Prairies temporaires : conseils pour l'implantation
Jura agricole et rural
Publié le: 23 juillet 2008
Page 6
La mise en place d’une prairie temporaire constitue un investissement pour plusieurs années, dont dépendra parfois la solidité du stock fourrager. Préparation du sol et bon réglage du semoir sont deux facteurs essentiels pour réussir.
La fin de l'été est propice à l'implantation d'une prairie temporaire. Sur le plan de la productivité, l’herbe implantée à l’automne pourra être exploitée dès le printemps suivant. Pour la qualité de l’implantation, le salissement de la prairie par une flore adventice est plus limité qu’au printemps. « Il ne faut pas hésiter à désherber à l'automne, sans crainte d'abîmer les trèfles ! », assure Jean-Claude David, d'Interval. Sur le plan environnemental enfin, le sol est couvert pendant l’hiver ce qui limite les pertes de nitrates et l’érosion.
En revanche, la météorologie peut constituer un obstacle : les sols parfois secs sont difficiles à travailler, un manque d’eau à l’installation peut compromettre la régularité de la levée du semis. De plus, il faut tenir compte du risque de gelées automnales précoces sur des plantes encore jeunes, donc fragiles, et en particulier les légumineuses et les dactyles. L’idéal étant que les graminées puissent atteindre le stade 4-5 feuilles, et les légumineuses celui de 2-3 feuilles trifoliées, avant l’hiver.
Travail du sol
Le maïs ensilage ou la céréale à paille constituent de bons “précédents” à une prairie temporaire installée à l’automne. La réussite d’une prairie repose en grande partie sur la qualité de la préparation du sol, qui conditionne la germination et l’enracinement. Plus cette préparation sera soignée, et plus on s’affranchit des aléas climatiques. Ainsi un semis sans préparation du sol constitue un pari sur l’humidité du sol et de l’air pour le mois à venir. C’est également un pari risqué sur de faibles populations de limaces. Le labour constitue alors une sécurité appréciable dans les situations de déficit fourrager, ou dans le cas d’un coût de semences élevé.
C’est également une précaution vis-à-vis de certaines mauvaises herbes (en particulier les stolonifères). L’implantation suivra donc de préférence un labour et une préparation classique, constituée par deux passages de vibro ou d’outils animés selon le type de sol. Le but étant d’obtenir un lit de semence suffisamment fin en surface et tassé.
Un passage de cultipacker avant le semis permettra de mieux positionner la graine. En situation sèche, un passage supplémentaire post-semis permettra une remontée d’humidité bénéfique à la germination. Un déchaumage à la herse, accompagné de faux-semis, constitue une alternative intermédiaire, puisqu’il permet de ne travailler que les premiers centimètres du sol.
Différents travaux montrent qu’on obtient les meilleurs résultats d’implantation par des semis réguliers et superficiels (1-2 cm) effectués au semoir à céréales de préférence. Ces précautions permettent de valoriser au mieux des semences coûteuses. Car en aucun cas une majoration de la densité de semis ne pourra compenser un travail du sol insuffisant (avec des mottes en surface) ni un mauvais positionnement de la graine (la profondeur ne doit pas excéder quatre fois la taille de la graine).
Respect des densités préconisées
La dimension et le poids de 1 000 graines varient considérablement d’une espèce à une autre, ce qui complique les mélanges dans les semoirs. Dans le cas de mélange de graines de taille et de poids très hétéroclites, il faudra remuer régulièrement le mélange et surtout éviter de remplir la caisse en une seule fois, et préférer alimenter le semoir avec des quantités réduites plus souvent. Les vibrations au cours du semis ont tendance à trier les graines par différence de densité.
D’autres préféreront réaliser le semis en deux passages : d’abord la graminée puis la légumineuse (en croisant ou à la volée, suivi d’un passage de cultipacker). Enfin, dernier point crucial, le réglage du semoir : vérifiez les disques ou sabots, la distribution, contrôlez les “releveurs” de roues du tracteur et réglez les traceurs.
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE
Sondage
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?





