Gérer les parcelles sales à la récolte
Infestations de mauvaises herbes
Jura agricole et rural
Publié le: 17 juillet 2008
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Caractérisée par un automne sec et un printemps pluvieux, la campagne 2008 est marquée par des infestations de mauvaises herbes importantes dans bon nombre de parcelles. Il convient de prendre dès à présent des mesures afin de repartir du bon pied à l’automne prochain. ARVALIS – Institut du végétal résume les principaux leviers sur lesquels il est possible d’agir.
Il est souhaitable de récolter en dernier les parcelles sales, en veillant ensuite dans le cadre d’un chantier organisé à nettoyer très méticuleusement la moissonneuse. Le nettoyage de la moissonneuse doit se dérouler selon la procédure suivante :
1 - Placer la machine sur un chemin ou devant une zone non cultivée. S’il y a du vent, s’orienter de manière à ce que l’arrière de la machine soit coupé du vent pour éviter la dissémination des graines ;
2 - Nettoyer le fond de coupe par exemple en repassant de la paille ou avec une balayette si la paille est broyée trop finement ;
3 - Ouvrir toutes les trappes des pieds d’élévateur ;
4 - Ouvrir le bac à pierres ;
5 - Ouvrir les grilles ;
6 - Ouvrir si possible la trappe du pied de vis de vidange ;
7 - Pousser le ventilateur et le batteur à leur régime maximum tout en montant et descendant plusieurs fois la table de coupe et tout en faisant tourner la vis de vidange. Répéter la manœuvre deux fois (ou plus) pendant 30 secondes avec une brève interruption entre chaque opération plutôt qu’une seule fois sur un grand laps de temps.
Durée approximative de ce nettoyage : 10 min.
1 - Placer la machine sur un chemin ou devant une zone non cultivée. S’il y a du vent, s’orienter de manière à ce que l’arrière de la machine soit coupé du vent pour éviter la dissémination des graines ;
2 - Nettoyer le fond de coupe par exemple en repassant de la paille ou avec une balayette si la paille est broyée trop finement ;
3 - Ouvrir toutes les trappes des pieds d’élévateur ;
4 - Ouvrir le bac à pierres ;
5 - Ouvrir les grilles ;
6 - Ouvrir si possible la trappe du pied de vis de vidange ;
7 - Pousser le ventilateur et le batteur à leur régime maximum tout en montant et descendant plusieurs fois la table de coupe et tout en faisant tourner la vis de vidange. Répéter la manœuvre deux fois (ou plus) pendant 30 secondes avec une brève interruption entre chaque opération plutôt qu’une seule fois sur un grand laps de temps.
Durée approximative de ce nettoyage : 10 min.
Le nettoyage de la moissonneuse-batteuse sera d’autant plus efficace que l’infestation concerne des graminées dont les graines ne sont pas tombées au sol avant la récolte. C’est le plus souvent le cas des graines de ray-grass, folle avoine et certains bromes tel que le brome faux seigle. A l’inverse, les graines de vulpins ou de bromes stériles ont tendance à tomber au sol avant la moisson. A nuancer toutefois en fonction de l’infestation, puisque dans des situations à forte infestation ou de levées échelonnées, on peut observer par exemple des vulpins non égrainés au moment de la récolte.
A l’interculture : Réaliser des faux semis
Il ne suffit pas de déchaumer pour faire un faux semis. Faire lever des adventices en interculture nécessite de créer des conditions favorables à leur germination : terre fine pour un bon contact sol-graine, profondeur de placement des graines pas trop importante, humidité du sol… Cela est d’autant plus vrai que nombre d’adventices ont des graines de petite taille qui nécessitent de nombreuses précautions pour les faire lever, un peu comme des semis de prairie ou de gazon de ray-grass…
Dans un essai réalisé à Boigneville (91) au cours de l’été 2007 en interculture blé-blé, la levée de deux adventices et de repousses de blé est fortement conditionnée par le type d’outil de déchaumage utilisé. Les parcelles non déchaumées sont celles où il y a le moins de levées. Des parcelles déchaumées à une profondeur moyenne et peu rappuyées (Smaragd sur la figure) ne font guère mieux ! Seul un déchaumage très superficiel (2 cm) et créant beaucoup de terre fine avec le Horsch Sème Exact permet de bonnes levées d’adventices, malgré l’absence de rouleau. Un déchaumage à 4 cm et bien rappuyé avec un rouleau caoutchouc Farmflex donne des résultats intermédiaires, notamment sur repousses de céréales dont les graines sont plus grosses que celles de ray-grass ou véronique.
L’humidité du sol conditionne aussi les levées d’adventices. On peut citer quelques pistes pour en bénéficier au mieux :
- Déchaumer superficiellement dès la moisson pour bénéficier de l’humidité résiduelle à cette époque.
