Le lait de chèvre mise sur l'avenir
Congrès des éleveurs de chèvres
Jura agricole et rural
Publié le: 17 juillet 2008
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Pour les éleveurs caprins de France, il faut impérativement développer la production laitière. La transformation attend cela pour répondre à la consommation |
La demande nationale en lait de chèvre est importante mais la collecte stagne. Un quart des volumes utilisés sont désormais importés. Un seuil qui effraie autant les producteurs que les transformateurs. Ceux-ci ont accepté une augmentation des prix, immédiatement absorbés par celle des coûts de production. Un effort supplémentaire est nécessaire pour assurer la collecte dans les dix ans qui viennent.
La filière caprine veut rester optimiste, nombre de ses clignotants restent au vert, mais des nuages s’amoncellent et les responsables nationaux n’ont pas manqué de les soulever lors du congrès de la Fédération nationale des éleveurs caprins (Fnec) à Villemoirieu, en Isère.
600 000 litres de moins
600 000 litres de moins
2007 a surpris beaucoup d’observateurs. La collecte sur les cinq premiers mois de l’année affichait une hausse soutenue de 3 %. Mais à partir de l’été, la production a chuté pour n’atteindre en fin d’année que 441 millions de litres collectés soit 600 000 litres de moins par rapport à 2006. Les causes sont nombreuses souligne-t-on à la Fnec : médiocre qualité des fourrages, hausse du coût des aliments, flambée des céréales. Ce dernier élément est à l’origine du retrait de certains producteurs mixtes, notamment en Poitou-Charentes, qui ont préféré se consacrer davantage aux productions dont le prix est en forte évolution, qu’à celle du lait de chèvre. Car le bât blesse. Sous la pression de la Fnec et des données en sa possession, la plupart des transformateurs ont donné un coup de pouce variable (entre 40 et 70 euros/1 000 litres) au prix d’achat du lait. Mais selon le calcul de la fédération caprine, à 70 euros, l’augmentation ne couvre que celle des aliments. Les revenus des producteurs n’évoluent toujours pas. Or, la filière a un réel besoin de renouvellement, à la fois pour remplacer les départs (en retraite ou arrêt d’activité) mais également pour répondre aux besoins de litrages.
Cap dangereux
« Nous avons atteint le seuil de 25% d’importations, s’inquiète Jacky Salingardes, président de la Fnec, c’est un cap dangereux car il ne faudrait pas qu’un jour ce soient elles qui nous dictent le prix de notre lait ». Les entreprises ont bien compris ce risque et ont donc répondu, mais insuffisamment. Le responsable national regrette également que le prix de base ait tendance à s’uniformiser sur l’ensemble du territoire.
« Les coûts de production sont différents selon les régions parce que les situations sont différentes, il est normal que les prix de base ne soient pas les mêmes ». Dans ce contexte tendu, les éleveurs caprins lorgnent vers les aides de la Pac. Jacky Salingardes estime qu’il « devrait y avoir une égalité de traitement des productions de ruminants par rapport aux aides Pac. Les éleveurs caprins devraient avoir accès à des DPU revus et revalorisés, car ces derniers n’appartiennent pas à une seule filière ». Il souhaite donc « un rééquilibrage ».
Nécessaire technique
Si le prix du lait est un élément important sur les exploitations, celui d’un suivi technique est souhaité par les éleveurs et confirmé dans sa nécessité par une étude sur les revenus réalisée par l’Institut de l’élevage. « L’augmentation des revenus passe par l’amélioration de l’accompagnement technique des éleveurs, soutient Jacky Salingardes, il permet de réduire les écarts technico-économiques ».
Le président de la Fnec se fait plus véhément sur les contraintes réglementaires. « Une application parfois tatillonne et mal comprise des réglementations hygiène entraîne un surcroît de contraintes pas toujours utiles. Elles pèsent particulièrement sur la production fermière » dont c’est une des plus grandes fragilités. Pourtant « son image très positive auprès des consommateurs bénéficie à toutes les productions caprines ». Auparavant, Frédéric Blanchard, président du syndicat caprin isérois et vice-président de la structure nationale, avait expliqué « les comportements aberrants de certaines directions des services vétérinaires ».
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