « En attendant, lorsque j’ai des déplacements plus importants à effectuer, je m’arrange avec mon voisin qui a fait l’acquisition récemment d’une remorque de 8 mètres » précise-t-il. « Il m’arrive également pour gagner du temps d’atteler les deux ensembles, car j’exploite seul 140 hectares, il me faut être efficace à l’heure H. Comme mon voisin élève des animaux pour la viande, il n’est pas soumis aux contraintes de l’AOC et peut faire de l’enrubannage. »

L’efficacité avant tout
Cette nécessité d’être efficace au bon moment est accrue depuis qu’il a construit son séchoir à balles rondes. « À quoi bon se doter d’un tel équipement, si l’on ne peut rentrer la récolte dans les meilleures conditions. » C’est la raison pour laquelle Gilbert Brun préfère être propriétaire de ses machines. « J’aime savoir mon matériel disponible et en bon état lorsque j’en ai besoin » confie-t-il. En dehors de la saison, le plateau reste à disposition pour rentrer le bois l’hiver et divers autres transports.
Le voisin en question, Max Bourounoff s’est donc équipé d’une remorque de 8 mètres qui répond évidemment à toutes les normes. « Ici, il y a quelques Cuma, mais pour un matériel de ce type, cela ne présente pas grand d’intérêt » affirme-t-il, « car tout le monde en a besoin au même moment. En revanche, c’est intéressant pour d’autres équipements dont l’emploi peut être différé de quelques jours, comme une tonne à lisier par exemple. Nous en avons acheté une, en commun avec des voisins. »

Hors saison des foins, la remorque est stockée dans un hangar. « Dans notre environnement au relief un peu tourmenté, des plateaux d’une telle dimension sont difficiles à manœuvrer et ne peuvent servir à grand-chose » rajoute-t-il. Pour lui, la nouvelle réglementation de circulation des engins agricoles n’a pas vraiment changé les choses, il reconnaît avoir toujours autant de problèmes de cohabitation sur les routes avec les autres usagers.


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