- Ne pas déchaumer trop profondément, ce qui aurait pour effet de dessécher le sol sur une profondeur importante et donc de rendre impossible toute levée.
- Ne pas sous-estimer l’intérêt des faux semis de fin d’été ou début d’automne. Les conditions d’humidité du sol redeviennent favorables à cette époque pour permettre l’émergence d’adventices. Certaines adventices sont également sorties de leur période de dormance à cette époque. Ce type de date d’intervention impose cependant de semer un peu plus tardivement la céréale d’hiver ou de faire un sol nu sans couvert avant une culture de printemps.
La dormance
La dormance est un autre paramètre à prendre en compte dans l’aptitude à faire lever les adventices. Toutes les adventices n’ont pas le même niveau de dormance et il va de soit qu’un faux semis réalisé à une époque où la graine est dormante sera peu efficace. Ainsi, il a été démontré que le vulpin pouvait avoir une dormance variable en fonction des conditions climatiques durant l’épiaison de celui-ci et la maturation des graines (Swain et al., 2006).
Ainsi, des conditions fraîches durant cette période induisent une dormance longue, alors que des conditions sèches induisent une dormance courte. Les conséquences sont des levées plus longues, étalées durant l’automne pour des graines de vulpin ayant subi une maturation en conditions fraîches alors que les levées seront groupées et plus précoces pour des graines produites en conditions sèches. Concrètement, les graines de vulpin produites durant cette campagne auront certainement une dormance plus longue que d’habitude rendant presque inopérants les faux semis d’août et septembre, dans le cadre d’une implantation sans labour. Le tableau 2 liste les potentialités de réussite du faux semis en interculture.
Techniques de travail du sol et semis
Les faux semis doivent s’intégrer dans une stratégie plus globale de travail du sol. Dans des parcelles très infestées en graminées, le labour est souhaitable pour faciliter la gestion des adventices. Idéalement, après une forte production de semences de graminées adventices, il est conseillé de labourer pour implanter la culture suivante, puis de ne plus labourer pendant 2-3 ans, afin de laisser le stock semencier s’épuiser en profondeur.
En non-labour, les conditions de semis semblent aussi avoir leur importance sur les levées d’adventices. Dans un essai réalisé sur blé en présence de ray-grass, deux techniques de semis ont été comparées : une avec perturbation minimale du sol au semis (semoir « semis direct » à disques Semeato TDNG) et une autre avec perturbation forte du sol et créant de la terre fine (semoir sur outil animé Horsch Sème Exact). La présence de ray-grass était trois fois plus forte derrière le semoir sur outil animé que derrière le semoir « semis direct ». Ces résultats sont parfaitement cohérents avec les résultats présentés précédemment concernant les faux semis en interculture.
Deux stratégies possibles
En conclusion, on peut distinguer deux types de stratégies en situation sans labour :
- Le semoir utilisé pour semer la culture crée de la terre fine, ce qui est le cas de la majorité d’entre eux (semoir sur outil animé type herse rotative, semoir rapide avec module de préparation à disques, semoir à dents, semoir sur déchaumeur…).
Afin de limiter les levées d’adventices dans la culture, il est impératif de « stimuler » au maximum les levées d’adventices en interculture. L’efficacité des faux semis dépendra de la qualité du lit de semences créé, de l’humidité (pluies) et de la dormance des adventices. Dans le pire des cas (adventices encore dormantes), le faux semis permettra de faire lever les repousses de blé ou colza. Dans les cas où le faux semis n’aura pas été couronné de succès (dormance, été sec), il peut être judicieux, si le labour n’est pas possible, de décaler la date de semis (semis tardif de céréale d’hiver ou culture de printemps). Dans ce cas, cela permet de réduire la pression adventices par l’effet « date de semis » et laisse la possibilité de réaliser un faux semis fin septembre.
- Le semoir utilisé pour semer la culture crée peu de terre fine (semoir dit « semis direct » à disques).
Afin de valoriser au maximum l’aptitude du semoir à ne pas trop stimuler les levées d’adventices, il est conseillé de ne pas travailler le sol dans les 3-4 semaines qui précédent le semis. Il est même envisageable de ne pas déchaumer avec ce type de semoir.
En effet, certaines observations sur des essais ou exploitations montrent que le non-travail du sol combiné à un semis bouleversant peu le sol peuvent permettre de limiter la pression en graminées adventices par rapport à du non-labour plus classique. Le vrai semis direct peut en effet limiter les levées d’adventices car la paille est maintenue en surface (effet ombrage) et les semoirs bouleversent moins un sol non travaillé qu’un sol déchaumé.
Cela peut être payant, notamment en situation où les faux semis sont peu efficaces (adventices levant mal en interculture pour des raisons de période préférentielle de levée ou de sécheresse). La règle à respecter, quel que soit le type d’implantation, est un semis sur un sol exempt de toutes adventices levées.
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